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La transmission des valeurs : une nécessité et une responsabilité

7/9/2008

 


La transmission des valeurs : une nécessité et une responsabilité

Ludivine Barry


Le XXIe siècle arrive avec ses nouveautés, ses promesses d’un monde meilleur où l’espérance de vie a gagné du terrain. Mais qu’en est-il des valeurs et de la culture du passé ? Doit-on en faire table rase ou au contraire continuer à les transmettre ? Des questions auxquelles tentent de répondre deux philosophes de notre temps : George Steiner (1) et André Comte-Sponville (2).

Encore au début du XXe siècle, les valeurs de notre société s’adossaient à la morale religieuse présente dans les esprits. Le Bien était en lien avec cette morale chrétienne généralement adoptée. Dans la morale transcendante, le Bien est ce qui commande, le mal est ce qui est interdit. Avec la chute des valeurs morales, le statut des valeurs a changé : l’idée du Bien est devenue «ce qui me fait du bien» et le mal, «ce qui me fait du mal». Tout se rapporte désormais à l’individu et à son bien-être. De nombreux exemples édifiants tirés des comportements actuels illustrent ces propos. Actuellement, on pense que chacun est libre dans la mesure où il ne fait de mal à personne. Ainsi, aucune pratique n’est  répréhensible si elle ne fait de mal à personne. Au nom de quoi interdire alors ? Comment distinguer le bien du mal ? Aurions-nous besoin de nouvelles valeurs pour le XXIe siècle ?

 Des valeurs atemporelles

 Pour ces deux philosophes, il ne s’agit pas d’inventer de nouvelles valeurs mais de reprendre celles qui ont traversé les temps et qui guident l’humanité depuis toujours. C’est ainsi que nous savons qu’il est bon de transmettre la générosité plutôt que l’égoïsme, la justice plutôt que l’injustice, le courage plutôt que la lâcheté, la douceur plutôt que la brutalité.

Selon André Comte-Sponville, les valeurs qui nous guident actuellement sont l’héritage d’une période très fertile pour l’humanité au VIe siècle avant J.-C., dans laquelle sont apparus simultanément de grands penseurs et philosophes : Lao-Tseu et Confucius, en Chine, Bouddha en Inde, Zoroastre en Perse, Anaximandre, Héraclite, Parménide en Grèce... Tous ces philosophes ont vécu à la même époque, et ont professé un enseignement moral, essentiellement convergent, lui-même issu de traditions beaucoup plus anciennes. Ce sont ces valeurs qui ont guidé le développement de l’Occident jusqu’à nos jours et ont forgé sa culture.

 Une panne de la transmission

 Mais, répond George Steiner, cette culture philosophique, littéraire, musicale n’a pas réussi à enrayer la barbarie. «Humaniser l’homme par la culture, c’était la grande promesse des Lumières !» a-t-il exprimé au journal l’Express en 2000 (3). «Le XXe siècle est le siècle le plus meurtrier de l’Histoire humaine […], ce siècle a fait baisser le seuil de ce qui était humain dans l’humanité. Nous savons maintenant de quoi l’homme est capable ! […] la culture ne rend pas plus humain. Elle peut même rendre insensible à la misère de l’homme».

 Progrès moral ou progrès technique ?

 Le progrès de la civilisation ferait-il baisser le taux d’humanité ? Oui sans aucun doute, si on se réfère à la dimension technique et mécanique du monde moderne, où l’argent et la machine ont supplanté l’homme au centre des préoccupations actuelles. Devant une telle menace, dit George Steiner, «il nous faut reprendre les assises fondamentales de la tradition occidentale, reconstruire notre système de valeurs ». Et ceci, avec beaucoup d’humilité. Face aux dérapages violents dont l’histoire est le témoin, demandons-nous toujours : «Et moi, qu’aurais-je fait ?». Pour André Comte-Sponville, il n’y a pas de progrès véritable sans la conservation et la transmission de ce que le passé a produit de meilleur. C’est en dialoguant avec deux philosophes, Montaigne et Spinoza, ou en lisant les dialogues socratiques ou les Évangiles, qu’il trouve une source féconde d’inspiration.

 Les valeurs du passé, langage universel

 Hannah Arendt précise avec justesse que pour éduquer un enfant, il faut lui transmettre les valeurs du passé, pour qu’il invente l’avenir. Ainsi l’amour et la justice ne sont pas des attributs du conservatisme étroit, mais sont l’apanage d’une véritable éducation traditionnelle. André Comte-Sponville, cite un dicton africain qui dit : «Quand on ne sait où l’on va, il faut se souvenir d’où l’on vient». C’est sans doute plus vrai aujourd’hui qu’à d’autres époques car l’avenir est incertain et imprévisible. Et il ajoute : «mais la seule façon de savoir où on veut aller, c’est de se souvenir d’où l’on vient».

 Les valeurs métaphysiques

 George Steiner rappelle aux jeunes gens qu’ils doivent se souvenir qu’ils sont porteurs d’infini et que, jamais, ils ne doivent se laisser enfermer dans des visions réductrices d’eux-mêmes.

«Je sais que l’immortalité a visité l’homme» dit le philosophe qui nous rappelle que les valeurs ne sont pas simplement morales mais sont le véhicule d’une ouverture spirituelle. «Penser veut aussi dire rêver» ajoute-t-il. C’est pourquoi il recommande que très tôt l’enfant soit sensibilisé à la question de l’infini et du mystère. Ainsi, la musique, les mathématiques, l’architecture sont des langages universels qu’il est capital d’enseigner et de faire aimer. «Les hautes mathématiques sont l’autre musique de la pensée» déclare-t-il. De plus, tout homme devrait avoir une certaine connaissance de base pour appréhender toutes les nouvelles sciences. Pour cela, il faut étudier.

