Mus'ab Ibn 'Umayr (compagnon du prophète) » Paix et Amour entre les peuples

 Mus'ab Ibn 'Umayr (compagnon du prophète)

6/10/2007

Mus’ab Ibn ‘Umayr (compagnon du prophète - que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui )

« J’ai vu Mus’ab Ibn ‘Umayr à la Mecque alors qu’il n’avait pas son pareil dans la considération et les faveurs de ses parents. Mais il a tout abandonné pour l’amour de Dieu et Son Messager »
[ Parole du Prophète Muhammad, rapportée par At-Tabarani, Al-Bayhaqî, Al-Hakîm et Abû Nu’aym sans sa Hilya. ] (qu’Allah les agrée) 

Dans les cercles de la jeunesse dorée et raffinée de la Mecque, Mus’ab Ibn ‘Umayr  – que Dieu soit satisfait de lui - passait pour être la vedette et la coqueluche. Sa présence égayait l’assistance et sa compagnie donnait un plus aux soirées mondaines.

Il est vrai que ce jeune homme avait tous les atouts pour plaire. Issu d’une famille noble et aisée de la Mecque, il avait les faveurs de ses parents qui le gâtaient et cédaient à tous ces caprices. On disait à la Mecque qu’aucun jeune homme n'avait été aussi gâté par ses parents autant que le fût Mus’ab.

Toujours élégant, soigné, parfumé, il ne vivait que pour les soirées mondaines et les rencontres joyeuses où il mettait en valeur son charme. L'insouciance marquait la vie de ce jeune homme qui faisait la fierté de ses parents. Toutes les jeunes filles de la Mecque convoitaient son cœur et aspiraient secrètement à le conquérir. On rapporte que lorsque Mus’ab sortait dans les rues de la Mecque, toutes les jeunes filles des familles nobles de Quraysh se mettaient à leur fenêtre dans l’espoir d'attirer son attention. Chacune d’elle rêvait d’être l’heureuse élue.

Comme tous les habitants de la Mecque, Mus’ab avait entendu parler de Muhammad - (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) -  et du message qu’il affirmait recevoir du Ciel. Comme tous les habitants de la Mecque, il connaissait les qualités d’honnêteté et de sincérité par lesquelles se distinguait Muhammad  parmi ses concitoyens. Mais plus que cela, les paroles que Muhammad (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) récitait semblaient avoir une grande influence sur l'esprit du jeune Mus’ab qui découvrait pour la première fois combien était vaniteuse et illusoire la vie qu’il avait toujours menée.

Une véritable transformation s’opéra en lui. Il se mit à fréquenter la maison d’Al-Arqam où le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) se réunissait avec ses premiers compagnons (que Dieu soit satisfait d’eux) en s’imprégnant avidement des paroles que celui-ci prêchait de la part de son Seigneur  - qu'Il soit exalté - . Les versets du Coran agissaient sur son âme qui découvrait sa véritable vocation. Elle répondit alors à l’appel émanant de la Vérité éternelle et entra dans la communion des élus.

Mus'ab (que Dieu soit satisfait de lui)  était devenu un musulman convaincu et un disciple fervent du Prophète (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui). Il ne le quittait plus, s'imprégnant de son comportement moral et spirituel et apprenant de lui la sagesse et les vérités révélées.

L’Envoyé de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) avait, de son côté, beaucoup d’estime pour ce jeune homme à la foi si profonde et à la passion si forte, qui avait tout abandonné pour l’amour de Dieu et de Son Messager, supportant toutes les épreuves et acceptant tous les sacrifices.

En effet, la conversion de Mus’ab ne tarda pas à être connue et particulièrement de sa mère, la tendre mais néanmoins terrible Khunnas Bint Mâlik, dont la forte personnalité imposait le respect et la crainte. Autant cette femme aimait son fils et le gâtait, autant elle était capable de le punir et même de le renier. C’est ce qui arriva malheureusement, en dépit des précautions prises par Mus’ab pour garder sa foi secrète.

