Couple:veillons à ne pas rater le train... » Paix et Amour entre les peuples

 Couple:veillons à ne pas rater le train...

10/1/2008

Couple:Veillons à ne pas rater le train…

1.  Arriver à la gare en retard et s’apercevoir qu’on a raté son train n’est pas une expérience agréable… On avait tout préparé, les réservations, le voyage, les vacances…et puis voilà… le train part sans nous ! On a beau s’en vouloir, c’est trop tard…

 Cette histoire semble bien familière. Combien de « trains » avons-nous ainsi manqués ? Dans le fond, rater son train, c’est une question d’attitude dans la vie. C’est ce qui se passe lorsque, face à des problèmes, les remèdes restent inefficaces,inadaptés. Alors la solution semble hors de portée, les tentatives de conciliations échouent.

C’est le cas des rapports dans le couple lorsqu’ils tiennent plus au duel qu’à la relation homme-femme: ils ne se comprennent pas, ils ne peuvent s’entendre sur aucun point.  Ni l’un ni l’autre n’est prêt à faire des concessions afin de trouver des terrains d’entente.

Et c’est malheureusement ce qui se passe dans de nombreux couples. Car tous deux abordent le mariage avec une idée préconçue de l’autre, un portrait qu’il ou elle a dessiné dans son imagination.

La jeune fille s’attend à ce que son mari vienne au devant de tous ses désirs, et tout oubli de sa part est aussitôt interprété comme de la froideur, voire de l’ingratitude. Selon elle, il n’est pas sensible au besoin qu’elle a de se distraire deux ou trois fois par semaine. Ainsi sa patience est poussée à bout, lui semble-t-il. Elle ressent son « sacrifice » comme une preuve de l’excellence de son caractère. Elle a l’impression de faire une faveur à son mari en acceptant son sort et en excusant les circonstances qui l’empêchent de la faire sortir de l’ennui qui s’empare d’elle lorsqu’elle se voit enfermée à la maison plus de deux jours de suite.

Une autre idée toute faite dans la tête de l’épouse, est que son mari est parfaitement satisfait. Ainsi s’il lui demande plus que ce qu’elle offre spontanément, elle a l’impression qu’il dépasse les bornes, qu’il  est dur et insensible. S’il ne la défend pas – peu importe qu’elle ait raison ou pas—elle perçoit cela comme une trahison et une atteinte impardonnable à sa dignité.

 De son côté, l’homme s’imagine sa future épouse : elle s’éveille le matin avant lui. Lorsqu’il ouvre l’œil , il la trouve calmement assise au bord du lit, occupée à guetter son réveil. Le petit déjeuner est prêt naturellement, et, avec un sourire radieux,elle lui souhaite bon appétit. Après le déjeuner, il revêt les vêtements qu’elle lui a préparés et chausse des chaussures bien cirées. Puis il part au travail, non sans rappeler à son épouse -- ainsi qu’à toute la maisonnée – que c’est pour elle qu’il se fatigue. Des prières, pleines de gratitude et d’admiration, l’accompagnent jusqu'à la porte de l’appartement, voire même jusqu'à la porte de l’immeuble…

A son retour, monsieur trouve son repas servi, son lit fait. Il n’est naturellement pas question de discuter ou de dialoguer. Dans le meilleur des cas, si dialogue il y a, c’est lui qui l’entame et le termine, n’accordant qu’un espace de discussion qu’il délimite lui-même. Car son épouse n’a d’autres droits que ceux d’être nourrie et vêtue.Et c’est une faveur de sa part, s’il a la largesse de lui accorder plus…

 Comment voulez-vous donc qu’un couple ayant de telles idées en tête puisse réussir à mener une vie paisible,dans la compréhension et l’amour ? Cela parait impossible, ou du moins très difficile. En tout cas que de temps, et que de disputes avant qu’un équilibre soit atteint !

 La meilleure solution à ce problème est de l’empêcher de surgir. La jeune fille doit comprendre que son mari n’a pas été créé dans le seul but de satisfaire tous ses désirs, ni de lui offrir tout ce dont elle rêve. Il n’a pas été créé dans l’unique but d’être son mari, ni de l’approuver dans tous les cas, même s’il y a des cas ou son soutien est une demande légitime.