 Des valeurs à vivre

 Dans notre société si ouverte sur l’information et le savoir, nous avons accès à cette culture, à ce passé, à ces philosophes. Les valeurs sont là, à notre disposition. Mais nous manquons de courage pour les vivre. La société est devenue paresseuse, passive, avec une absence totale de discipline. Il y a une sous-estimation terrible de notre potentiel. La transmission des valeurs a disparu. Or, celle-ci est la clé du succès. La famille y joue un rôle prépondérant, car c’est elle qui donne les valeurs. Même pauvres, dans certains bidonvilles du monde, des enfants apprennent la dignité. Or, actuellement en Occident, les familles démissionnent, ne transmettant plus les valeurs. Ceci entraîne la perte de tout un potentiel.

 C’est pourquoi ces deux philosophes appellent à une réhabilitation de la philosophie, comme porteuse de valeurs atemporelles. Elle permet d’offrir des repères, des champs de réflexion sur nous-mêmes et notre culture moderne, indispensables pour sortir d’une forme de vide moral et métaphysique qui s’est emparé de nos sociétés modernes. La philosophie nous amène à la prise de responsabilité face à la vie. Car il est de notre devoir de transmettre à nos enfants non seulement les valeurs de tous les temps mais aussi le nécessaire courage pour les incarner et les vivre.

 
(1) Philosophe, journaliste à l’Economist, critique littéraire au New Yorker, professeur de littérature anglaise et comparative à l’Université d’Oxford, auteur d’une vingtaine de livres. A donné une conférence à la Cité de la Réussite en octobre 2006 sur le thème «la responsabilité de la transmission».

(2) Philosophe et enseignant, auteur de nombreux ouvrages philosophiques. A donné une conférence le mercredi 22 novembre 2006 au Temple Protestant de l’Étoile, Paris XVIIe, sur le thème «quelles valeurs transmettre ?»

(3) Interview de George Steiner dans l’hebdomadaire L’express du 28/12/2000

Source : http://www.nouvelleacropole.org/articles/article.asp?id=148
 

 

Catégorie : PHILOSOPHIE

Le degré d'égalité et de responsabilité entre les époux en islam

7/9/2008

 


Le degré d'égalité et de responsabilité entre les époux en islam


Traduit de l'arabe par Azzedine GACI
Président du CRCM Rhône Alpes

Question :

Pourriez vous nous expliquer les inégalités de droits entre l'homme et la femme dans le coran?
L'Islam traite-t-il les époux de façon égale ?
Dans l'islam, le rapport entre les hommes et les femmes est défini par la «qawâma » (1), c’est à dire la responsabilité de l'homme, quels sont le sens et la limite de cette qawâma ?
Dans les rapports homme femmes en islam, il est souvent question de « Al'ourf » (2) c'est-à-dire l'usage ou les us et les coutumes. De quoi s'agit- il véritablement ? Des coutumes des Maghrébins, des Africains, des Saoudiens...?
Par ailleurs, nous sommes des résidents ou des citoyens Français. Quelles coutumes doit - on suivre ?

Réponse :

L´Islam a établi l´Égalité entre l´Homme et la Femme dans la vie conjugale.
Le Coran donne à chacun des deux conjoints le nom de zawj, c’est-à-dire de «couple». Ainsi, l'homme marié, même si pris individuellement il reste « un », est appelé « couple », nom que l'on donne également à sa femme, car nous considérons que chacun des deux conjoints porte les préoccupations et les aspirations de l’autre.
Dieu a dit :

« Et parmi Ses Signes, Il a créé pour vous, tirées de vous, des épouses afin que vous trouviez la tranquillité auprès d'elles, et il a établi l'amour et la bonté entre vous. Il y a vraiment là des signes pour ceux qui réfléchissent. » Coran 30/21

« Dieu vous a donné des épouses issues de votre propre nature. Et de vos épouses Il vous donne des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a accordés des choses excellentes. Vont-ils donc croire ce qui est faux et méconnaître les bienfaits de Dieu ? » Coran 16/72

Dans ces deux versets, le message est adressé aussi bien aux hommes qu´aux femmes, étant donné que rien ne nous permet de dire qu’il concerne exclusivement les hommes...
De plus, en ce qui concerne le verset dans lequel Dieu s´adresse exclusivement aux hommes, il est suivi aussitôt par ce qui s´apparente à une égalité des deux sexes dans la vie conjugale.

« Il vous est permis, la nuit qui suit une journée de jeûne, d’avoir des rapports avec vos épouses. Elles sont un vêtement pour vous autant que vous l´êtes pour elles. » Coran 2/187

Dans ce verset, la femme et l'homme sont réciproquement symbolisés par un « vêtement », « vêtement » qui évoque la proximité, l´attachement, la protection, la chaleur...
Cependant, ce qu'il faut bien voir, c'est que cette égalité n'altère en rien les spécificités de l´homme vis à vis de la femme, comme par exemple en ce qui concerne la direction (qawâma) de la famille.

Dieu dit :

« Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et à cause des dépenses qu´ils font pour assurer leur entretien. » Coran 4/34

On voit clairement apparaître dans ce verset la générosité de l´élocution du Coran.

Il ne dit pas : « parce que Dieu a favorisé les hommes par rapport aux femmes », mais il dit : « en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles. » Cela signifie que l´homme est avantagé sur certains points et la femme est elle-même avantagée sur d´autres. Par exemple, dans la tradition islamique, c'est à l´homme de donner la dot, fonder et pourvoir aux besoins du foyer.

De plus, le Coran montre que les deux conjoints ont les mêmes droits et les mêmes devoirs à quelques exceptions près, comme le dit la parole de Dieu :

« Les épouses ont autant de droits que de devoirs et conformément à l'usage, bien qu´une légère préséance reste acquise aux maris. Dieu est Puissant et Sage. » Coran 2/228

Il a été rapporté qu´Ibn `Abbâs, se référant à ce verset, a dit : « Je me fais beau pour ma femme comme elle se fait belle pour moi. » (3) En commentant la signification du mot daraja (préséance), l´imam Tabarî dit : « Il s´agit de plus de responsabilités pour l´homme. » D´autres commentateurs voient en ce mot le sens de la qawama, c´est-à-dire l´autorité ou la direction de la famille, et les deux interprétations sont valides.

