Demain, un monde pour tous..., ou pour
personne par Brahim Senouci
S’il ne s’agit pas d’absoudre la
Chine de ses crimes au Tibet, le choeur vertueux qui s’élève
en Occident pour appeler au boycott sinon des Jeux Olympiques, du moins de la
cérémonie d’ouverture, provoque un malaise.
George Bush, fer de lance de la contestation, serait-il ému par la mort de
quelques dizaines de moines tibétains alors que son équipée dans le Golfe,
lancée sur la base d’un mensonge, a conduit à la disparition de centaines de
milliers d’Irakiens?
Gordon Brown, qui se déclare prêt à recevoir le dalaï lama, a-t-il pris ses
distances avec l’aventurisme meurtrier de son prédécesseur, M. Blair?
La majeure partie des intellectuels français qui se répandent dans les médias
pour dénoncer le régime chinois, ne sont-ils pas ceux-là mêmes qui absolvent le
gouvernement israélien, alors même que ce dernier mène une politique autrement
plus meurtrière d’accaparement du territoire de la Palestine? Cette
politique d’indignation sélective n’est pas seulement choquante. Elle est
dangereuse. Elle conduit à pervertir les idéaux mêmes au nom desquels ces
philippiques sont lancées.
Pour quel profit?
L’obsession de l’Occident est de pérenniser sa suprématie et le maintien de son
mode de vie dont on sait l’appétit goulu pour les matières premières et ce
qu’il coûte à l’environnement. Cette suprématie est largement menacée par
l’émergence de la Chine,
l’Inde, le Brésil... Demain, l’inévitable réveil du monde arabo-musulman et de
l’Afrique viendra encore agrandir le cercle des consommateurs de pétrole, de
gaz... Il n’y a aucune raison pour que ces régions du monde demeurent à l’écart
du développement. L’intelligence, la technologie ne sont plus l’apanage de
l’Occident. Il est donc raisonnable de prévoir que de nombreux pays,
actuellement sous-développés, finiront par accéder à un stade d’avancement qui
en fera des utilisateurs, de plus en plus importants, de matières premières.
Une telle évolution se heurtera, toutefois, très rapidement aux limites physiques
de la planète. Inévitablement, des tensions sur l’accès aux matières premières,
notamment aux sources d’énergie, vont se faire jour. L’Occident se retrouvera
alors face à une alternative aux termes assez simples: accompagner cette
évolution en acceptant que sa part de consommation se réduise progressivement à
mesure que celle des autres pays augmente, ou maintenir le statu quo actuel par
la force.
Pour l’heure, c’est hélas le deuxième terme qui semble l’emporter. La guerre
d’Irak en est une illustration. Les conflits larvés avec la Chine et la Russie augurent de
lendemains inquiétants.
De nouvelles équipées en Iran, voire au Pakistan, deviennent de moins en moins
improbables. Il y a un réel danger de conflagration planétaire aux conséquences
inimaginables. Et l’opinion, objectera-t-on? Il y a beau temps qu’elle ne se
laisse plus circonvenir par les discours des leaders occidentaux qui déclarent
n’être guidés dans leur action que par leur attachement aux Droits de l’homme
et à la démocratie. Elle n’est plus dupe de la réalité de l’engagement
démocratique des Etats, ni de celui des intellectuels les plus médiatiques,
coupables, à ses yeux, de pratiquer l’universalisme à temps partiel. Un aperçu
du divorce entre la classe politique et médiatique, d’une part, et l’opinion,
d’autre part, avait été fourni par le résultat du référendum sur la Constitution
européenne. Par ailleurs, le discours étatique et médiatique, à rebours d’une
opinion choquée par l’injustice que subissent les Palestiniens, demeure largement
favorable aux thèses israéliennes.
