Pour une réhabilitation de la mémoire musulmane » Paix et Amour entre les peuples

 Pour une réhabilitation de la mémoire musulmane

20/9/2007

 

Pour une réhabilitation de la mémoire musulmane

Mon cher père, tu me demandes si tu dois menvoyer de largent.Sache que lorsque je quitterai lhôpital je recevrai un vêtement neuf et cinq (monnaie locale) qui me permettront de ne pas me remettre aussitôt au travail.Inutile donc de vendre une bête de ton troupeau. Maintenant il faut te dépêcher si tu veux me trouver encore ici. Je suis dans le service Orthopédie, à côté de la salle dopération. Pour me trouver après avoir franchi le portail principal longe la galerie sud. Cest là quest située la polyclinique où lon ma transporté après ma chute. Cest là que les malades sont examinés à leur arrivée par les médecins assistants et les étudiants. A ceux qui nont pas besoin dêtre hospitalisé on leur remet une ordonnance quils peuvent faire préparer à côté, dans la pharmacie de lhôpital. Aussitôt lexamen terminé, on menregistra puis on mamena devant le médecin chef. Après quoi un infirmier me transporta dans la section des hommes, me fit prendre un bain et me donna un vêtement dhôpital propre. Puis tu laisseras sur ta gauche la bibliothèque et le grand amphithéâtre où le médecin chef donne ses cours aux étudiants. Sans cesser de tenir ta droite, tu longeras le service des maladies internes et le service de chirurgie... Si tu entends de la musique ou des chants à travers une cloison, pénètre dans la pièce, il se pourrait que je sois déjà dans la salle de séjour réservée aux convalescents où lon se divertit avec de la musique et des livres.

Ce matin le chef est venu comme dhabitude faire sa tournée, accompagné de ses assistants et de ses infirmiers. Après mavoir examiné il adonné à mon médecin traitant un ordre que je nai pas compris. Celui-ci ma ensuite dit que je serais autorisé à me lever demain et que je sortirai bientôt de lhôpital. Mais sache que je nai pas la moindre envie de men aller. Tout ici est si clair si propre ! (1)

 

Lorsque lon interroge le commun des mortels (y compris les professionnels de la santé) sur lépoque de cette scène ; la réponse paraît évidente : il sagit bien sûr du 20e siècle ! Quelques spécialistes accepteraient de la situer vers le 19e siècle mais pas plus !!! En effet les spécialités comme lOrthopédie ne sont apparues que tardivement en Europe. Les pharmacies, salles dopération, convalescence, certains prémisses de la musicologie vont de pair avec le monde moderne par conséquent « occidental ».

Eh bien détrompez-vous ! il sagit dun des innombrables hôpitaux de nimporte quelle ville arabe il y a mille ans !!! Ces installations étaient jugées indispensables par les musulmans de lHimalaya aux pyrénées. Quand on pense que la ville de Cordoue ville dEspagne musulmane comptait au milieu du dixième siècle environ cinquante hôpitaux de cette dimension ! Ces derniers étaient fondés par les califes de lépoque avec un luxe équivalent au palais y compris au niveau de la nourriture. Cette époque est celle de lâge dOr de lIslam. En effet pendant sept siècles tous les savants en médecine, chimie, astronomie, physique... étaient presque tous musulmans.

De « lautre côté » si lon peut sexprimer ainsi, cest à dire« en occident », les premiers hôpitaux nont fait leur apparition quau 12e siècle suite aux croisades. Car avant cette période, cette charge incombait aux bénédictins qui avaient fondé des hospices destinés à recevoir les voyageurs, les pèlerins, les orphelins et les malades...

Un des premiers mais aussi lun des meilleurs hôpitaux dOccident était lHôtel-dieu à Paris. Un autre témoin nous raconte la scène suivante :

« Le sol pavé de briques était recouvert de paille, et les malades sentassaient sur ces litières, les pieds des uns contre la tête des autres, des enfants côtoyant des vieillards et, si incroyable que cela puisse paraître, hommes et femme pêle-mêle ... Des individus atteints de maladies contagieuses en coudoyaient dautres qui ne souffraient que dune légère indisposition. Serrés les uns contre les autres, une femme gémissait dans les douleurs de lenfantement, un nourrisson se tordaient dans des convulsions, un typhique  brûlait de fièvre, un phtisique et un homme atteint dune maladie cutanée, souffrant deffroyables démangeaisons, sarrachait la peau à grands coups dongles... les malades manquaient souvent de lessentiel. On leur donnait une nourriture infecte en quantité insuffisante et à intervalles irréguliers. Ils ne mangeaient convenablement que lorsque de charitables citoyens leur apportaient des provisions. A cet effet les portes de lhôpital restaient ouvertes jour et nuit ; nimporte qui pouvait entrer et apporter ce quil voulait, et si certains jours les malades mouraient quasiment de faim, il leur arrivait aussi de faire des excès et de mourir tout à fait dindigestion. La vermine grouillait littéralement partout, et dans les salles de malades lair était si pestilentiel que les surveillants et les infirmiers ne sy aventuraient quune éponge imbibée de vinaigre devant la bouche. Les cadavres attendaient au moins vingt quatre heures et souvent davantage leur évacuation, et dans lintervalle les vivants côtoyaient les morts qui, dans cette atmosphère infernale,commençaient très vite à sentir mauvais et à se couvrir de grosses mouches à viande verdâtres ». (2)