En ce qui concerne le Prophète (Psl), il porte la responsabilité sur les deux conjoints :

« N´est-ce pas que vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge ? Le prince est responsable de ses administrés ; l´homme est responsable dans son foyer et a la charge de ceux qui y habitent ; la femme est responsable de son foyer et de ses enfants ; le serviteur a la charge des biens de son maître et en est responsable. Vous êtes donc tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge. » (4)

Dans le monde musulman, la femme a dans le foyer une responsabilité qui lui confère un rôle d´instruction et d´orientation. Son rôle consiste notamment à conseiller son mari, aimer ce qui est bien pour lui, lui commander de faire le bien s´il fait preuve de négligence, et l´empêcher de faire du mal quand il s´en approche, ce qui est d'ailleurs aussi le devoir du musulman envers le musulman, de l´enfant avec son père, de l´étudiant avec son professeur et du citoyen avec le gouvernant, dans la limite des règles précises citées par les savants.
Dieu dit :

« Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils ordonnent ce qui est juste, et interdisent ce qui est blâmable. » Coran 9/71

Cette relation conjugale ne doit donc jamais faire oublier l´obligation mutuelle de commander le bien et de proscrire le mal. Au contraire, elle doit même la confirmer et la renforcer.
Nous avons ainsi l´exemple des femmes des pieux prédécesseurs (as-salaf). Quand leurs maris sortaient de la maison pour aller travailler ou faire du commerce, elles leurs disaient : « Ô père d´un tel ! Attention à l´argent illicite (harâm), nous pouvons patienter contre la faim mais nous ne pouvons patienter face à la chaleur du Feu et la colère de Dieu. »
Et quand ces mêmes femmes constataient chez leurs maris des manquements dans l´accomplissement des prières obligatoires, c´est armées de douceur et de tendresse qu´elles leur demandaient de respecter ces prières.
Ainsi, si l´épouse voit son mari consommer de l'alcool, il est de son devoir de le détourner de ce mal, en lui conseillant pour préserver sa religion, sa vie, son argent et ses enfants, de fuire ce vice.
Si elle le voit négliger l´éducation morale et l'entretien matériel de ses enfants, elle doit s´efforcer de le remettre face à ses responsabilités et ses obligations.

Et si on nous demande : « Le mari a-t-il une autorité sur sa femme et quelles sont les limites de cette autorité ? »

Nous répondons : « S'il est vrai que le mari a l´autorité de la qawâma, cette autorité n´est jamais absolue. C´est une autorité définie et réglementée par les prescriptions divines et les exigences des us et coutumes conformes au bon usage» (al-`urf : l´usage).
En ce qui concerne la famille, les prescriptions sont définies par deux éléments de restriction.
Le premier est d´ordre spirituel, c´est ce que le Coran appelle les « limites de Dieu ». Cette expression a été souvent utilisée en Islam pour la famille.
Le deuxième est humain, c´est ce que le Coran appelle le « réputé convenable » (al-ma`rûf) et que «toute personne sensée reconnaît. »
Pour le premier élément de restriction d'ordre « spirituel », en ce qui concerne le divorce, Dieu nous dit :
« Telles sont les limites établies par Dieu. Ne les transgressez pas, car c´est faire preuve d´injustice que de les transgresser. » Coran 2/229

« Telles sont les lois que Dieu décrète à l´usage des gens doués d´entendement. » Coran 2/230

« Telles sont les normes fixées par Dieu. Quiconque les enfreint se fait tort à lui-même. » Coran 65/1

Pour le deuxième élément de restriction d'ordre « humain », nous lisons les paroles de Dieu :

« Entretenez de bons rapports avec vos femmes. » Coran 4/19

« Le père de l´enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l´habillement de la mère d’une manière convenable. » Coran 2/233

« Lorsque la femme répudiée arrive au terme de sa retraite légale, le mari devra soit la reprendre d´une manière convenable, ou bien la laisser aller décemment. » Coran 2/231

« Les femmes répudiées ont droit à une pension convenable. » Coran 2/241

Ainsi, à la base, les décisions qui concernent la famille doivent être prises d´un commun accord et dans la concertation entre les deux époux, car la concertation n´engendre que du bien. C´est une règle de base dont on en a par exemple l'illustration dans le versets qui suit :

« Si d'un commun accord, les parents décident de sevrer leur enfant, aucune faute ne leur sera reprochée. » Coran 2/233

En cas de désaccord total, c´est le mari qui a autorité mais seulement dans le cadre du « réputé convenable » (al-ma`rûf) comme l´affirme Dieu à Son Prophète (Psl) dans le verset révélé à l´occasion du « serment d´allégeance des femmes » :

« ... qu'elles ne désobéiront pas en ce qui est réputé convenable. » Coran 60/12

Car, ne l'oublions pas, le Prophète (Psl) a dit : « L´obéissance fait partie aussi de ce qui est réputé convenable (al-ma`rûf). » (5)

Notes :

1. « Les hommes ont autorité (qawâma) sur les femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et à cause des dépenses qu´ils font pour assurer leur entretien. » (Coran 4/34)

2. Il s'agit de tout ce qui est reconnu par les hommes : une habitude orale, un comportement... bref tout ce qui relève de la coutume. Al 'ourf représente donc les coutumes des gens, toutes catégories confondues, à la différence de l'ijmaa qui est le consensus des spécialistes. Il existe deux types d'usage :
- Le bon usage : il comprend toutes les habitudes compatibles avec les prescriptions divines, c'est-à-dire qui n'interdisent pas une obligation et n'autorisent pas un acte illicite.
- le mauvais usage : il comprend toutes les habitudes incompatibles avec les prescriptions divines.
Les lois tirées de l'usage évoluent avec lui et varient selon les époques et les lieux. Décrivant les différences d'opinions juridiques résultant de cette évolution les juristes disent : "ce sont des différences d'époques et de lieux et non des différence de preuve et d'arguments". En réalité l'usage ne constitue pas une loi à part entière mais est souvent lié à l'intérêt général.

