«Dieu est beau et il aime ce qui est beau» » Paix et Amour entre les peuples

 «Dieu est beau et il aime ce qui est beau»

24/9/2010

Coran voile«Dieu est beau et il aime ce qui est beau»

Ce hadîth est d’une belle fortune en Islâm, car il élève l’être humain par l’éducation et l’instruction à l’esthétique universelle...

Le livre intitulé L’Islâm: école de la Démocratie et des Droits de l’Homme (*) de Derradji Yacine Sellah ( p. 21), nous propose un intéressant chapitre sur La Femme en Islâm; y sont traités les thèmes suivants: Le statut de la femme; Le statut de l’épouse; De l’admonestation des épouses; De la polygamie.
Mais auparavant, j’aimerais rappeler un principe, celui de l’adab en Islâm qui rend la vie belle et fructueuse et que l’on peut trouver dans les ahâdîth et, plus sûrement, dans le Coran. Plus généralement, les versets 6-8 de la Sourate Infitâr, Allah dit:

 «Ô Homme, qu’est-ce qui t’a trompé sur ton Seigneur magnanime, qui t’a créé, puis t’a formé et constitué harmonieusement, puis t’a modelé sous telle image qu’Il a voulue?»

Ici, cette idée essentielle ne se rapporte-t-elle pas à la beauté et à l’embellissement de la création de l’être humain? Dans une autre Sourate, et-Tîn (Le [Mont des] Figuier[s]), verset 4, Allah a dit:

«Certes, Nous avons créé l’Homme en sa plus belle prestance...»

Sans doute, est-il question, au-delà de la beauté physique, celle de la beauté d’un autre genre, celle de la moralité. Il s’agit d’un concept de beauté absolue où le beau n’appartient qu’au fait de la religion telle que l’Islâm offre à l’Humanité. Aussi, est-il important d’appliquer ce concept religieux de beauté à toutes les créations divines, mais tout également à la création de l’homme et de la femme.
La femme en Islâm dans l’absolu est une Reine, la Mère des générations par sa beauté morale, la fondatrice de l’Humanité; elle joint dans son être édification d’une société harmonieuse et exercice d’une esthétique de la piété. Sellah écrit donc: «Paradoxalement, à ce que l’on essaie d’accréditer ça et là comme allégations mensongères, l’évidence même scande à ce propos le non-sens et invite, par rapport au statut de la femme, à la compulsion du Coran où l’intérêt primordial va à sa personne, avec la première élue d’Allah, la Vierge Marie, que le salut soit sur elle: elle qui eut transgressé le cours des événements spirituels de l’époque par la Grâce du Seigneur, qui agréa les prières des Al ‘Imrane ses parents, qui l’ont vouée, dès la déclaration de sa grossesse au Temple de Jérusalem, très soucieux de la voir au service d’Allah sans même savoir encore que c’était une fille qui allait naître et qu’elle allait faire dévier le chemin de l’histoire de l’humanité. [...] Elle donnera naissance d’une façon singulière au prophète Jésus, dérogeant à la conformité naturelle prescrite pour toutes les femmes du monde !
La femelle était à des époques très reculées, un « instrument » de plaisir, relégué à la procréation, de mâles surtout, destinés au combat, un « objet » dont on hériterait au même titre que les autres biens, une fois que son mari vient de mourir, une « servante » affectée aux charges domestiques, que l’on négligeait au point d’en effacer l’existence. [...] L’Islâm est venu, dans ces conjonctures d’obscurantisme et d’anarchie sociale, bannir cette iniquité et cette barbarie, rétablissant la femme dans ses droits fondamentaux, en vertu de préceptes scrupuleusement énoncés, à même de mieux réfléchir l’image de marque, qui sied au Musulman. Dans le même ordre d’idées, la tradition du prophète de l’Islâm Mohammed, que le Salut soit sur lui, a fait de Khadidja, sa première épouse, un exemple positif central, on ne peut mieux édifiant. Dans ce contexte, Dieu a ordonné en vertu du verset suivant que les femmes s’astreignent à des obligations morales de rigueur pour ne pas donner l’impression d’être effrontées et ainsi éviter toutes critiques ou propos déplacés, de même qu’elles doivent baisser les yeux et éviter les regards des gens qu’elles ne connaissent pas.
Elles peuvent porter à leur guise de beaux habits et se parer de bijoux pour plaire décemment, d’être élégantes sans rechercher à exhiber leurs charmes, car comme l’a dit le prophète: «Allah aime ce qui est beau » - « Allah aime que ses grâces transparaissent sur ses créatures » (Hadiths authentiques). Par contre, l’intention d’attirer sur elle les regards concupiscents est à l’évidence condamnable:

