La vie de l'imam Boukhari » Paix et Amour entre les peuples

 La vie de l'imam Boukhari

14/8/2009

LA VIE DE LIMAM BOUKHARI (R.A)
 (Hidjri 810-870)


     Il est trois heures du matin. Des myriades d
étoiles scintillent dans le firmament. Un lourd Silence plane sur la grande Cité de Bukhara. Toute la création dAllah sommeille. Cependant lépouse dIsmaël, qui est un riche commerçant, prie. Comme à laccoutumée, elle vient juste de terminer la lecture du Saint Coran en deux rakats et ses mains levées vers le ciel implorent la faveur du Tout Puissant pour que son fils, frappé de cécité, qui dort à son côté, recouvre la vue. Les larmes ruissellent sur ses joues et elle prononce ces mots

       «O Allah I Si vous rendez la vue à mon enfant, je m
engage solennellement à linitier dans votre voie et à lui apprendre le Saint Coran et les traditions (Hadiths) par coeur et il les enseignera aux autres.»
Le jour suivant, le Tout-Puissant exauça les prières de l
épouse dIsmaël et lenfant recouvra la vue. Tout te monde parla du miracle du Saint Coran et bon nombre dincroyants se convertirent à lIslam. Quand cet enfant de 4 ans devint adulte, il maîtrisa les traditions et il fut le maître des «Mohaddiçînes» (Ceux qui enseignent les traditions). Il se nommait Mohammad Bin Ismaël Boukhari (R).


      L
Imam Boukhari (RA) avait vu le jour au crépuscule dun lundi 12 Chawwâl (19 juillet 810). Ce fut également un lundi 12 Rabi - Awwal que notre Saint Prophète (saw) naquit. Ce qui incita le père de Boukhari à lappeler Mohammad. Il était le cadet de la famille. Son frère aîné sappelait Ahmad. A lâge de six ans, Imam Boukhari (RA) apprit le Saint Coran par coeur par lentremise de sa mère. Il maîtrisa la récitation du Saint Coran et nul ne put en faire autant dans toute la cité. Il reçut ses premières leçons religieuses de son père, qui fut aussi en son temps un érudit. Imam Boukitari (RA) écrivit dans son livre Tarikh-Kabir que son père fut lélève de Hazrat Abdullah-Bin Mubarak (RA), lui-même le disciple de Allamah Ibn Ahmed Bin Youssouf Albekandi.
Imam Bukhari (RA) était doué d
une mémoire remarquable. A peine âgé de 14 ans, il avait appris dix mille hadiths par coeur. Les étudiants qui apprenaient les traditions à Bukhara shabituaient à le suivre comme sil sagissait dun éminent maître. Dailleurs, des personnages distingués venaient sinformer auprès de lui de ce que préconise la jurisprudence islamique concernant certains problèmes spécifiques.

Quand Imam Bukhari (RA) fut âgé de 17ans, Sa mère se décida à faire un pèlerinage (Hajj) en compagnie de ses deux fils. Après un voyage pénible de plusieurs jours, ils arrivèrent à Hedjaz où ils sacquittèrent de leurs devoirs religieux. Ensuite, ils se rendirent à Médine (Madina Shariff)pour se recueillir sur la tombe de notre Saint Prophète(saw)
Peu après, notre Saint Prophète (saw) apparût en rêve à Imarn Bukhari (RA) et lui ordonna de ne pas quitter Médine. Il y resta donc tandis que Sa mère et son frère retournèrent à Boukhara.
A cette époque, il y avait un institut, fondé par Hazrat Imam Malik. Ce dernier y avait réuni les traditions et y avait écrit un livre intitulé «Muatta». C
est là que Imam Châfii (R) avait appris les traditions de Hazrat Imam Malik. Cest aussi là que Imam Ibné Kasir avait complété ses études et avait mis le point final à son «Tafsirt~Coran». De même, Hazrat-Sufian Thauri et Hazrat Fazal BinAbbas y avaient terminé leurs études et sen étaient allés propager lIslam aux quatre coins du globe. Or, Imam Bukhari (RA) dut passer au même institut pour parfaire sa connaissance. Les maîtres dalors étaient Imam Abou Al Walid et Allama Houmeidi. Imam Bukhari apprit les traditions de ces deux précepteurs et quelques unes de lImam Ahmad bin Hambal.
Après y avoir complété ses études, il s
en alla à pied à Basra, à Kufa, au Yémen, en Egypte et en Syrie doù il recueillit les traditions de personnes dignes de foi et lettrées. Il maîtrisa plusieurs livres traitant les sujets les plus divers et il les apprit par coeur. Quant aux traditions, il était exceptionnel; il retint de mémoire quelque cent mille traditions et la perfection de ce don merveilleux résidait dans le fait quil se souvenait non seulement du nom de chaque narrateur, mais aussi du jour et de la date de chaque récit. A cette époque, personne ne put légaler dans toute lArabie et La Perse. Quand le «Khatib» (celui qui prononce le sermon le vendredi) écrivit lhistoire de Baghdad, il fit mention dans son livre que tout le monde des lettres le considérait comme le plus éminent professeur des traditions.
Hazrat Imam Boukhari (RA) relate qu
il avait vu en rêve que notre Saint Prophète (saw) sasseyait et quil (Imam Boukhari) empêchait les mouches de sapprocher de lui. Le jour suivant, il senquérit auprès des gens quant à la signification de son rêve et on lui révéla quil allait mettre un terme aux fausses narrations des traditions ayant trait à notre Saint Prophète (saw).Quand il eut compris le sens de son rêve, il sattela courageusement à réunir les traditions.