3. C´est le sens de l´histoire rapportée par Ibn `Abbâs, Ibn Jarîr (2/453) dans son exégèse et Abû Hâtim (n°2196), d´après les propos d´Ibn `Abbâs avec une bonne chaîne de transmission.

4. Rapporté par al-Bukhârî (n°853 et dans d´autres endroits) et Muslim (n°1829).

5. Rapporté par al-Bukhârî (n°4085, 6726, 6830) et Muslim (n°1840), d´après les propos de `Alî ibn Abî Tâlib.


En ce qui concerne le Prophète (Psl), il porte la responsabilité sur les deux conjoints :

« N´est-ce pas que vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge ? Le prince est responsable de ses administrés ; l´homme est responsable dans son foyer et a la charge de ceux qui y habitent ; la femme est responsable de son foyer et de ses enfants ; le serviteur a la charge des biens de son maître et en est responsable. Vous êtes donc tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge. » (4)


La Femme

La femme fut crée d'une côte de l'homme.

Pas de sa tête pour être au-dessus de lui,

Ni de ses pieds pour être piétinée,

Mais d'une de ses côtes pour être son égal,

Sous son bras pour être protégée

Et près de son cœur pour être aimée.

 

Catégorie : > MARIAGE / LE COUPLE - 2

Sexualité voilée

5/9/2008

 


Sexualité voilée

par Naomi Wolf*

Une femme couverte de noir de la tête aux pieds, portant un foulard ou tchador, marche dans une rue européenne ou nord-américaine, entourée d'autres femmes en dos-nus, minijupes et mini shorts. Elle passe devant d'immenses affiches sur lesquelles des femmes se pâment d'extase, se courbent en petite tenue ou s'étirent langoureusement, quasiment nues. Ce tableau pourrait-il être plus représentatif de l'embarras de l'Occident vis-à-vis des moeurs de l'Islam, et inversement ?

Le corps des femmes est souvent au coeur  des combats idéologiques ; et l'islamophobie occidentale ne fait pas exception à la règle. Quand la France a interdit le port du foulard à l'école, elle a utilisé le hijab comme faire-valoir des valeurs occidentales en général, y compris du statut de la femme. Lorsque les Américains se préparaient à envahir l'Afghanistan, les talibans étaient diabolisés notamment parce qu'ils refusaient que les femmes se maquillent ou se teignent les cheveux ; quand les talibans ont été renversés, les observateurs occidentaux ont fréquemment constaté que les femmes avaient ôté leur foulard.

Mais l'Ouest n'interpréterait-il de façon totalement erronée les moeurs musulmanes, en particulier ce que cela signifie pour nombre de musulmanes d'être voilée ou de porter le tchador ? Sommes-nous incapables de voir nos propres marqueurs d'oppression et de contrôle des femmes ?

Pour les sociétés occidentales, le port du voile est une forme de répression de la femme et de suppression de sa sexualité. Pourtant, au cours de mes voyages dans des pays musulmans, invitée à prendre part à des discussions dans des cadres strictement réservés aux femmes, j'ai appris que les attitudes des Musulmans envers l'apparence et la sexualité des femmes ne se fondaient pas sur la répression, mais sur un sens aigu de ce qui relève du public et du privé, de ce que l'on doit à Dieu et de ce qu'on doit à son mari. L'Islam ne nie pas la sexualité : il la canalise de façon très développée - vers le mariage, lien qui maintient la vie familiale et attachement qui consolide le foyer.

Hors des murs des demeures typiquement musulmanes que j'ai visitées au Maroc, en Jordanie et en Égypte, tout n'était que réserve et pudeur. Mais à l'intérieur, les femmes musulmanes étaient tout aussi intéressées par l'allure, la séduction et le plaisir que les femmes partout ailleurs dans le monde.

Chez elles, dans l'intimité conjugale, lingerie fine, mode élégante et produits de toilette abondaient. Les vidéos de mariage qu'on m'a montrées, notamment de la danse sensuelle apprise par la mariée, entre autres choses qui font d'elle une épouse merveilleuse, et qu'elle danse fièrement pour son mari, laissaient entendre que la sensualité n'est pas étrangère aux Musulmanes ; mais plutôt que le plaisir et la sexualité, tant masculins que féminins, ne devraient pas être étalés de façon légère - et éventuellement destructrice - aux yeux de tous. En effet, nombre de Musulmanes avec lesquelles j'ai parlé ne se sentaient pas soumises par le port du hijab. Au contraire, elles étaient plutôt libérées de ce qu'elles ressentaient comme un regard occidental indiscret, bassement sexualisant et faisant d'elles un objet. La plupart de ces femmes m'ont dit en substance : « quand je porte des vêtements occidentaux, les hommes me regardent et me voient comme un objet ; ou encore, je passe mon temps à me comparer aux filles des magazines, modèles difficiles à suivre - et bien plus à mesure qu'on vieillit, sans parler des efforts déployés pour être le plus à notre avantage, tout le temps. Quand je porte le foulard ou le tchador, les gens me voient comme une personne, non un objet : je me sens respectée ». Certes, cette vision des choses ne correspond pas tout à fait au féminisme occidental, pourtant, on y retrouve un ensemble de sentiments correspondants.

J'en ai fait l'expérience moi-même. J'ai porté un shalwar kameez et un foulard au Maroc pour me rendre au souk. La chaleur qui m'était témoignée était probablement due à la surprise de voir une occidentale ainsi vêtue, mais alors que je me promenais dans ce marché - les courbes de ma poitrine couvertes, la forme de mes jambes cachée, mes cheveux longs attachés -, j'ai ressenti une sérénité et un calme nouveaux. Dans un certain sens, oui, je me sentais libre.

Par ailleurs, il n'y a pas que les Musulmanes qui adoptent une certaine vision de la sexualité. La tradition chrétienne occidentale la décrit, et même dans le domaine conjugal, comme immorale. L'Islam et le Judaïsme n'ont jamais évoqué la même séparation entre corps et esprit. Alors, dans les deux cultures, la sexualité est canalisée dans le mariage et la vie familiale est considérée comme une source de grande bénédiction, autorisée par Dieu.