 Dans un autre registre, toute personne ayant fait des études en Occident connaîtra des noms aussi prestigieux que « Platon, Aristote,Socrate... » sans pour autant connaître Ibn Rochd ( Averoes), Al Ghazali. Ce qui est un véritable paradoxe, puisque les derniers cités nous ont permis de découvrir la philosophie grecque !

Dans le même style, un étudiant en médecine connaîtra de toute évidence Hippocrate et Galien sans jamais avoir entendu parlé d Ibn Sina ( Avicenne) et Al Razi ( Razhes). Or nimporte quel historien sérieux vous dira que la première encyclopédie de médecine a été élaborée par El Razi avec plus de trente volumes, et quIbn Sina a fait sa première conférence de médecine à lâge de seize ans à luniversité de Bagdad, enfin quIbn Nafis au treizième siècle avait eu lidée et prouvé le schéma de la circulation sanguine quatre cents ans avant Harvey, et trois cent avant Servet à qui lon attribue généralement cette découverte. Il nous paraît nécessaire de remanier le chapitre de lhistoire de la médecine.

Par ailleurs lorsquon nous explique que lOccident est le fruit dune double aventure  Gréco-romaine et Judéo-Chrétienne, nous affirmons tout simplement quil suffit dexaminer les faits avec justesse et impartialité pour conclure que, et là nous emploierons la fameuse maxime évangélique selon laquelle « Il faut rendre à César ce qui est à César ».

En effet lhistoire naime pas les énigmes car elle reste une science. Or lEurope semble amnésique. Comment expliquer en effet quaprès six ou sept siècles dobscurantisme, soit apparu comme par enchantement la renaissance puis lépoque industrielle et enfin moderne. Quà cela ne tienne, lethnocentrisme occidental considère que toutes les grandes découvertes ont été faites en Europe, comme si lon était complexé à lidée quà un moment ou un autre, une civilisation que lon a trop longtemps considéré comme ennemie,ait pu tant contribuer à lhistoire et au progrès de lhumanité.

On peut toujours désigner du doigt les seuls européens et américains comme étant les seuls responsables de cette injustice. Les premiers responsables sont les musulmans eux-même qui une fois de plus laissent linitiative aux autres en adoptant un discours systématique de« victimisation. ». Il serait bon de nous rappeler que sur 114 sourates du Coran, 49 se terminent par « ...ce sont certes des signes pour des gens qui réfléchissent », non pas qui croient ou qui prient mais bien qui réfléchissent aux signes du Tout-Puissant, que la première injonction divine est « LIS... », et quenfin « nul ne portera le fardeau dautrui » (3).

 En effet le Coran est le seul livre révélé qui invite le croyant à rechercher la science « ... jusquen Chine sil le faut » (4)( on imagine un voyage en Chine au 7e siècle).

 Quand on pense quune commission scientifique lors de la conférence islamique mondiale en 1983 à Istanbul, avait estimé le nombre de chercheurs dans les pays à majorité musulmans à environ 45 000. A titre de comparaison le Japon à lui seul en compte plus de 400000 !!! (5)

Avons-nous oublié les préceptes du prophète( pbsl) qui nous explique que« si tu adores Dieu, recherche la connaissance du berceau au tombeau »... (6)

Dieu seul est plus savant.

Notes :

(1.2) Ouvrage « Le soleil dAllah brille surloccident » de Sigrid Hunke éditions Albin Michel

(3) Coran

(4) 6 Hadith du dernier Prophète Mohamed (pbsl)

(5) Extrait de « Grandeur et décadence de lIslam » deRoger Garaudy

  

« Le soleil dAllah brille sur loccident »


Commentaires dulivre de Sigrid Hunke.

Par Assia Eliane Katib

Au regard dune actualité dénigrante du fait « arabe » et « musulman », il est essentiel de lire le merveilleux ouvrage dune occidentale, Sigrid Hunke, qui relate, grâce à un récit fourni et vivant, les liens intrinsèques de lOrient et de lOccident à travers la formidable aventure humaine, scientifique et culturelle de la civilisation arabo-musulmane, à la lumière des immenses réalisations des savants musulmans. A la lecture du « soleil dAllah brille sur lOccident », on sinterroge finalement :

 Christophe Colomb aurait-il redécouvert lAmérique sans son astrolabe conçu et réalisé par les Arabes ? Les engins occidentaux auraient-ils atteint la planète Mars si, bien longtemps avant eux, des Arabes navaient cessé dobserver rigoureusement le ciel ? Dans la mesure où les progrès technologiques modernes sinscrivent dans la longue chaîne des connaissances universelles, il est indéniable daffirmer que les musulmans ont, à une époque, contribué à révéler de nouvelles découvertes scientifiques.