Un jour, alors qu’il entrait dans la maison d’Al-Arqam, il fut repéré par ‘Uthmân Ibn Talba qui s’empressa de rapporter la nouvelle à sa mère. Celle-ci entra dans une rage folle et promit de lui faire payer cher son sacrilège s’il ne revenait pas à la religion de ses ancêtres. Elle attendit son retour de pied ferme pour déverser sur lui sa colère. L’âme sereine et le cœur débordant de foi, notre pieux compagnon affronta sa mère et tous les dignitaires de Quraysh en leur récitant les versets du Saint Coran qui mettaient en exergue l’unicité de Dieu et les vérités de l’Au-delà.

La mère de Mus‘ab utilisa en vain tous les moyens de chantage pour le faire revenir sur sa décision. Mais Mus‘ab restait inébranlable. En désespoir de cause, elle l’enferma dans une pièce de la maison et le laissa sans boire et sans manger dans l’espoir qu’il revienne à de meilleurs sentiments vis-à-vis de ses divinités. Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  demeura ainsi jusqu’à l’arrivée du temps de l’émigration en Abyssinie.

Il trompa alors la vigilance de sa mère et de ceux qui le gardaient et rejoignit ses frères dans la foi, en partance pour l’Abyssinie. Il demeura dans cette lointaine contrée, s'adonnant à l’adoration de Dieu jusqu’à ce que le Messager de Dieu le rappela avec ses compagnons. À son retour à la Mecque, il était métamorphosé. Ceux qui le voyaient ne le reconnaissaient plus.

Le jeune homme, élégant et raffiné qu’il était, avait laissé la place à un ascète, vêtu à longueur de journée d’une soutane en haillons, ne se souciant nullement de ce bas monde et de ses plaisirs. Un jour, alors qu’il passait devant le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) et quelques-uns de ses compagnons (que Dieu soit satisfait d’eux), ceux-ci le virent et baissèrent les yeux. Des larmes coulèrent de leurs yeux. L’Envoyé de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) le regarda avec douceur et compassion, puis dit :

« J'ai vu Mus'ab Ibn ‘Umayr à la Mecque alors qu’il n’avait pas son pareil dans la considération, abandonné de tous pour son amour pour Dieu et Son Messager »

Sa mère, qui avait espéré un renoncement à sa nouvelle foi, avait fini par désespérer en le voyant déterminé dans sa foi et sa ferveur. Elle le chassa alors, le déshérita et le renia, pensant ainsi que cette terrible punition allait le faire fléchir. Mais c’était peine perdue car notre pieux compagnon venait de découvrir sa raison de vivre. Certes, il continuait à aimer sa mère et, de ce fait, fit tout son possible pour qu’elle aussi soit illuminée par la Lumière de l'islam et ne soit pas du nombre des égarés. Mais hélas, en dépit de ses supplications répétées, celle-ci demeura aveugle devant la Lumière qui s’étalait sous ses yeux. Ils se quittèrent alors et chacun suivit son destin.

Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  venait de quitter l’aisance et le luxe dans lesquels il vivait. La faim et les privations devenaient le lot quotidien dans sa vie. Mais il avait choisi de son plein gré ce mode de vie et trouvé tout son bonheur. Il avait compensé les privations du corps par l’amour de l’âme pour la beauté divine. Sa foi profonde, sa piété sincère et sa sagesse faisaient de lui un des compagnons les plus proches et les plus estimés du Prophète (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui).

Ce dernier l’aimait beaucoup et admirait sa grande ferveur et son engagement total pour sa foi. Bien qu’il était très jeune par rapport à d'autres compagnons plus âgés et plus éprouvés que lui, c’est à lui que l’Envoyé de Dieu confia la mission, ô combien noble, d’être le premier ambassadeur et le précurseur de l’islam à Yathrib.