Cela explique probablement pourquoi les Musulmanes et les Juives orthodoxes décrivent non seulement un sentiment de libération grâce à leurs vêtements modestes et à leurs cheveux couverts, mais aussi un niveau plus élevé de jouissance sensuelle dans leur vie conjugale que la plupart des Occidentaux. Quand la sexualité reste de l'ordre du privé et relève du sacré - et quand un mari ne voit pas sa femme (ni d'autres femmes) à moitié nue toute la journée -, au moment où tombe le foulard ou le tchador dans l'inviolabilité du foyer, on ressent une forte intensité.

Chez les jeunes hommes en Occident, qui grandissent avec l'imagerie pornographique et sexuelle à chaque coin de rue, la diminution de la libido est une épidémie croissante. Il est donc facile d'imaginer le pouvoir de la sexualité dans une culture plus modeste. Il est nécessaire de comprendre les expériences positives de femmes et d'hommes dans des cultures où la sexualité est régie de façon plus conservatrice.

Je n'ai pas l'intention de dévaloriser la lutte des nombreuses femmes influentes du monde musulman qui considèrent le voile comme un moyen de contrôle exercé par les hommes. Ce qui compte, c'est d'avoir le choix. Néanmoins, les Occidentaux devraient reconnaître que lorsqu'une femme en France ou en Grande-Bretagne choisit de porter le voile, il ne s'agit pas nécessairement d'un signe de sa répression. Et, plus important encore, lorsqu'une femme choisit de porter une minijupe et un dos-nu - dans une culture occidentale où les femmes ne sont pas si libres de vieillir, d'être respectées en tant que mères, travailleuses ou êtres spirituels et de faire fi du monde de la publicité -, il serait judicieux de réfléchir de façon plus nuancée au sens de « liberté de la femme ».

Traduit de l'anglais par Magali Adams

* Cofondatrice de l'American Freedom Campaign,
mouvement américain pour la démocratie.

Source: http://www.lequotidien-oran.com

 

Catégorie : SEXUALITE ET ISLAM - 1

Science et conscience, technique et éthique

5/9/2008

 


Science et conscience, technique et éthique
 

Aujourd'hui, alors que le monde s'interroge sur la nécessité d'une éthique à trouver pour encadrer les effrayantes possibilités techniques, l'islam peut-il apporter quelque chose ?
Si le savoir scientifique permet de comprendre les lois qui régissent le fonctionnement de l'univers et de réaliser grâce à elles des applications destinées à maîtriser la nature, ce seul savoir est, par définition, incapable de fournir à l’homme une "orientation", une éthique quant à l'utilisation de ces nouveaux outils :

A) La nécessité d'une éthique d'après des penseurs occidentaux

"La science, en soi, disait Bertrand Russel, ne peut pas nous fournir une éthique. Elle peut nous indiquer comment atteindre un objectif et, parfois, nous montrer que certains objectifs sont inaccessibles. Mais parmi les objectifs réalisables, notre choix doit être guidé par des considérations autres que purement scientifiques" (Human knowledge, its scope andlimits).

Zaragoza et Yalow, Prix Nobel de la Paix, écrivent pour leur part : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Jamais tension entre science et conscience, technique et éthique, n'a atteint comme aujourd'hui à ces extrémités qui sont une menace pour le monde entier. La génétique et l"'énergie nucléaire, pour citer deux exemples remarquables, peuvent être à l'origine, selon la façon dont on les utilise, de grands bienfaits comme de grands dommages. Tout dépend de l'usage qu'on fait des connaissances scientifiques, de leur application correcte ou incorrecte. Science et conscience, technique et éthique : telle est la responsabilité à assumer si nous ne voulons pas parvenir à cette "ruine de l'âme" qui équivaudrait tout simplement aujourd'hui à l'anéantissement de l'humanité. Cette responsabilité nous concerne tous sans exception, car nous sommes tous embarqués dans le même navire, mais elle incombe en particulier aux intellectuels, aux hommes de pensée et de science, à ceux-là dont l'œuvre est à la source des connaissances tant théoriques que pratiques" (Courrier de l'Unesco).

Michel Serres (de l'Académie française) écrit quant à lui : "Nos conquêtes vont plus vite que nos intentions délibérées. Observez, en effet, l'accélération de croisière de nos avancées techniques : dès l'annonce que telle ou telle est possible, la voici aussitôt quelque part réalisée, suivant la pente verticale de la concurrence, du mimétisme ou de l'intérêt, puis considérée presque aussi vite comme souhaitable et même comme nécessaire le lendemain matin : on plaidera devant les tribunaux si on s'en trouve privé. (…)Oui, nous pourrons choisir le sexe de nos enfants, oui la génétique, la biochimie, la physique et les techniques associées nous donneront tous les pouvoirs. Mais nous devrons administrer ce pouvoir même, qui pour le moment paraît nous échapper parce qu'il va plus vite et ailleurs et plus loin que nos facultés de le prévoir, que nos capacités de le gérer, que nos désirs de l'infléchir, que notre volonté d'en décider, que notre liberté de le diriger.Nous avons résolu la question cartésienne : "Comment dominer le monde [,comment maîtriser la nature] ?" Saurons résoudre la suivante :"Comment dominer notre domination, comment maîtriser notre maîtrise?"" (Eclaircissements, entretiens avec Bruno Latour, éd.François Bourin, 1992, pp. 249-251, cité dans Islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan, éd. Tawhid, 1995, p. 326).