De même l’homme doit comprendre que sa femme n’a pas été créée uniquement pour lui préparer ses repas et lui organiser une vie confortable. Et même s’il en a le droit, il n’est pas sain pour leur couple que le mari détienne le monopole du dialogue, qu’il soit le seul à pouvoir entamer une discussion qui sera déclarée close sur sa décision.

 L’homme et la femme doivent réaliser que leur couple, comme tout système dans la vie, ne peut trouver un équilibre que dans la justice. Allah – qu’Il soit exalté – dit dans la sourate‘Le Tout Miséricordieux’ :

 «  Et quant au ciel, Il l’a élevé bien haut. Et Il a établi la balance,  afin que vous ne transgressiez pas dans la pesée : Donnez [toujours] le poids exact et ne faussez pas la pesée. » ( Ar-Rahman : 7-9).

 Ainsi chacun doit savoir qu’il n’a pas que des droits dans le couple, mais aussi des devoirs. S’il est en droit de s’attendre à ce que sa femme l’écoute, et supporte avec patience ses accès de nervosité, il se doit de l’écouter à son tour, et de faire preuve de patience lorsqu’elle est nerveuse et irritée. S’il se permet de lui reprocher ses défauts, il doit accepter la critique de sa part. S’il s’attend à ce qu’elle dépense dans les limites de leurs moyens, qu’il n’exige pas d’elle qu’elle fournisse des efforts au-delà de ses forces dans les travaux ménagers. S’il n’aime pas qu’elle se mêle de ses affaires, qu’il apprenne lui aussi à ne pas s’immiscer dans tout ce qu’elle fait et qu’il lui laisse un espace personnel dans lequel elle peut évoluer librement. Et ainsi de suite… Il faut donc réviser et passer au filtre nos idées reçues, les réviser à la lumière des lois divines, et trier ce qui doit être conservé et ce qui doit être abandonné.

 Envisager le couple dans cet état d’esprit, est le meilleur garant d’un embarquement sans encombre dans le train du mariage. Alors veillez à ne pas regretter un jour d’avoir raté un train… Car à ce moment-là, il sera trop tard.

2. Est-ce qu’un foyer heureux est un foyer où les problèmes sont réduits à néant?

Est-ce que c’est le foyer dans lequel chaque parti garde des distances officielles avec l’autre ?

Est-ce le foyer dans lequel on n’entend même pas le petit souffle parce que chaque parti est indépendant de l’autre et fier de l’être ?

Est-ce le foyer où il n’y a pas l’ombre de discorde suivie d’une entente entre les individus ?

Où il n’y a pas de tension suivie d’un bien être ?

 Je le dis en toute franchise et honnêteté : ceci n’est pas un foyer heureux, voire même, pas du tout un foyer. Pourquoi ? Parce qu’un foyer est un lieu de chaleur humaine ; un lieu d’échanges psychologiques, avant même le partage physique. C’est un lieu de discussion, de divergence des opinions puis de l’union des pensées,celui des égards de l’affection paternelle et de la maternité tendre. C’est le lieu de l’exhortation des problèmes des enfants et la tentative de les résoudre de la part des parents. C’est également le lieu pour s’échanger les paroles tantôt et tantôt pour écouter, et aussi celui de la communication psychologique avant toute autre chose.

C’est là un foyer heureux ! Ce sont là ses qualités ! Ce dynamisme est recommandé entre tous les membres de la famille, recommandé entre les siens et entre frères et sœurs, comme il l’est également entre un homme et sa femme. Je vais focaliser sur ce dernier point dans cet article, si Allah l’accorde !

 Le phénomène du mutisme conjugal qui atteint les époux après un certain laps de temps est un phénomène intéressant et mérite à la fois une analyse et une tentative pour le résoudre, parce qu’il est répandu, mais aussi parce que ses dommages se perpétuent dans tout le foyer comme une contagion : l’homme, la femme et les enfants. Le plus étonnant c’est que sa cause ne remonte pas forcément à une dispute entre l’homme et sa femme. La relation entre les deux est très normale,très routinière, dirai-je, voire même très calme, très traditionnelle, trop organisée. Chacun connaît ses devoirs et essaye de les remplir dûment avant de réclamer ses droits ; lesquels droits, il ne trouve pas pourquoi les réclamer, tant que l’autre les lui donne de gré et avant même qu’il demande à être servi. Ceci est une cause probable.