« Dis à tes épouses de baisser leurs regards, d’être chastes,... Dis leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pieds pour montrer leurs atours cachés » (s. 14, v. 31). [...]

Ainsi, le voile a d’abord été ordonné aux épouses du prophète et dans le même ordre à toutes les Musulmanes pour distinguer celles qui sont croyantes des autres. [...] Ce voile, ou ensemble approprié, sera dès lors prescrit aux femmes pour cacher leurs corps jusqu’aux chevilles; le foulard ou une coiffe analogue est utilisé pour cacher la chevelure. Hormis ces deux accessoires, chacune a toute latitude de cacher son visage sous une voilette ou s’en abstenir, car la « chari’a », inspirée du coran, laisse cette initiative aux concernées... [...] Aux croyantes, il est expressément recommandé d’avoir un comportement correct et de ne pas suivre les mauvais exemples des femmes de Noé et Loth qui se sont faites remarquer de manière désobligeante, mais d’imiter plutôt Khadidja l’épouse du Prophète, Fatima sa fille, Marie fille de ‘Imrane et Assia la femme de Pharaon, qui ont fait montre de qualités vertueuses.»
Ensuite, encore qu’il faille bien actualiser et préciser le contexte en parallèle avec l’émancipation de la femme d’aujourd’hui, qui a été moudjahida, qui est travailleuse, qui est femme d’affaires, qui est magistrat, qui est artiste, qui est médecin, qui est sportive, qui est policière,...qui reconstruit l’État et une société modernes et qui vit son temps, Sellah développe, versets coraniques et ahâdîth prophétiques à l’appui, Le statut de l’épouse (« L’Islâm est venu constituer le premier forum d’expression et d’émancipation de la femme... »), De l’admonestation des épouses (« Il [Un verset] met en exergue particulièrement deux aspects: la désobéissance de l’épouse et son infidélité, au sens moral; deux actes aussi infâmes l’un que l’autre, que réprouve d’ailleurs fortement la morale ». [...] Le prophète, que le Salut soit sur lui, a d’ailleurs mis des garde-fous en ce sens en disant: « Les meilleurs de ma communauté ne frappent pas! »). Quant à la polygamie, elle «n’est ni un souhait, ni une fantaisie masculine entachés de dévergondage et ceints d’égocentrisme. Si elle a été tolérée en Islâm par le Créateur, elle n’en demeure pas moins difficile à réaliser, car ses conditions sont extrêmement rigoureuses, l’équité étant l’idée directrice première! ». Suivent évidemment de nombreuses explications pour clarifier le propos. L’auteur clôt son ouvrage par des «Réflexions et des questionnements», cédant néanmoins la parole à ceux qui semblent les plus autorisés, «aux théologiens et notamment aux « foukahas » (jurisconsultes)». Il note enfin que «certains sujets invitent à des ébauches de débats», et il les hiérarchise. Problèmes religieux éminemment importants et sacrés et problèmes sociaux d’actualité délicats et forts que seuls peuvent aborder les élites compétentes des pays musulmans, autrement dit: Ahl el-‘Ilm.

À mon tour, je laisse aux prédicateurs de bon sens, de donner du sens à la pensée de nos jeunes pour l’édification d’une société moderne cultivée, active et tolérante.

(*) L’islâm: École de la Démocratie & des Droits de l’Homme de Derradji Yacine Sellah, Publications du Haut Conseil Islamique, Alger, 2010, 384 pages.

Kaddour M’HAMSADJI

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