Claude Allègre – scientifique français bien connu, ministre de l’Education et de la Recherche en France de 1997 à 2000 –, pense de même qu'il y a une troisième voie envisageable entre ceux qui voudraient que rien ne change et ceux qui voudraient que presque aucune limite ne soit prise en compte qui oriente le progrès : "Vous ne pouvez pas, dit-il, enlever la science à l'homme. Ils sont liés. Dire qu'on va arrêter le progrès est une attitude absurde. Le mouvement est perpétuel. En revanche, ce qu'il faut c'est, chaque fois que l'on fait quelque chose, regarder où ça mène" (Le point du 18/ 07/ 98, p. 147)

B) L'apport des musulmans

L'islam a beaucoup de solutions à apporter dans ce domaine. D'une part parce que, contrairement à certaines autres religions, il considère les découvertes scientifiques et la technique comme des choses qui en soi ne sont ni foncièrement bonnes ni foncièrement mauvaises, mais comme des outils qui peuvent justement, exactement comme l'ont écrit Zaragoza et Yalow, être à l'origine de grands bienfaits comme de grands dommages. Tout dépend de la façon dont ils sont utilisés. D'autre part parce qu'il offre des principes éthiques cohérents en la matière.

1. Tirer profit des ressources de la terre de façon équilibrée

Dans le Coran, Dieu déclare aux hommes qu'Il a mis les ressources du monde à leur service, pour qu'ils puissent vivre sur terre l'épreuve de la vie terrestre : "Dieu est Celui qui a créé les cieux et la terre et qui, du ciel, a fait descendre une eau grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. Il a mis à votre service les vaisseaux qui, par Son Ordre, voguent sur la mer. Il a mis à votre service les rivières. Il a mis à votre service le soleil et la lune, assujettis à une perpétuelle révolution. Il a mis à votre service la nuit et le jour. Et Il vous a accordé de tout ce que vous lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. L'homme est vraiment très injuste, très ingrat." (Coran14/32-34) (voir également Coran 31/20, 45/12-13 ; voir aussi 11/7).

L'islam enseigne cependant que les hommes doivent orienter leurs possibilités –physiques, matérielles et techniques – par des principes éthiques. Le Prophète a, ainsi, enseigné que la sexualité était une fonction tout à fait normale et naturelle chez l'homme, mais que tout dépendait de la façon dont l'homme l'utilisait  : elle pouvait alors être source de bienfaits pour lui – et même de récompenses auprès de Dieu – ou source de méfaits pour lui – sur le plan spirituel, mais aussi familial et social. Il a ainsi dit : "La relation sexuelle que l'un de vous a est acte de charité. – O Messager de Dieu, questionnèrent ses Compagnons, comment le fait de satisfaire son instinct pourrait-il être source de récompenses (auprès de Dieu) ? – Dites-moi : s'il avait employé son instinct dans ce qui est illicite, cela n'aurait-il pas été un péché pour lui ? De la même façon, quand il l'emploie dans le licite, il en reçoit une récompense" (rapporté par Muslim, n° 1006). Le Prophète a de même enseigné que le fait d'élever un cheval pouvait être source de récompenses ou source de péchés, selon l'objectif et l'utilisation qu'on en faisait (rapporté par Al-Bukhârî, n° 2242, Muslim, n° 987). L'argent que l'on possède peut, de même, être source de bienfaits ou source de méfaits (pour soi,pour sa famille, pour ses amis et pour la société) : "Ce bien matériel est verdoyant, doux. Celui qui l'acquiert dans ce qui est son droit et l'utilise dans ce qui est son droit, alors c'est un bon aide ! Mais celui qui l'acquiert ailleurs que ce qui est son droit est comme celui mange sans jamais être rassasié. Et ce bien témoignera contre lui le jour du jugement"(rapporté par Al-Bukhârî, Muslim, n° 1052). Le matériel et la technique ne sont donc que des outils, lesquels, en soi, ne sont ni bons ni mauvais, mais dont l'utilisation pourra être bonne ou mauvaise selon qu'elle est faite à l'intérieur ou, au contraire, à l'extérieur des limites et orientations de l'éthique musulmane.

L'islam enseigne également que les hommes ne doivent pas faire de ce progrès un objectif primordial de leur existence, au point de lui rendre une sorte de culte (shirk khafî). L'islam enseigne que le culte est réservé à Dieu.L'amour suprême aussi.Le Prophète (sur lui la paix) a ainsi dit : "Si l'être humain avait une vallée pleine d'or, il en voudrait absolument une deuxième…" (rapporté par Al-Bukhârî). "La richesse ne dépend pas de la quantité de biens. La richesse est que l'âme se suffise (de ce qu'elle a)" (rapporté par Muslim). "Malheur à l'esclave de la pièce d'or et à l'esclave de la pièce d'argent" (rapporté par Al-Bukhârî).

Les musulmans veulent donc, pour reprendre l'expression de Allègre, réalise rune troisième voie entre ceux qui ne veulent presque pas de progrès technologique et ceux qui veulent que presque rien n'arrête le progrès... Un juste milieu, un équilibre d'une part entre développement et respect de la nature, d'autre part entre technique et éthique. Le progrès technique oui ;mais un progrès qui soit au service de l'homme et non un progrès pour le progrès, une course vers le rendement et la vitesse, un progrès devenu maître de l'homme réduit à l'état de rouage voire d'esclave de ce qu'il voulait à l'origine être à son service. Un progrès oui, mais un progrès qui tienne compte des principes éthiques et donc de tous les aspects de la vie humaine, et non un progrès pour le progrès, quel qu'en soit le coût social, éthique, spirituel, sanitaire, écologique, etc.
C'est ici qu'entre en jeu le concept du licite et de l'illicite.

2. Le cadre éthique matérialisé par le concept du licite et de l'illicite

S'il est un concept que de nombreuses personnes n'arrivent pas à comprendre à sa juste mesure, c'est bien celui du licite et de l'illicite en islam. On pense qu'il s'agirait d'un ensemble d'interdictions et de contraintes rigides, qui abordent des domaines de la vie dans lesquels la religion n'a normalement rien à voir, et qui, au nom du religieux et du spirituel, empêchent ainsi le musulman et la musulmane de vivre normalement. C'est là un des plus grands malentendus qui soient à propos du droit musulman.

