L'emploi du capital financier dans l'Islam » Paix et Amour entre les peuples

 L'emploi du capital financier dans l'Islam

30/8/2007

L'emploi du capital financier dans l'islam


«O vous qui croyez ! Craignez Dieu et renoncez à ce qui reste encore (dû) comme produit de l
usure, si vous êtes des croyants (sincères)»
Coran, Sourate II, verset 278

Lislam ne se limite pas au seul spirituel.

 Le Coran, Livre dune religion parachevée traite de toutes les disciplines indispensables à la vie humaine, quelle soit individuelle ou collective.
Les divers principes énoncés par le Coran ont façonné les sociétés musulmanes.
Aujourd
hui se pose le problème de leur adaptation dans un monde dominé par léconomie de production et de consommation tout azimuts.
Pour informer nos lecteurs sur un sujet d
actualité permanente, nous nous sommes inspirés des articles parus dans la presse anglaise signés du professeur AEBAS MIRAKHOR, coauteur avec des chercheurs du Fonds Monétaire International (FMI) dune étude sur les principes de base de léconomie dans lislam. Dans ses travaux, léconomiste musulman expose les fondements anciens et nouveaux du principe dinterdiction de lintérêt et en corollaire explique les types de contrat admis par la Shariah (MUDARABAH et MUSHARAKAH par exemple).

Les justifications de linterdiction de lintérêt

En effet, les savants musulmans ont défini les fonctions naturelles de la monnaie
- Fonction d
étalon de valeur, la monnaie sert à mesurer la valeur des biens et des services
- Fonction d
instrument déchange, parce quelle sert à acquérir les biens et les services.
En revanche, son rôle de réserve des valeurs n
a pas été admis. Car, il était considéré comme non naturel et conduit lhomme à amasser de largent (thésauriser). La monnaie ne devait pas non plus servir (par lintermédiaire du prêt à intérêt) à enrichir ceux qui détenaient de largent. La monnaie avait donc pour ces savants, trois vocations naturelles précises à travers ses fonctions détalon de valeur, dinstrument de comptage et dinstrument déchange. Laccumulation de la monnaie et le prêt à intérêt détournaient la monnaie de ses vocations naturelles, leur présence dans une société islamique était par conséquent interdite.
C
est comme cela que les savants musulmans justifiaient linterdiction de lintérêt par Dieu, dans le Coran.
Aujourd
hui, la loi nest plus justifiée de cette manière, des fondements nouveaux à linterdiction apparaissent. Ainsi, daprès ces savants musulmans, la loi peut être accréditée de deux façons : économique et juridique.
Tout d
abord la justification économique : les savants musulmans mettent laccent sur le manque de théories satisfaisantes de lintérêt lesquelles ne sont que des tentatives dexplication de lexistence dune institution profondément ancrée dans les économies modernes.
En voici deux:
- Une théorie présente l
intérêt comme une récompense à lépargne ou encore à la non-consommation. Les savants musulmans pensent quune récompense ne serait acceptable que si cette épargne débouche, par le placement qui en est fait, sur la création de richesses.
- Une autre théorie présente l
intérêt comme ce que rapporte le capital productif. Selon les savants musulmans, il faut distinguer charge dutilisation de la monnaie (véritable définition de lintérêt) et produit du capital productif.
La remise en cause du principe même de l
intérêt caractérise lislam. En effet,avancer de largent dans linvention du commerce et (ou) de la production, peut se faire pour recevoir une part des profits (provenant du «capital monétaire»et de leffort de lentrepreneur) car à ce moment, le prêteur est copropriétaire de lentreprise et partage donc les risques de lentreprise. Par contre, est banni le créditeur prêtant avec un intérêt fixé à lavance dans le contrat et ne tenant pas compte des profits ou des pertes de lentreprise, ne courant pas de risques en ce sens.
Le seul risque pour lui est celui de la non-solvabilité de l
entrepreneur.
Si prêt il y a, celui-ci doit être sans intérêt.
Ainsi, l
islam accorde, dans le respect des limites imposées par la SHARIAH, une grande liberté en matière de contrats et approuve tout accord basé sur le consentement des partis aussi longtemps que les éléments dincertitude,concernant les profits, les gains que chacun doit recevoir et donc de risques partagés, sont présents. Ceci signifie la condamnation du risque unilatéral, considéré comme injuste, et la mise en valeur du risque mutuel.
En somme, la condition nécessaire au gain est le risque mutuel et la condition suffisante, le profit .