En effet, après la première rencontre d’Al-’Aqaba entre le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) et les douze délégués de Yathrib, il fut décidé l’envoi d’un émissaire chargé de prêcher et d’enseigner les préceptes de l’islam aux gens de Yathrib. Notre compagnon fut choisi par le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) pour mener à bien cette mission capitale pour l’islam. Quelques mois seulement après son arrivée à Médine, l’islam avait déjà pénétré la majeure partie des foyers, à tel point qu’à la deuxième rencontre d’Al-’Aqaba, un an après, ils étaient 70 doyens des Ansârs à venir faire serment d’allégeance au Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui).

C’est dans la demeure du compagnon Assad Ibn Zurâra que Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui) s’installa. Avec cet autre illustre chef chez les Ansârs, il parcourait les rues de Médine, rendait visite aux gens, en prêchant la parole de Dieu et en les appelant au Salut. Ses connaissances du Livre de Dieu et des sentences de Son envoyé, ajoutées à sa sagesse et à ses dons d'orateur, firent grande impression sur les habitants de Médine et les subjuguèrent jusqu’aux plus hostiles d’entre eux. C’est ainsi que l’un de ceux-ci, du nom de Usayd Ibn Hudayr, un des maîtres de la tribu des Banû ‘Abd Al-Ashbal, décida de chasser cet intrus venu de la Mecque avec une nouvelle religion pour détourner les gens de Yathrib de leurs croyances ancestrales. Armé de sa lance, le terrible Usayd partit à la recherche de Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  avec la ferme résolution de lui intimer l’ordre de quitter Yathrib et de ne plus y remettre les pieds.

Lorsque les musulmans qui entouraient Mus‘ab virent arriver Usayd, l’air farouche et hostile, ils montrèrent quelques craintes ; notre compagnon les rassura, gardant un air calme et serein, le calme et la sérénité que procurent la foi et la confiance en Dieu. Usayd s’adressa à Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  en des termes qui dénotent une grande hostilité. Il lui dit : « Pourquoi es-tu venu chez nous, trompant et corrompant les plus faibles d’entre nous ?  Va-t-en de notre ville, si tu ne veux pas qu’il t’arrive malheur. »
Et il brandit sa lance en signe de menace. Mais la sérénité de l’ambassadeur du Prophète (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) ne fut nullement affectée par les menaces du terrible Usayd. Il lui répondit imperturbable et le visage souriant : « Ô frère des arabes ! Assieds-toi d’abord et écoute ce que j’ai à te dire. Si mes paroles te plaisent, tu les acceptes, sinon nous cesserons une fois pour toutes de t’importuner. »  Paroles sages et sensées qui suscitèrent l’accord de Usayd. Il dit à Mus’ab  (que Dieu soit satisfait de lui)  : « Tu dis vrai. »  Il posa sa lance par terre et prit place parmi l’assistance. Avant que Mus’ab n’eut terminé son prêche, Usayd était déjà musulman. Les paroles douces et véridiques qui sortaient du coeur de Mus‘ab (que Dieu soit satisfait de lui)  le subjuguèrent et le marquèrent jusqu’aux tréfonds de l’âme. Il s'exclama : « Quelles sont belles et véridiques ces paroles ! Que faut-il faire pour adhérer à cette religion ? »
On lui répondit : « Purifie ton corps et tes habits et témoigne qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu. »

Usayd fit avec une extraordinaire ferveur ce qu’on lui demanda de faire et il revint, mais cette fois-ci le visage souriant et bienveillant, proclamer sa conversion à l’islam. La nouvelle de son adhésion à la foi prêchée par Mus’ab se propagea, telle une traînée de poudre, dans toute la ville. Son exemple inspira d’autres illustres dignitaires de Médine.

Tour à tour, ce furent Sa’d Ibn Mu’âdh puis Sa’d Ibn Ubâda (que Dieu soit satisfait de lui)  qui vinrent proclamer leur conversion, suivis par de nombreux autres habitants de Yathrib. Quelques mois après, la lumière de l’islam illuminait toute la ville de Yathrib, devenue depuis Médine l’Illuminée.

