Culture:Luxe pour les Arabes;ou culte pour les musulmans » Paix et Amour entre les peuples

 Culture:Luxe pour les Arabes;ou culte pour les musulmans

10/12/2007

 Culture: luxe pour les Arabes, ou... culte pour les musulmans

 

«La culture, disaitHerriot, c'est ce qui reste après avoir tout oublié».

Cequi laisse supposer que l'humanité entière est créée pour vivre en

état, mais aussi dans un état de culture en tant que capital humain.

Ceci est confirmé par le Saint Coran : Lis au nom de TonDieu»(1).

 

Par Mohammed Guetarni *

     Certains penseursont tenté d'opposer Culture et Civilisation. Cette dernière (civilisation), entantque progrès intellectuel et technique, est un ensemble de procédés d'action employés sur(mais non contre) la nature au moyen de machinisme pour l’exploiter etl'adapter aux besoins de l’Homme, tout en la préservant.

    Pour d'aucuns,la culture relève du spirituel et/ou traditionnel de la vie so­ciale. Or, laculture est un tout organique. Dresser des frontières entre elles Culture etCivilisation) ou tenter de les cloisonner n'est pas chose aisée, tellement elles sont inhérentes l'une à autre. Exemple: la civilisation païenne,musulmane, occidentale, voire mécanicienne.Si la culture est un tout organique,la Science, quant à elle, est un savoir organisé qui nécessite un capitalcognitif important. Pour Boutroux : «L’espritscientifique n'est pas quelque chose du tout fait ou de donné, mais il se forme à mesure que la sciencese crée et progresse» (2).

    Notons que l'espritscientifique a plus besoin de comprendre que de connaître. C'est en sommel'esprit positif qui refuse les «a priori» et les «a peu près». Il repose sur laprécision d'une connaissance objective. C'est pourquoi il est impératif, denos jours, de réhabiliter les hommes du Savoir et exclure les incultes, voire les analphabètes des postes de grandes décisions qu'ils occupentindûment. Parce que l’intellectuel est le véritable levier sur lequelreposenttoutes les chances de réussite nationale, à savoir : sociale, économi­que, culturelle etmême politique. L’avenir, voir la survie de notre société est directementtributaire du développe­ment d'un Savoir capable d'assurer une flexibilitéd'esprit, et donc d'endiguer toute forme de rigorisme austère qui empêche la sociétéd'évoluer et de sui­vre la marche du temps.

  Les pays qui ontatteint le degré ac­tuel de technologie ont mobilisé le sa­voir pour en faireune seconde religion. La culture est une dynamique qui fait bouger la société etla met en valeur. Le rôle des experts est d'une importan­ce vitale pour l'ensemble de lasociété. Lesdécisions, lorsqu' elles sont concer­tées conjointement par les décideurs et les experts, sontréellement des «macro­décisions» réfléchies et justifiées en ce qu'elles permettentau pays d'avancer sur un terrain ferme. Elles sont à même de décloisonner les différentesstrates du pouvoir et doterles décideurs d'outils scientifiquesfiables au profit du bien-êtresocial. De ce fait seule la con­jugaisonrationnelle du Savoir et de la Ressourcehumaine peut garantir la prospérité,à la fois pour la génération présente et la postérité.

   L’interventiondes partis politiques, aussi entreprenants et actifs soient-ils, ne peut avoir unrôle déterminant sans l'action effective de la Science et de ses détenteurs. Ledevenir de la nation, voire de l'humanité entière, en dépend. Notre société nepeut évoluer sur les plans temporel et spirituel que si elle est consolidée parune bonne Culture.

Elle pourra alors, cesser d’êtreune masse informe (ou, selon l'expression populaire, un simple «ghachi») pour devenir une société organisée à l'ins­tar des sociétés développées. Au temps du Prophète (QSSL), la société musul­mane était très organisée parce que soudée. C'estpourquoi II a dit: «La sociétémusulmane est comme un corps humain:si un membre est malade, tout le corps souffre de la fièvre».

QU'EN EST-IL AUJOURD'HUI ?