Après quinze ans de dur labeur, Hazrat Imam Boukhari (RA) acheva la collection des traditions, qui est mondialement reconnue comme Sahîh Boukhari. Ce recueil est considéré comme étant le plus exact. Il est classé juste après le Saint Coran sur le plan de la valeur. Il était dans les habitudes de lImam Boukhari dobserver le jeûne, de prendre un bain et de faire deux rakats nafil (prière facultative) avant de se mettre à écrire chaque Hadith et avant de le consigner dans Sa collection. Toute précaution a été prise lors de cette compilation. Il est dit que Imam Boukhari (RA) durant son sommeil avait lhabitude de recevoir la confirmation de lauthenticité de chaque tradition de notre Saint Prophète (saw) dans son rêve. Le «Boukhari Shariff» a été traduit en 55 langues internationales.
Boukhari Shariff comprend 9282 traditions. Une fois complété, Boukhari Shariffavait été soumis à l
Imam Hambal et à Hazrat Yahyah bin Mayin et à dautres autorités incontestables en hadiths pour approbation. Ils lapprouvèrent tous sans réserve et lapprécièrent même. lmam Boukhari (RA) compila toutes les traditions vérifiées et correctes de 90 000 personnes. En ce qui concerne son exactitude, il est le livre qui commande le plus dautorité dans tout le monde islamique. Le manuscrit de ce livre avait été écrit au Haram Shariff. Les présentes dispositions et descriptions des traditions telles quelles se présentent dans le livre, furent préparées entre la tombe de notre Saint Prophète (saw) etle Mimbar-Nabwî.

Voici une liste de personnes ayant narré les hadiths à Imam Boukhari (RA) et le nombre de leurs contributions Abou Horeira (R) 446, Hazrat Anas (R) 268, Hazratlbné Oumar (R) 270,Razrat Ibné Abbas (R) 217, Hazrat Ayesha (R) 42, HazratQomar (R) 60, Hazrat Ah (R) 49,Hazrat Abou Bakar (R) 22, Hazrat Osman (R) 9,Hazrat Abou Sufyan (R) une et les «Sahabiyat» 73.
Une personne pieuse vit notre Saint Prophète en son rêve. Elle fut comblée de joie et pria le Saint Prophète (saw) , de lui montrer le livre qui l
édifierait. Le Saint Prophète (saw) y répondit par une exhortation à lire son livre. Le croyant demanda au Saint Prophète «quel est votre livre» ? Le Saint Prophète répondit «Sahîh Boukhari». Cela démontre la grandeur du livre et la place que tient lauteur dans la jurisprudence islamique.

