Nous sommes à la croisée des chemins » Paix et Amour entre les peuples

 Nous sommes à la croisée des chemins

1/9/2007

Nous sommes à la croisée des chemins

Par Anas  Ahmed Lala

Les attentats perpétrés à New York et à Washington marqueront sans doute un tournant dans l'histoire des Etats-Unis, mais aussi dans celle des pays du monde entier. Un attentat a été commis, le pays victime cherche à retrouver et à sanctionner les coupables. Mais qui dit jugement dit preuves tangibles et suffisantes.

Anthony Scrivener, un des plus célèbres juristes britanniques, écrivait dans leTimes du vendredi 5 octobre : "Cela fait réfléchir de constater qu'il faut des preuves plus solides pour juger un voleur à la tire que pour déclencher une guerre".

D'un autre côté, des pays occidentaux ont beau appeler leurs populations à ne pas faire l'amalgame entre terroristes et musulmans, le mal est fait : les images  maintes fois repassées
 de combattants afghans montrant des exemplaires du Coran, sur fonds sonores de psalmodie de versets coraniques ou de chants arabes… ont eux aussi fait leur chemin dans les esprits. Après tout, dira-t-on, ne serait-ce pas le Coran lui-même qui contiendrait en germe cet appel à la violence ? Et on s'empresse d'aller chercher des passages coraniques pour essayer de le prouver. On sort des versets de leur contexte, on néglige les versets disant que le Coran donne priorité à la paix (Coran 8/61), fait une différence entre les pays non-musulmans avec qui un pays musulman est en état de belligérance et ceux avec qui il est lié par un traité de paix (8/75, 4/90et 4/92), et rend obligatoire une déclaration de guerre (8/58) en cas de conflit armé justifié opposant deux pays liés par des traités (c'est le cas aujourd'hui, puisque ces pays ont signé la charte de l'ONU).

D'un autre côté encore, des Candides actuels, formés à l'école du XVIII ème siècle, profitent de l'occasion pour rappeler leur message de toujours :"Pour éviter les fanatismes, le plus simple aurait été de supprimer les religions, responsables des plus grands massacres qu'a connus l'humanité".C'est cependant oublier le nombre autrement plus élevé de morts qu'ont engendré, au cours du XXème siècle, la première et la seconde guerre mondiales (8 et 50 millions de morts respectivement), les bombes nucléaires lancées contre le Japon et les décennies du stalinisme en URSS : où est la part des religions là-dedans ? Je me demande ce que Voltaire aurait écrit s'il avait vécu au 20ème siècle et était passé, dans les années 40 et 50, à Berlin, à Moscou, à Prague, à Hiroshima, et à
 New York (lors du maccarthysme). La vérité est que les fanatismes ne sont pas l'apanage de certains religieux. Il y a là, hélas, un trait commun à certains humains, qu'ils soient croyants ou pas.

De tout cela on n'en a cure. La "résistance de la civilisation contre la barbarie" demande, commande, dit-on, "le combat du bien contre le mal".

Ce chemin-là est très dangereux. On n'en mesure pas les conséquences, et pourtant elles risquent d'être incalculables. Et tout le monde y sera perdant. Déterminés à trouver un bouc émissaire pour relever leur dignité bafouée, les Etats-Unis semblent ne pas s'apercevoir que les effets d'une attaque en Afghanistan seront, à moyen voire à court terme, très graves. Les conséquences seraient dramatiques pour la région : le Pakistan, l'Iran, l'Inde : que se passera-t-il au niveau des populations des ces pays ?

Un autre chemin existe, c'est celui de la justice. L'ONU, dont le rôle est justement d'arbitrer les conflits internationaux sur la base du droit, doit faire entendre sa voix et exprimer sa présence.

Dans le même temps, ces attentats pourraient être considérés comme un signal d'alarme indiquant un malaise généralisé. Les Etats-Unis pourraient, sur la base de ce drame, partir d'un nouveau pied après s'être interrogés sur leur politique extérieure, qui attise les haines en différents endroits sensibles de la planète. Il faut condamner ce genre d'attentats, aucune cause ne méritant que l'on tue des innocents, qui plus est de cette manière atroce (le Prophète Muhammad
-sur lui la paix - avait interdit l'emploi du feu pour tuer lors de conflits armés, comme il avait interdit de tuer ceux qui sont innocents). Mais, parallèlement à cette condamnation, il faut se dire que la politique à géométrie variable qui est menée dans le monde d'aujourd'hui engendre la haine, et que c'est cette haine qui crée des attentats aussi horribles. Que dire de la politique américaine dans le conflit israélo-arabe ? Que dire du massacre quotidien des civils et enfants innocents qu'entraîne la politique américaine en Irak ? La haine et les conflits ne pourront se résorber que dans une optique globale de la paix dans le monde, laquelle ne se fera qu'en prenant réellement en compte les droits de l'ensemble des peuples en présence.

Tant que cela ne sera  pas appliqué autrement que sur les pages des discours officiels, tous les slogans de "coexistence pacifique des civilisations" ne seront que de belles paroles et de beaux textes, tandis que la réalité du terrain continuera à engendrer une haine aussi grande que ses effets seront dévastateurs. Il ne nous restera plus, alors, que les larmes et le sang quand les fruits empoisonnés des préjugés, des malentendus et, partant, de cette haine, engendreront les pires scénarios à l'échelle planétaire.

Nous sommes à la croisée de chemins. Il faut choisir aujourd'hui le chemin qui doit mener le monde là où il peut être demain. Saurons-nous choisir ?

Extrait du site ; http://www.maison-islam.com   

 

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