De l'Internet à l'Inter colonie
Par HARUN YAHYA
Les programmeurs prennent l'abeille de miel comme
modèle
La hausse
croissante du niveau d'achat sur Internet conduit à un nombre de problèmes
importants. Le comportement de l'acheteur peut varier par rapport aux
expectatives générales, comme il peut varier d'un acheteur à l'autre. Par
conséquent, les sociétés qui gèrent les serveurs peuvent se trouver confrontées
à une précipitation inattendue de la part des consommateurs sur les serveurs de
ventes en ligne. (Serveur : un ordinateur dans un réseau qui stocke des
programmes d'applications et des fichiers de données accessibles par les autres
ordinateurs dans le réseau)
Les experts de
l'Université d'Oxford et de l'Institut de Géorgie de Technologie travaillent
ensemble pour développer des technologies pour gérer cet embouteillage. Les
chercheurs prennent comme modèle à émuler celui d'une communauté dont la
circulation a déjà été effectivement réglée, à savoir le comportement des
colonies d'abeille. Celui-là est imité par les technologies visées pour
soulager le fardeau sur les serveurs pendant les moments de surcharge.
Les montées
brusques du nombre d'opérations d'achat ou d'échanges en Bourse, ainsi que les
hauts et les bas de ventes en ligne représentent une difficulté majeure pour
les sociétés qui gèrent les serveurs. Pour maximiser leurs profits, ces
sociétés doivent contrôler leurs ordinateurs en permanence,et intervenir
rapidement, pour les adapter au niveau de la demande.
Cependant, si
le fait de télécharger une simple demande à partir du Web sur l'ordinateur
constitue un handicap, la commutation entre les demandes, quant à elle, conduit
à une interruption obligatoire de 5-7 minutes pour reconfigurer l'ordinateur.
Autrement dit, elle aboutit à des pertes.
Par analogie,
nous pouvons penser qu'un problème semblable pourra surgir au niveau des tâches
effectuées par les abeilles. Nous savons que la qualité des fleurs varie. Donc,
nous pourrions penser que des décisions du genre, combien d'abeilles devraient
être envoyées à chaque variété, ou combien de temps devraient-elles y passer,
pourrait représenter un problème pour la colonie d'abeille qui souhaite
maximiser le taux de collecte de nectar. Mais,grâce à leur système de travail
performant, les abeilles sont capables de faire face à ces questions sans
aucune difficulté.
Environ 20% des abeilles d'une ruche collectent le
nectar.Leur rôle est d'errer entre les fleurs et de rassembler autant que
possible de nectar. Quand elles retournent à la ruche, elles remettent leurs
charges aux abeilles stockeurs de produits alimentaires. Ces dernières
s'occupent de l'entretien de la ruche et du stockage des aliments. Ces abeilles
stockent,alors, le nectar dans les rayons de miel. Les abeilles collectrices du
nectar sont aussi aidées par leurs collègues pour décider de la qualité des
fleurs.L'abeille attend pour voir combien de temps ça prend pour trouver une
abeille stockeur libre. Si cette période d'attente s'avère longue, cela
représente un indice pour l'abeille collecteur que sa fleur n'est pas d'une
qualité supérieure, et que d'autres abeilles ont pour la plupart effectué des
recherches plus réussies. D'autre part, si cette situation se répète avec un
grand nombre d'abeilles stockeurs, la probabilité que cette charge provient
d'une fleur de qualité supérieure augmente.
L'abeille qui
se sert de cette information décide si la qualité de sa fleur vaut la peine
d'en déployer d'autres efforts ou non. Si l'abeille décide de continuer, elle
présente sa danse d'agitation célèbre pour que les autres abeilles la suivent.
La durée de cette danse montre jusqu'à quel point cette fleur peut être
rentable.
Sunil Nakrani
de l'Université d'Oxford et Craig Tovey del'Institut de Géorgie de Technologie
ont adapté la stratégie des abeilles au problème des fournisseurs Internet.