Découvrez maintenant la justification juridique de l
interdiction. Il faut noter, tout dabord que la détention de monnaie correspond à la détention de droits de propriété. Le prêt équivaut à un transfert de ces droits en retour il ne peut en être exigé plus.
En effet, l
intérêt est une création de droits de propriété injustifiable car il se situe en dehors de lensemble légitime des droits de propriété reconnus par lislam.
En outre, il est évident que l
argent prêté est :
- Soit utilisé de façon fructueuse (d
où une création de richesses),
- Soit ne l
est pas (doù une absence de création de richesses).
Dans ce dernier cas, ne peut pas être revendiqués de droits de propriété additionnels. Dans le premier cas il en est de même Si le prêteur ne partage pas les risques (en transformant ses droits) c
est-à-dire si le taux dintérêt est fixé à lavance contractuellement et si les gains ne sont pas proportionnels aux profits. Cependant, Si le prêteur conserve ses droits de propriété sur son capital financier en devenant co-propriétaire de lentreprise (en y injectant son capital), son argent «aura un droit» sur le produit quil aide à créer et ainsi, il a une part sur les profits réalisés.

Puisque l
intérêt est proscrit par lislam il ne peut y avoir de contrats de prêts à intérêt dans une société islamique.
D
autres formes de contrat doivent par conséquent y être conclues.
En voici une liste non exhaustive.

Les formes de contrat autorisées dans lislam

En interdisant lintérêt et en encourageant le profit, la SHARIAH offre deux possibilités connues sous les noms de MUDARABAH et MUSHARAKAH. Dans le cas du MUDARABAH, une partie apporte le capital financier et lautre le capital humain. Le type de contrat est traditionnellement appliqué aux activités commerciales de courte durée.
Dans le cas du MUSHARAKAH, les associés mettent en commun leur capital financier. Cela s
applique aux activités de production ou commerciales de plus longue durée. Les deux possibilités représentent deux types de contrat de partage des profits et peuvent aussi bien conserver la totalité des activités dune entreprise quune sphère uniquement de ses activités.
L
objectif, avec ces deux formes darrangement est une sélection des projets basés davantage sur les profits anticipés et moins sur la solvabilité de lemprunteur
Cela fait espérer l
existence dun nombre plus grand de projets agressifs à la recherche de financement fait espérer plus de prudence et une sélection plus efficace des projets de la part des détenteurs de fonds et fait espérer aussi une implication plus importante du public dans les activités de placement, entrepreneuriales.
Par ailleurs, dans le système islamique des accords de partage des profits bien que ceux-ci soient répartis entre le propriétaire du capital financier et l
entrepreneur, les pertes ne sont supportées que par le premier. Ainsi, le détenteur du capital risque ses fonds alors que lagent-entrepreneur risque son temps, ses efforts et son travail.

MUDARABAH et MUSHARAKAH sont des formes d
association dans les secteurs commercial et industriel de léconomie ils ont toutefois leur semblable dans le secteur agricole (MUZARAH et MUSAQAT).
-La SHARIAH reconnaît néanmoins que ces deux formes de contrat ne sont pas applicables partout, dans toutes les circonstances d
où les possibilités suivantes:
-Les emprunts
bienfaisants (QADR AL-HASANAH) : le coran exhorte les musulmans à les accorder à ceux qui en ont besoin ils ne sont pas soumis à une échéance fixée.
-Les paiements différés (BAI
MUAJJAL) : ils permettent, lors de la vente dun produit par exemple, de remettre le paiement à une date ultérieure ou de létaler par versements partiels , ces reports ne doivent pas comporter de charges.
-Achat avec livraison retardée (BAI SALAM): le paiement du produit a ici lieu à une date donnée tandis que la livraison a lieu plus tard, à une date fixée.
-Le leasing (YARA): ici, une personne loue un produit particulier pour un montant et un délai définis. Il peut aussi conclure un contrat de location-vente.
-Avec un autre type d
accord, le vendeur informe lacheteur du coût dacquisition ou de production du produit, dès lors, une marge est négociée entre les deux parties.

La liste qui vient d
être dressée nest pas du tout exhaustive : la validité dautres formes daccord doit être appréciée par les juristes musulmans. A lintérieur de cette liste, le MUDARABAH occupe une place de choix car cest cette forme de financement qui, selon les économistes musulmans, constituerait une alternance au prêt à intérêt et donc modèlerait le système financier islamique et ce, par le fait que les banques et le marché financier y recourraient massivement.

I. OMARJEE

 Courtoisie Espace de lIslam

 

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