La crise que vit actuellement la nation arabe est que ses diri­geantsaccordent ta prééminen­ce auxobjectifs idéologiques - (nous sommes presque enclins à dire «idio-logiques») - sur lesquels reposent leurs systèmes respectifs plutôt que sur une action intellectuelle concertée. Celle-ci est considérée par nombre de régi­mes arabes comme une forme de ré­bellion contre le Pouvoir car elle com­porte en elle une volonté de change­ment, donc une menace. Ce qui expli­que,en partie peut-être, le contrôle draconiendes activités intellectuelles par lesPouvoirs en place.

Cependant, priver un corps social du renouvellementintellectuel, cela re­vient à priver un corps vivant de l'oxy­gène. Il y a, à lafois, dépérissement de l'Etat et étiolement de la société. C'est une des raisons qui explique l'exode massif de l'élite intellectuelle

arabo-musulmanevers l'étranger (l'Occident, en particulier)à la recher­che de la liberté depenser.

  Notre nation reste privée,hélas, des bienfaits de la technologie que con­naissent les autres pays développés etémergents.Ce qui justifie la stagna­tion économique, et donc la régression sociale et surtoutculturelle. Le mon­de musulman n'a pas participé aux inventionstechnologiques depuis plus de sept siècles. Depuis la chute de Gre­nade, notre nationa connu un vide culturel abyssal.

Une politique fondée sur la science, en tant qu'uniquevaleur capitalisée, produit de la richesse, donc de la pro­ductivité. Tandisque celle motivée par la seule rente pétrolière est, en soi, une politique d'échec.

Nous autres musulmans, sommes-nous inaptes ouallergiques au progrès ? Bien sûr, que non, si certaines condi­tions sont réunies.Le développement comme le sous-développement sont af­faire de systèmes politiques. Certes,tout système,dans le temps et dans l'espa­ce, comporte des gènes vicieux parce qu'il est composéd'hommes soucieux de préserver leurs privilèges personnels. Mais faut-il que ce système soit com­posé d'un staff compétent capable d'éluder des crises qui peuvent éven­tuellement surgir. Ce qui donnera,- à coup sûr, des résultats probants qui sa­tisferont tout le monde, gouvernants et gouvernés à court et moyen termes.

Cette situation n'augure aucun ave­nir. Le sous-développementet la situa­tion actuelle de dépendance (pétrole contre nourriture) ne sont pas une fa­talité.Mais devrait-on rappeler, aussi, que les politiques fausses et menson­gères engendrentl'échec. Alors, nos dirigeants ont-ils suffisamment d'esprit nationalistepour sacrifier leurs intérêts personnels au profit de l'intérêt de la nation qu'ilsdirigent ? Pourront-ils rem­placer cette politiques de douleur (hogra, cherté de la vie, harraga, qui payent parfois de leur vie pour attein­dre d'autres rivages dont ils rêvent..) par une politique de bonheur où tous les Algériens se sentent des Algé-Rois parce qu'ils sont chez eux et fiers d'y être ? l’avenir répondra. Terminons enfin cetteréflexion par cette belle pensée deVoltaire: «Un gou­vernement sage(est un gouvernement)  où le prince, tout-puissant pour faire du bien, a les mains liées pour faire le mal, oùles seigneurs sont grands sans insolence,sans vassaux et où le peu­ple partage le gouvernement sans con-. fusion». Dans un pareil système, le chef  suprêmen'est pas un guide mais un arbitrede la nation. Il appartient à nos gouvernants de méditer la teneur mo­rale de cette réflexion pour mieux ser­virleur société sans se servir, dans l'uniqueespoir, après leur mort, d'être trèsbien servis le jour du Jugement Dernier.C'est ce que j'appelle.. « réussir sa vie » (sans jeu de mots).

* Docteur eslettres, Université de Chlef

1) Soura 96,Verset 1.

2) Citépar Armand Cuvillier in «Nouveau Précis de Philosophie» (La Connaissance), Ed. Armand Colin. 1969, p. 207.

 

Source :http://www.lequotidien-oran.com  

 

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