 Sigrid Hunke rend hommage à ces inventeurs de génie, trop longtemps ignorés des manuels scolaires et aujourdhui encore souvent réduits au rôle de simples traducteurs des textes des Anciens. Son livre, traduit de lallemand par Solange et Georges de Lalène, allie la richesse dinformations dune encyclopédie à un style clair et vivant qui rend sa lecture fluide comme un roman.

 Au fil du texte, on comprend comment lIslam invite à lobservation et lanalyse des phénomènes naturels, à la recherche intellectuelle, au progrès et à la science. La référence religieuse sert de moteur à la dynamique de la créativité humaine dans des domaines aussi variés que les sciences, la littérature ou larchitecture. A une époque où lEglise, de son côté, privilégie lobscurantisme et lélitisme, lIslam parait dune grande modernité.

 On sétonne de découvrir à quel point notre quotidien est agrémenté dexpressions arabes : le petit café du matin avec un peu de sucre, le verre de limonade dégusté sur le sofa ou sur le divan, la jaquette, la blouse, le jupon, ou encore le mohair, la cotonnade...sans compter le safran, lestragon, la muscade.. Grâce au commerce, les marchands arabes ont introduits en Europe les épices, le coton, les tissus, le papier (précieux support de la vie intellectuelle), ou encore la boussole ou les notions dhygiène.

 Et que dire des multiples apports scientifiques des arabes dans les domaines des mathématiques, de lastronomie et de la médecine ? Pour le musulman, lunivers entier est la preuve de lUnité de Dieu. Allah, dans le Coran, invite le croyant à observer le ciel, les étoiles et toute Sa Création. Il est alors naturel pour le fidèle dexplorer les sciences naturelles, astronomie, physique ou médecine.

  Le génie des arabes est davoir su étudier et traduire les ouvrages des savants grecs,indiens ou chinois en les critiquant et en apportant de nouvelles conclusions. Ce nest que par le biais des ouvrages arabes, traduits en latin, que loccident,à partir de la Renaissance, pourra se lancer dans la grande aventure scientifique du monde moderne. Peut-on imaginer létude des mathématiques modernes, de lalgèbre, sans ladoption de la numération décimale par lhumanité entière ? Déjà, bien avant Copernic, les arabes avaient émis lhypothèse de la rotation de la terre autour du soleil, ils avaient établis des catalogues détoiles et construit des observatoires. Ils connaissaient les mécanismes de la circulation sanguine et avaient abordé les domaines de lophtalmologie, la psychiatrie, la chirurgie...dont les traités de la Renaissance se sont largement inspirés.

 Comment de telles avancées ont-elles été possible ? Plusieurs paroles du Prophète de lIslam nous renseignent : « Létude de la science a la valeur du jeûne,lenseignement de la science celle dune prière », ou encore :« Quiconque part à la recherche de la science agit pour la cause de Dieu jusquà ce quil retourne chez lui ». Ainsi, la ferveur religieuse a engendré lémulation intellectuelle. Dans tout le monde arabe, les enfants, garçons et filles, fréquentent lécole, les bibliothèques regorgent de manuscrits anciens prêts à être traduits. Le butin du vaincu se négocie en ouvrages et traités antiques ! Rien détonnant alors que certains princes occidentaux éclairés, en Sicile ou en Espagne aient été fascinés par le génie arabe, que des croisés ou de simples voyageurs aient adoptés le style de vie de ces arabes si raffinés. Ces monarques, ces pèlerins, ces marchands furent dès lors les vecteurs de transmission de limmense savoir oriental vers la sphèreo ccidentale.

 

On ne saurait étudier aujourdhui lhistoire de lOccident sans rendre compte de lhéritage de la brillante civilisation arabo-musulmane.

 Nous laisserons à Sigrid Hunke le soin de conclure son magistral ouvrage par ces mots «  La haine religieuse et lintolérance ont toujours été les pires conseillères des peuples, leur fomentation lennemi de toute vie et de tout progrès. Que les peuples ne puissent, au contraire, atteindre leur plus grand épanouissement sans des échanges et une considération réciproque, sans louverture de toutes leurs frontières et une amicale concurrence, voilà ce que ne manque pas de confirmer lhistoire étrange (marquée à la fois par la répulsion et lattirance,lhostilité et lenvoûtement) des relations entre le monde musulman et lOccident, relations, qui en dépit de la méfiance et de la haine ont été pou rlunivers un immense bienfait »  

  Source : Oumma.com  

publié par Oumou Hafsa dans: http://abal.qasim.over-blog.com    

 

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