Chaque serveur assume le rôle de l'abeille collecteur du nectar, et chaque
demande représente une variété de fleur. De cette façon, les docteurs Nakrani
et Tovey ont développé un logarithme de l'abeille de miel pour le serveur
Internet "la ruche". (Logarithme:une séquence d'opérations logiques
qui ont pour but de résoudre un problème qui peut être traduit par un logiciel
informatique)
L'hôte exécute
la tâche, que les abeilles effectuent par la danse,en produisant une annonce et
en l'envoyant aux autres serveurs dans la ruche.La durée de cette annonce
reflète l'importance et la rentabilité probable des clients contactant le
serveur. Les autres serveurs lisent l'annonce et se comportent comme les
abeilles ouvrières qui suivent les instructions de la danse. En prenant en
considération l'annonce, ainsi que leurs propres expériences d'analyse, ils
décident s'il faut substituer, ou non, les clients qu'ils sont en train de
servir par les clients que le serveur, qui a envoyé l'annonce, sert.
Les docteurs
Nakrani et Tovey ont comparé le logarithme de l'abeille de miel, qu'ils ont
développé, avec le logarithme "avide"utilisé actuellement par la
plupart des fournisseurs Internet. Le logarithme avide planifie le présent en
fonction des résultats réalisés dans le passé. Il divise le temps en périodes
déterminées, et il répartit les serveurs aux clients pendant une période
quelconque selon l'entente la plus rentable qui a été conclue pendant la
période qui a précédé celle-ci.
Les chercheurs
ont révélé qu'aux moments où la circulation était fortement variable, le
logarithme de l'abeille de miel se montrait performant 20% plus que le
logarithme avide. Il sera donc possible d'étendre les serveurs travaillant
selon le logarithme de l'abeille à miel dans le futur proche. En ce moment, il
sera plus approprié de se référer à Internet comme une intercolonie.
Cette étude,
effectuée par des scientifiques, montre, avec l'analogie la plus appropriée,
que les solutions les plus rationnelles se trouvent dans la nature. Le problème
auquel faisait face les serveurs sur Internet est très semblable à celui qui a
été réglé par la colonie d'abeille.En effet, la réussite de l'étude, réalisée
en appliquant le modèle de colonie d'abeille, en est la preuve.
Mais, d'où
provient la solution offerte par les abeilles aux programmeurs ? Bien que les
programmeurs puissent se servir du comportement des abeilles de modèle, les
abeilles elles-mêmes n'ont pas une telle possibilité.Ceci revient au fait que,
l'imitation des programmeurs d'abeilles soit le produit d'un processus basé sur
le discernement et la pensée consciente, tandis que, les abeilles n'ont pas une
telle capacité pour réfléchir.
Nous savons que
la résolution du problème nécessite l'intervention. Pour intervenir il faut,
tout d'abord, être conscient du problème. Il faut, ensuite, analyser les
facteurs déclenchant le problème, et ce en déterminant leurs effets sur le
problème lui-même, ainsi que l'effet de chaque facteur sur l'autre. Finalement,
il faut pouvoir choisir parmi les solutions diverses qui se présentent.
Evidemment, un
tel processus de résolution de problème ne peut avoir lieu dans une colonie
d'abeille formée de 20 à 50 mille membres.Toutefois, nous croyons qu'il existe
une seule explication raisonnable sur la manière dont tant d'êtres vivants
économisent de l'énergie en mettant en oeuvre la stratégie la plus efficace de
collecte de nectar, bien que l'on s'attende normalement à voir le chaos et la
confusion.
La connaissance
du problème par la colonie d'abeille, ainsi que sa solution, sont l'oeuvre d'un
Créateur omniscient. Il n'y a aucun doute que c'est Dieu, le Créateur des cieux
et de la terre, et de tout ce qui se trouve entre eux, qui a créé la colonie
d'abeille. La stratégie appliquée dans la colonie d'abeille n'est que le
produit de l'inspiration de Dieu.
D'ailleurs,
Dieu le mentionne dans le verset suivant :
[Et voilà] ce que ton Seigneur révéla aux abeilles
:"Prenez des demeures dans les montagnes, les arbres, et les treillages
que[les hommes] font. Puis mangez de toute espèce de fruits, et suivez les
sentiers de votre Seigneur, rendus faciles pour vous." De leur ventre, sort
une liqueur, aux couleurs variées, dans laquelle il y a une guérison pour les
gens. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui réfléchissent. (Coran, 16 : 68-69)
1- "Honey bees andinternet optimisation", The Economist, 15 avril 2004