Le monde islamique se doit à 1Imam Bukhari (RA) pour son travail de compilation remarquable. Il en fit une science dont il a établi les règles. En sus, il a écrit un autre livre dont le titre est «Târikht-Kabir» ou «La grande histoire». Il y explique comment reconnaître le vrai narrateur de traditions. Ce livre fut traduit de lArabe en Allemand en 1830 à Munich (Allemagne). Imam Boukhari (RA) avait écrit un livre «Kitab-ul-Kunni» dans lequel il avait inclus les noms et les statuts des narrateurs de hadiths. Il écrivit également «Kitab-Ul-Zoafa» en vue de souligner comment déceler la fragilité de certaines traditions. Il réglementa en outre, la narration de chaque tradition, sil éprouvait du scepticisme envers quelquun, il refusait son écrit. Il se passa ainsi de 10 000 traditions. Dailleurs, il avait écrit plusieurs livres traitant de divers sujets ayant trait aux traditions.
Boukhari Shariff est enseigné de nos jours encore comme texte scolaire dans beaucoup de «madressa» même hors de l
Arabie. A Médine, une nuit, Imam Bukhari(RA) vit le Saint Prophète en rêve, qui lui ordonna de se rendre à nouveau à Bukhara pour propager lenseignement des Hadiths. Ayant habité 20 ans à Médine, et âgé de 42 ans, il regagna Bukhâra où toute la cité sétait réunie pour laccueillir malgré le fait que presque un quart de siècle sétait écoulé depuis son départ. Ses parents étaient déjà décédés. Son frère lui remit 180000 dinars - léquivalent de sa part léguée par ses parents. Il investit intégralement le montant dans la construction dun bâtiment qui abrita une université où la science des Hadiths était enseignée aux étudiants perses, chinois,turques et aux autres nationalités. Après avoir complété la classe terminale denseignements des Hadiths, les élèves recevaient leurs diplômes et ils étaient connus comme «Mohaddiçînes».Grâce à ses efforts et à sa sincérité, Boukhâra devint un centre denseignement islamique reconnu notamment pour la science des hadîths. Quelques 92000 étudiants apprirent la science des hadith de llmam Boukhari.
Les élèves les plus renommés de l
imam Bukhari (RA) furent Hazrat Imam Muslim(décédé en 261 AH), Imam Tirmizi (décédé en 297 Huri), Imam Nisai (décédé en306 Huri), Irnam Darmi, Imam Àbôu Daoud et lmam Mâja. Ils étaient tous des auteurs de hadiths authentiques. En un mot, Imam Boukhari (RA) répandit la science des Hadiths à travers le monde dune façon exceptionnelle et efficace.

Le nouveau gouverneur de Boukhara, à cette époque, était Khalid bin Ahrnad Il était méchant et tyrannique. Il commença à opprimer les intellectuels musulmans. Imam Boukhari (RA) s'efforça, de son mieux, de le mettre sur le droit chemin mais il ne l'écouta point. Par contre il somma Imam Boukhari (RA) de quitter Boukhara. A contre-coeur, ImamBoukhari (RA) se rendit à une petite ville dite Khateng à proximité de Samarkand. Il commença à y enseigner les Hadiths. En peu de temps, la petite ville se fit une grande popularité. Les intellectuels musulmans du monde entier commencèrent à se rendre à Khateng en vue d'apprendre les traditions. La ville se fit également une réputation dans le domaine des enseignements Islamiques surtout pour ce qui est de la science des Hadiths.
Hazrat Imam Boukhari (RA) était un bel homme. Il était svelte et de stature moyenne. Son front était large et il avait de grands yeux, sa barbe était semblable à celle des habitants de Boukhara. Doué d'une voix impressionnante, sa rhétorique en Arabe était remarquablement efficace. Son allure démontrait sa grandeur et son érudition. Dès sa prime enfance, il passa des nuits blanches à prier. Cette vertu augmenta dans ses vieux jours.
Tandis que les musulmans célébraient joyeusement la fête d'Eîd-Ul-Fitr, le soleil de la science, qu'était l'Imam Boukhari (RA) s'éteignit à l'age de 60ans en exil à Khateng, faubourg de Samarkand, le 29 Ramadhan 256 (31 août 370)(Inna Lillahi, Wàinna Ilayhi radji-oûn). Avant de rendre le dernier souffle de la vie, il dit à un de ses amis «Considérez le temps qui vous reste à vivre comme étant inestimable et veillez à ce que vous le passiez à prier ; de peur que la mort ne vous frappe, j'ai vu bon nombre de personnes bien portante sexpirer brusquement.»
Le fondateur de la science des traditions (hadiths) quitta ce monde où chaque mortel séjourne pour quelque temps, laissant derrière lui ses oeuvres qui dureront jusqu'au jour de la Rétribution.

«Sois dans ce bas monde, comme un étranger, ou un passant
Coran 81 - 3

«O Dieu, il n'y a d'autre vie que celle de l'Autre Monde.»
Coran 81 - 1(2)

Traduit par M. Anwar Toorabally

Extrait du site : http://www.islam-fraternet.com  

 

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