En bonne logique, dans un régime démocratique, les pouvoirs politique et
médiatique devraient, au vu de ce décalage, s’atteler à mettre leurs discours
et pratiques en phase avec l’état de l’opinion. Il n’en est rien. Bien au
contraire. Contre l’avis de la majorité de leurs citoyens, les Etats
privilégient le recours à la force. De plus en plus, ces mêmes Etats prennent
des libertés avec le droit international qu’ils ont pourtant inspiré. A propos
du conflit israélo-palestinien, aucun dirigeant occidental n’appelle au respect
des résolutions de l’ONU, ni à l’application de l’Avis de la Cour Internationale
de Justice, de juillet 2004, ni même au respect des Conventions de Genève par
l’Etat d’Israël. Ils se contentent de «soutenir» la poursuite d’un «processus
de paix» qui, à l’évidence, sert de paravent à Israël pour poursuivre son
oeuvre d’annexion.
Comment cela est-il possible? Pourquoi l’opinion publique ne se révolte-t-elle
pas, alors qu’elle en a le loisir, contre une politique qui va contre ses
aspirations? Pourquoi ne sanctionne-t-elle pas ces régimes alors même qu’elle a
cessé depuis longtemps de croire dans les discours truffés de bons sentiments
que lui servent ses leaders?
La réponse tient dans le fait que ces discours se doublent d’une petite
musique, de plus en plus audible, musique qui en est la trame véritable.
Cette petite musique, c’est la survie de l’Occident. Le discours de la peur
tend, en effet, à se substituer à celui de la morale. Ce discours de la peur a
une audience certaine. C’est, sans doute, ce qui explique que, bien que les
citoyens occidentaux les déplorent, ils acceptent en silence des
«accommodements» avec les Droits de l’homme, accommodements qu’ils considèrent
comme nécessaires à la pérennité de leur société. Le péril jaune, le péril vert
sont perçus comme des menaces existentielles qu’il faut donc réduire à tout
prix. Pour cela, il faut faire litière des principes de justice et de liberté
sur lesquels déclare se fonder cette société. Impossible? Voire. Les sociétés
démocratiques de l’Occident ont réussi à faire coexister un discours de liberté
avec une pratique esclavagiste et colonialiste. Cela a été possible par la
construction d’une image de l’Autre, si lointain, si différent, si menaçant,
que se justifie un traitement particulier à son égard. Le corps d’exception, de
sinistre mémoire dans l’Algérie coloniale, n’avait pas d’autre signification.
Le problème, aujourd’hui, est que le corps d’exception est constitué de six
milliards d’individus. La moitié de ces six milliards vivent dans des pays
industrieux, en marche vers le développement, des pays technologiquement, de
plus en plus, avancés, équipés d’armes nucléaires. Ces peuples n’ont aucunement
l’intention de courber l’échine devant quelque diktat que ce soit et sont
déterminés à garantir leur accès aux ressources de la planète. Toute menée
guerrière ne peut être ainsi que destructrice pour tous.
Le discours sur la menace de l’Autre doit être combattu. C’est le danger mortel
qui menace l’humanité. Comment l’opinion occidentale réagirait-elle si on lui
proposait le choix entre un avenir sûr avec un niveau de vie réduit et une fin
apocalyptique? La réponse est tellement évidente!
Le monde de demain ne s’accommodera pas de la suprématie d’une partie du monde,
ni d’un magistère moral dont elle use et abuse pour faire prévaloir ses
intérêts. Il n’acceptera plus d’être mis en coupe réglée par une «communauté
internationale» qui n’est actuellement que le faux nez de l’Occident. Il devra
établir des règles de fonctionnement démocratiques et des règles d’accès aux
matières premières qui préserveront leur pérennité et le devenir de la planète.
Le monde de demain, un monde pour tous ou pour personne. Source :
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J'aurais juste voulu savoir, si tu es un musulman d'origine, ou un converti, afin que tu pose sur mon blog islamatous, un regard critique qui servirai a amélioré la connaissance des convertis qui le fréquente.
Car comme tu as du le lire, dans ma présentation, je suis un musulman converti, depuis le 25 mars 2000, et il est assez facile pour moi, de savoir quelle chose on besoin les converti, pour avancer proprement dans l'islam, mais défois, je ne pense peut-ètre pas à tout. Alors, si tu vois un élément qui pourrais manquer sur islamatous, ne te gène pas de me le signaler, merci.