Et les jours passèrent... L’islam triomphait partout et gagnait les coeurs et les âmes grâce à des hommes de la trempe de Mus’ab Ibn ‘Umayr  . Après Badr et la victoire éclatante des musulmans contre les païens qurayshites, la bataille de Uhud donna lieu à une autre confrontation entre le bien et le mal, entre la vérité et l’aveuglement.

Ce jour-là, de nombreux compagnons tombèrent martyrs sous les coups des païens. Parmi ces bienheureux, notre saint homme Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  donna un bel exemple de sacrifice pour la foi. Avant le début de la bataille, le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) lui confia l’étendard, en reconnaissance de sa bravoure et de son engagement, ceci représentait bien sûr tout un symbole et cela était un grand privilège d'être celui qui, à travers la Chahada brodée sur le drapeau, portait la vérité sur le champ de bataille.  Mus’ab, conscient de cette responsabilité, se surpassa ce jour-là en luttant comme un lion, tenant d’une main l’étendard confié par le Messager de Dieu, et de l’autre, son épée qui donnait du fil à retordre.

En effet, lorsque la panique s’empara des musulmans et que certains d’entre eux s’enfuirent, notre compagnon fut de ceux qui restèrent fermes autour du Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui), faisant de leur corps un bouclier pour le protéger. Il dut alors subir les assauts acharnés des infidèles qui voulaient arriver jusqu’au Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) pour le tuer. Mus'ab (que Dieu soit satisfait de lui)  reçut un premier coup qui lui trancha la main qui tenait l’étendard. II retint sa douleur et se mit à proclamer à la face de ses ennemis : « Muhammad n’est qu’un Messager. D’autres messagers sont venus avant lui... »

Il prit l’étendard de l’autre main, mais un autre coup la lui trancha elle aussi. Il tint alors l’emblème avec les moignons de ses bras et le serra contre sa poitrine en répétant les mêmes propos. Un coup de lance l’atteignit et il tomba par terre avec l’étendard. Une fois la bataille terminée, le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) et ses compagnons (que Dieu soit satisfait d’eux) se mirent à sillonner le champ de bataille à la recherche de leurs martyrs. C’est alors qu’ils virent le corps de Mus’ab (que Dieu soit satisfait de lui)  étendu sur le sable, les mains tranchées, serrant contre lui l’étendard de l’islam que lui avait confié l'Envoyé de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) et qu’il refusait de lâcher même dans la mort. Ils pleurèrent tellement à la vue de ce spectacle émouvant que leurs larmes mouillèrent le corps du martyr.

‘Abd Ar-Rahmân Ibn ‘Awf (que Dieu soit satisfait de lui)   dira : « Lorsque nous cherchâmes à ensevelir Mus’ab, nous ne trouvâmes pour lui servir de linceul qu’une courte cape, tellement courte que lorsque nous lui couvrions la tête, ses pieds apparaissaient et vice versa. »
A la fin, le Messager de Dieu (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) leur dira : « Couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds des plantes de l’idhkhir. »
Ensuite, les yeux pleins de larmes, il regarda avec tendresse son compagnon martyr et lui dit en guise d'adieu :  « Je t’ai vu à la Mecque portant les plus beaux habits, la chevelure bien entretenue, et te voilà maintenant enseveli dans une grossière cape, la tête ébouriffée. »
Il (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) ajouta : « Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au serment fait à Dieu »
À la fin, il (que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui) s’adressa à ses compagnons (que Dieu soit satisfait d’eux) rassemblés autour de lui et leur dit : « Ô gens ! Rendez-leur visite dans leur tombe et saluez-les. Par celui qui tient mon âme en Sa main, il n’y a pas de musulman qui les salue, jusqu'au jour de la Résurrection, sans qu’ils ne lui rendent son salut. »

Depuis ce jour, le corps béni de notre compagnon repose dans la terre de Ubud, là où il s’est si bien distingué par son courage, son héroïsme et son sacrifice pour la cause de l’islam.

Source : http://www.sajidine.com   

 

 

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