En effet, d'une part une partie du droit musulman est constituée de principes généraux, dont l'application dépend du contexte. D'autre part, si une autre partie de ce droit est certes formée de règles détaillées, et si certaines de ces règles ne peuvent certes pas changer, d'autres font l'objet d'interprétations différentes depuis les premières générations de savants musulmans. Ensuite, si dans le domaine du purement religieux ('ibâdât), on ne peut avoir recours à de nouvelles formes, à propos des choses de la vie quotidiennes ('âdât) en revanche, on peut appliquer rationnellement ces principes et ces règles à des formes qui n'existaient pas à l'époque du Prophète.Enfin, les limites et les orientations qu'offrent les sources musulmanes ont comme objectif non pas toutes forcément de préserver le "religieux"(d'après le sens ce terme possède en langue française) mais aussi la personne humaine, l'intellect, les biens et la filiation ; selon Al-Qarâfî, une sixième chose qu'elles entendent préserver est le droit de chacun à vivre sans être humilié.
Les interdits et obligations de l'islam entendent donc offrir des principes éthiques destinés à préserver le bien-être de l'homme sur terre. Non pas seulement son bien-être et sa santé spirituelle, mais aussi sa santé physique, sa santé mentale, sa famille, ses biens et sa place fraternelle dans la société.
La grille du licite et de l'illicite offre donc des principes éthiques à même de permettre un développement équilibré. Un développement équilibré non pas seulement par rapport à la spiritualité du musulman (pas de chose qui mettrait en péril le lien que l'homme a avec Dieu), mais aussi par rapport aux règles philosophiques (pas d'excès qui serait contraire aux considérations essentielles de l'homme dans sa raison d'être sur terre), par rapport à la société des hommes (pas d'excès qui ferait de l'homme un être égocentrique et sans pitié pour ses semblables), par rapport, également, aux autres créatures qui partagent avec l'homme la vie sur la planète bleue, par rapport, enfin, aux ressources mêmes de cette planète.

3. Des principes éthiques présents en amont

Les pays occidentaux sont aujourd'hui conscients du fait que leurs peuples ne peuvent, par la seule volonté générale de leurs représentants, instaurer des lois qui permettent de cerner tous les enjeux que représentent les possibilités techniques et toutes les nécessités de la vie humaine. La raison humaine est certes performante, mais elle est et reste limitée dans son appréhension des choses. Elle est de plus concurrencée par les intérêts humains. Enfin, elle n'intervient qu' "en retard" puisqu'il lui faut d'abord constater les torts déjà présents pour pouvoir ensuite penser les limites "en aval". C'est pourquoi ces pays ont institué depuis une vingtaine d'années des comités d'éthique, destinés à trouver, ailleurs que dans la seule majorité des avis des parlementaires, des limites par rapport aux vertigineuses possibilités qu'offre la science aujourd'hui. Et l'islam, par ses principes éthiques englobants et justement présents "en amont", a beaucoup à proposer à l'Occident dans ce domaine.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
Source : http://trullyislam.zeblog.com   

 

 

Catégorie : PHILOSOPHIE

Jeûnez,vous serez en bonne santé

4/9/2008

 


Jeûnez, vous serez en bonne santé !


Ce texte est une allocution radiodiffusée, prononcée par le Sheikh Ahmad Kuftârû sur les ondes de la radio syrienne, le 22 février 1961.


Chers frères,

Dans certains pays européens et dans certains États américains, il existe des cliniques et des hôpitaux qui soignent leurs malades et leurs clients, non pas avec des remèdes chimiques, ni avec des piqûres et injections intradermiques, intramusculaires ou intraveineuses. Ces hôpitaux modernes soignent leurs patients par deux techniques légères et peu coûteuses : le jeûne et le sport.

La théorie du jeûne curatif sur laquelle s’appuient les fondateurs de ces établissements de santé consiste à dire que de nombreuses maladies, nombre de rides et de traits du visage qui défigurent les belles physionomies faciales des femmes et des hommes, une grande partie de la graisse accumulée, des muscles flasques, des forces épuisées et des psychologies souffrantes, bref toutes ces maladies et toutes ces tares sont à mettre sur le compte d’une alimentation excessive, grasse et fastueuse. Cette théorie vient confirmer la célèbre maxime arabe : « L’estomac est le lieu de toutes les maladies, et la diète est le pilier de tous les remèdes ».


Chers frères,

Le corps a besoin d’une certaine quantité de nourriture. Si la personne s’alimente plus qu’elle n’en a besoin, elle impose une surcharge à ses organes, fatigue son foie et ses reins, demande un effort supplémentaire à son cœur qui doit irriguer les masses adipeuses. Selon les fondateurs des hôpitaux pratiquant le jeûne curatif, le remède consiste à épurer le corps de toutes les toxines dans lesquelles baignent les cellules et les tissus des entrailles et des intestins, et qui se sont infiltrés dans tous les recoins du corps, en raison de la suralimentation et des microbes qui accompagnent une nourriture malsaine. Cela impose donc d’épurer les tissus de ces poisons accumulés au fil des années.

À lui seul, le jeûne suffit à épurer le corps de toutes les toxines et substances nocives, comme l’a expliqué le docteur américain Edward Dewey lorsqu’il dit : « Il n’existe aucune maladie dont les forces ne capitulent devant le jeûne. Cela fait vingt-six ans que je soigne mes malades par l’abstinence alimentaire, jusqu’à ce que l’appétit authentique revienne et jusqu’à la guérison complète. ».

Le Maître des médecins Ibn Sînâ (Avicenne) avait une méthode particulière, qui consistait à prescrire, dans de nombreux cas de maladies, trois semaines de jeûne. Le docteur Alan utilisait également le jeûne comme thérapie contre la goutte et le diabète.