 Mais il y a également une autre cause que je veux traiter à part. A cause des multiples« heurts » entre l’homme et la femme, cette dernière pourrait opter pour cette solution (la solution de la distanciation psychologique) comme étant la solution à moindres dégâts par rapport à bien d’autres. Ils se barricadent derrière cette solution pour finir avec les conflits qu’ils peuvent avoir à chaque fois qu’ils entament une discussion ou s’échangent les idées.

Le problème, à mon sens,ne réside pas dans le fait qu’ils aient des manières de penser divergentes -ceci est concevable et il n’y a pas de mal à cela- mais il réside dans la gestion même de la différence. A mon avis, l’enracinement du conflit entre l’homme et la femme est une responsabilité partagée par les deux, même si la part de responsabilité de l’un n’est pas similaire à celle de l’autre. J’aimerai bien attirer l’attention dans cet article sur plusieurs points qui pourraient renouer de nouveau la communication entre les époux amoureux. En voici :un des deux prend l’initiative de dire à quoi il s’attend de la part de son partenaire durant la discussion. Par exemple, l’homme n’aimerait pas que sa femme lui coupe la parole jusqu’à ce qu’il ait fini de dire ce qu’il a à l’esprit ou sur le cœur. Leur discussion finit souvent par le conflit à cause de ce point. Si tel est l’unique problème, la femme doit patienter et se retenir. Cela ne demande pas plus que 5 ou 10 ou même 15 minutes de patience.Je pense que ce n’est pas une période extrêmement longue pour le supporter. D’autre part, une femme pourrait détester les commentaires secs de son mari ou le fait qu’il remette tout le temps en question ses propos quoi qu’elle dise.

 Parfois, ce sont les regards moqueurs de l’homme qui peuvent la provoquer et la mettre en colère.Par conséquent, au lieu de résoudre l’ancien problème, une nouvelle dispute plus grave que les précédentes se déclenche. L’homme en est la source. La solution est donc entre ses mains, si Allah l’accorde. Il doit se retenir et apprivoiser son sens de la moquerie parce que cette dernière est un type de raillerie, prohibée selon ce qu’Allah le très haut dit :

 « Ô vous qui avez cru! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe: ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes: celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que «perversion» lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas... Ceux-là sont les injustes. »(Al Hujurat – Les appartements : 11)

Cette franchise et les efforts pour se retenir de la part du couple sont susceptibles, si Allah l’accorde, de réduire nettement la discorde entre les mariés. Ceci fut la première chose sur quoi j’ai voulu attirer l’attention.

 Je veux jeter la lumière sur un deuxième sujet : le but du dialogue. Le but du dialogue réside dans les cercles de pensées spécifiques à chacun et les sujets généraux qui n’attendent pas une décision en commun et par conséquent ne demandent pas une solution unique sur laquelle les deux seront forcément d’accord. En voici un exemple : un homme et sa femme sont entrain de regarder le journal télévisé. Une information quelconque a attiré leur attention. Chacun donne son avis dessus : l’un dit : je pense que la cause du problème est telle ; l’autre dit : je pense que sa cause est plutôt telle. Le dommage est quand la discussion commence avec un différend des points de vue et finit par un conflit.

 Un sujet général ne doit pas affecter leur relation ni de près ni de loin. Pourquoi alors l’un ou l’autre se sent-il blessé par ce que dit son partenaire ? Et pourquoi à la base, y aurait-il une dispute ? La discorde entre les deux dans ce cas est illogique et sa cause, incompréhensible. Il serait correct à mon sens de présenter le sujet, si les questions à résoudre en commun demandent une décision unique ; et que chacun donne son avis dessus. S’ils sont d’accord, c’est tant mieux. S’ils ne le sont pas et sont restés en désaccord,la femme doit à ce moment fléchir et ne pas rallonger le débat de façon à ce que son mari se mette en colère. Cela pourrait engendrer des problèmes.

 J’espère que le lecteur ou la lectrice ont remarqué que je n’ai pas demandé à la femme de changer ses convictions parce qu’elle peut les garder telles qu’elles. Mais, en mesure préventive, je lui ai demandé de ne pas rallonger le débat, chose qui n’entraînerait pas un changement du point de vue mais plutôt plus de tension dans la situation et notamment plus de discorde.

Ces quelques solutions sont, à mon avis personnel, adéquates pour résoudre le problème du mutisme conjugal et le blocage de la communication entre les époux. Je demande à Allahl a réussite et l’exactitude.

Source : http://www.amrkhaled.net

 

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