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 politique

4/1/2008

Le troisième mandat ou le mandat... habituel ? *

par Adelhamid Mehri

Depuis l'indépendance, àtoutes les étapes décisives et graves qu'a connues le pays, l'usage s'estinstallé pour penser l'Algérie en tant que Présidence et de reporter oud'éviter carrément de la penser en terme d'Etat.

La réflexion sur la Présidence, elle même, est davantage centrée sur lapersonne du Président plutôt que sur l'Institution Présidentielle. A toutes lesétapes nous choisissions un Président, ou, pour être plus précis, on nousprésente un Président, en la personne de qui nous plaçons tous nos espoirs, àqui l'on confie tous nos problèmes, en qui l'on découvre des qualités quijustifient la confiance portée en lui, en ses capacités et sa sagesse. Des voixs'élèvent alors, par conviction ou conformisme, pour appeler à son élection ouà sa réélection. Mais le mandat du Président ainsi investi de notre confiances'achève en règle générale, dans un flot d'accusations et de critiques. Desvoix s'élèvent alors, par conviction ou par conformisme, pour lui faireassumer, seul, la responsabilité de l'impuissance, des erreurs, du marasme, desdéviations et des dépassements qui ont eu lieu dans le pays au cours de samagistrature.

Telles sont les caractéristiques, à de rares exceptions près, qui ont marqué leparcours et le destin de la plupart de ceux qui ont assumé la responsabilité dela première charge du pays. Certains de ces hommes sont partis dans un silencerelatif, d'autres ont laissé leur vie en guise de fin de mandat. Durant toutesces étapes décisives et graves, les voix des opportunistes sont celles quis'élèvent le plus haut, qu'il s'agisse des campagnes de glorification ou decelles de dénigrement. Dans toutes ces étapes, l'on constate systématiquementl'absence de tout débat sérieux sur l'évaluation du système de pouvoir établidepuis l'indépendance, de ses institutions, des programmes et des politiquessuivies durant l'étape précédente dans la gestion du pays. Ou, plus justement,ce débat est délibérément éludé.

Si nous avions mené ces débats, nous aurions pu identifier les causes réellesde l'impuissance, des erreurs, du marasme, des déviations et des dépassementssubis par notre pays.

Si ces débats avaient pu être menés, l'on se serait rendu compte que la partnégative qui revient aux hommes qui se sont succédé à la Présidence estpeut-être moins importante - que leur apport positif aurait pu être plus grand- si le système de pouvoir à la tête duquel ils ont été placés reposait sur desstructures saines et si ses institutions exprimaient réellement la volonté dupeuple. Autrement dit, si ces structures et institutions étaient démocratiques,et effectivement représentatives et efficientes.

De nombreuses voix commencent à s'élever aujourd'hui, par conviction ou parconformisme, avec les mêmes méthodes et les mêmes approches politiquesantérieures, pour appeler le président de la République, le frère AbdelazizBouteflika, à se porter candidat pour un troisième mandat. Comme si l'Algérien'avait besoin aujourd'hui de rien d'autre que de perpétuer la situationactuelle que tout un chacun connaît et sur laquelle je n'éprouve pas lanécessité de m'étendre. La majorité des Algériens s'en plaignent ou subissentamèrement. Ma conviction est que la prolongation du mandat du Président sanschangement radical du système de pouvoir conduit le pays, au minimum, à uneimpuissance plus marquée à résoudre ses problèmes et à faire face aux grandsdéfis qui l'attendent à l'intérieur et à l'extérieur. De même quel'intronisation d'un nouveau Président, quelles que soient ses qualités, sanschangement radicale du système, conduira aux mêmes résultats.

Cette problématique est fondamentalement celle qui a dicté l'appel que j'aisigné avec les frères Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche, au mois deseptembre dernier et que certains ont qualifié d'initiative. En réalité, ils'agissait, en plus, d'une invitation à l'initiative adressée aux responsableset aux citoyens, individus et organisations et à tous ceux qui croient enl'impérieuse nécessité d'un changement démocratique et en la nécessitéd'appeler à ce changement et d'agir pour le réaliser. Le problème central quise pose aujourd'hui n'est pas, simplement, le choix d'un homme, capable derésoudre les problèmes du pays. Mais l'édification d'un système de gouvernementqui donne à tous les Algériens la possibilité d'apporter leurs contributions àla solution de ces problèmes.



*Ce texteest une déclaration signée hier par l'auteur et remise à la presse.

 
Source : http://www.lequotidien-oran.com 

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