Le célèbre médecin américain, docteur Carlo, dit au sujet de l’intérêt du jeûne du mois de Ramadân la chose suivante : « L’abstinence annuelle de nourriture pendant une certaine durée est un impératif sanitaire et une obligation médicale, que l’on soit riche ou pauvre. Car tant que les microbes trouvent dans le corps humain les aliments dont ils ont besoin, ils se développent et se multiplient. Grâce au jeûne, ils s’affaiblissent et meurent. » Le docteur américain Carlo fait ensuite l’éloge de la religion musulmane en disant : « On peut considérer [l’Islam] comme la plus sage des religions, dans la mesure où il impose le jeûne et impose de préserver sa santé. » Il ajoute : « Le fondateur de cette religion, Muhammad, fut un excellent médecin, à travers ses conseils et sa pratique. Il ordonnait en effet la prévention contre les maladies avant que celles-ci ne se déclarent. Cette conception est ainsi reflétée par le jeûne du mois de Ramadân, ainsi que par les prières nocturnes, chaque jour du mois de Ramadân. Ces dernières constituent en effet un exercice de gymnastique de la plus grande importance pour la digestion des aliments. »

Puis le docteur Carlo raconte qu’il était tombé malade pendant une longue période et qu’il ne parvenait pas à guérir de sa maladie. Il était suivi par un médecin musulman qui l’incita à jeûner. Prenant acte du conseil, le docteur américain jeûna avec lui le mois de Ramadân, non pas pour des mobiles religieux mais par espoir de retrouver la santé, non pas en tant qu’acte de culte, mais parce qu’il souhaitait guérir. Il se rendit compte que sa santé s’était améliorée notablement pendant le mois de Ramadân. Pour cette raison, jusqu’à ce jour, il jeûne chaque année un mois complet comme le font les Musulmans pendant le mois de Ramadân.


Chers frères,

L’abstinence de nourriture et de boisson de l’aube jusqu’au coucher du soleil permet de consumer les résidus alimentaires et d’éliminer les liquides superflus. Grâce au jeûne, l’appareil digestif peut enfin se reposer. Les sucs digestifs sont plus actifs et leur sécrétion plus abondante. À cela s’ajoute l’élimination des tissus morts et inutiles grâce au jeûne. Le docteur américain Edward Dewey explique : « Le cœur tire un grand profit du jeûne. Car, pendant le jeûne, il ne dépense que cinquante pourcents de son énergie. La raison en est que les cellules faibles disparaissent et leur nombre diminue : seules restent les cellules saines et fortes. Ainsi, le débit sanguin diminue progressivement, soulageant l’activité du cœur. Le passage du sang dépourvu de nutriments dans le cœur est d’un grand repos pour ce dernier. » Le docteur ajoute par la suite : « Nul n’ignore que pendant le jeûne, la circulation sanguine est purifiée des gaz, des acides et autres toxines dont l’élimination revitalise le cœur et renouvelle son énergie, ce qui lui permet de pomper le sang d’une manière plus pure et plus saine. »


Chers frères,

Afin que vous saisissiez l’importance du jeûne à l’ère moderne, il nous suffit de jeter un œil aux écrits des plus grands médecins du monde et aux découvertes qu’ils ont faites concernant les avantages du jeûne, que l’on considère désormais comme un remède efficace contre la plupart des maladies qui atteignent les êtres humains et les animaux. Parmi les ouvrages rédigés démontrant les grands avantages du jeûne, on peut citer The No-Breakfast Plan and the Fasting Cure (Le Jeûne qui guérit) du docteur Dewey, Le Jeûne thérapeutique du célèbre savant russe Alexis Souvorine, At-Tibb Al-Hadîth Yatarassamu Khutâ Al-Islâm (La Médecine moderne suit les pas de l’Islam), Ramadân du Professeur Sa`îd Al-`Iryân, ainsi que des dizaines d’autres ouvrages, tous ayant pour thème le jeûne, ses avantages et sa dimension curative. C’est pourquoi on a fondé en Europe et en Amérique des hôpitaux et des cliniques qui ne soignent leurs patients que par le jeûne et le sport.


Chers frères,

La médecine affirme qu’un grand nombre de personnes voraces creusent leurs tombes avec leurs dents et leurs mâchoires. Après tout ce que nous venons de dire, n’y a-t-il pas lieu de s’étonner que le Prophète, notre seigneur Muhammad — paix et bénédictions sur lui — nous ait dit il y a de cela quatorze siècles que : « L’être humain ne remplit pas de récipient pire que son estomac. L’être humain n’a guère besoin de plus de quelques bouchées qui le maintiennent en vie. S’il veut absolument manger davantage, alors qu’il consacre un tiers de son estomac à sa nourriture, un tiers à sa boisson et un tiers à son souffle » [1]. N’y a-t-il pas lieu de s’étonner que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ait accepté tous les cadeaux que lui a envoyé Muqauqis, Roi d’Égypte, à l’exception du médecin, qu’il a renvoyé en disant : « Nous sommes un peuple qui ne mange que lorsqu’il a faim, et lorsque nous mangeons, nous ne le faisons jamais à satiété » ?

N’y a-t-il pas lieu de s’étonner, chers frères, de ce parfait accord entre l’Islam et la science moderne, entre les livres modernes qui traitent du jeûne curatif et du jeûne thérapeutique et entre le noble Prophète arabe qui énonçait il y a quatorze siècles : « Jeûnez, vous serez en bonne santé ! » [2]

Tout ce qui a été dit précédemment ne nous porte-t-il pas à penser que la prévention évoquée par le Coran au sujet du jeûne peut désigner la prévention contre les maladies, le Noble Coran disant en effet : « Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, la`allakum tattaqûn, ainsi pourrez-vous être épargnés » [3].

Enfin, n’est-il pas vrai que celui qui mange pendant le Ramadân, sans dérogation légale, fait preuve d’un mauvais comportement, et s’affiche comme un ignorant, un inculte, un imbécile, un malpoli qui badine avec les lois de l’État et qui se rebelle contre les règles de vie en société ? Au final, un tel individu n’est ni arabe, ni européen, ni même américain. C’est un individu sans vergogne.

P.-S.


Extrait du site  http://www.islamophile.org      

Notes

[1] Hadith rapporté par At-Tirmidhî et Ibn Mâjah d’après Al-Miqdâm Ibn Ma`d Yakrub.

[2] Hadith rapporté par Abû Nu`aym d’après Abû Hurayrah.

[3] Sourate 2, Al-Baqarah, La Vache, verset 182.

 

 

Catégorie : SANTE - 2

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