Demain, un monde pour tous..., ou pour personne » Paix et Amour entre les peuples

 Demain, un monde pour tous..., ou pour personne

2/5/2008

Demain, un monde pour tous..., ou pour personne
 par Brahim Senouci

S’il ne s’agit pas d’absoudre la Chine de ses crimes au Tibet, le choeur vertueux qui s’élève en Occident pour appeler au boycott sinon des Jeux Olympiques, du moins de la cérémonie d’ouverture, provoque un malaise.

George Bush, fer de lance de la contestation, serait-il ému par la mort de quelques dizaines de moines tibétains alors que son équipée dans le Golfe, lancée sur la base d’un mensonge, a conduit à la disparition de centaines de milliers d’Irakiens?

Gordon Brown, qui se déclare prêt à recevoir le dalaï lama, a-t-il pris ses distances avec l’aventurisme meurtrier de son prédécesseur, M. Blair?

La majeure partie des intellectuels français qui se répandent dans les médias pour dénoncer le régime chinois, ne sont-ils pas ceux-là mêmes qui absolvent le gouvernement israélien, alors même que ce dernier mène une politique autrement plus meurtrière d’accaparement du territoire de la Palestine? Cette politique d’indignation sélective n’est pas seulement choquante. Elle est dangereuse. Elle conduit à pervertir les idéaux mêmes au nom desquels ces philippiques sont lancées.
 
Pour quel profit?

L’obsession de l’Occident est de pérenniser sa suprématie et le maintien de son mode de vie dont on sait l’appétit goulu pour les matières premières et ce qu’il coûte à l’environnement. Cette suprématie est largement menacée par l’émergence de la Chine, l’Inde, le Brésil... Demain, l’inévitable réveil du monde arabo-musulman et de l’Afrique viendra encore agrandir le cercle des consommateurs de pétrole, de gaz... Il n’y a aucune raison pour que ces régions du monde demeurent à l’écart du développement. L’intelligence, la technologie ne sont plus l’apanage de l’Occident. Il est donc raisonnable de prévoir que de nombreux pays, actuellement sous-développés, finiront par accéder à un stade d’avancement qui en fera des utilisateurs, de plus en plus importants, de matières premières.

Une telle évolution se heurtera, toutefois, très rapidement aux limites physiques de la planète. Inévitablement, des tensions sur l’accès aux matières premières, notamment aux sources d’énergie, vont se faire jour. L’Occident se retrouvera alors face à une alternative aux termes assez simples: accompagner cette évolution en acceptant que sa part de consommation se réduise progressivement à mesure que celle des autres pays augmente, ou maintenir le statu quo actuel par la force.

Pour l’heure, c’est hélas le deuxième terme qui semble l’emporter. La guerre d’Irak en est une illustration. Les conflits larvés avec la Chine et la Russie augurent de lendemains inquiétants.

De nouvelles équipées en Iran, voire au Pakistan, deviennent de moins en moins improbables. Il y a un réel danger de conflagration planétaire aux conséquences inimaginables. Et l’opinion, objectera-t-on? Il y a beau temps qu’elle ne se laisse plus circonvenir par les discours des leaders occidentaux qui déclarent n’être guidés dans leur action que par leur attachement aux Droits de l’homme et à la démocratie. Elle n’est plus dupe de la réalité de l’engagement démocratique des Etats, ni de celui des intellectuels les plus médiatiques, coupables, à ses yeux, de pratiquer l’universalisme à temps partiel. Un aperçu du divorce entre la classe politique et médiatique, d’une part, et l’opinion, d’autre part, avait été fourni par le résultat du référendum sur la Constitution européenne. Par ailleurs, le discours étatique et médiatique, à rebours d’une opinion choquée par l’injustice que subissent les Palestiniens, demeure largement favorable aux thèses israéliennes.

En bonne logique, dans un régime démocratique, les pouvoirs politique et médiatique devraient, au vu de ce décalage, s’atteler à mettre leurs discours et pratiques en phase avec l’état de l’opinion. Il n’en est rien. Bien au contraire. Contre l’avis de la majorité de leurs citoyens, les Etats privilégient le recours à la force. De plus en plus, ces mêmes Etats prennent des libertés avec le droit international qu’ils ont pourtant inspiré. A propos du conflit israélo-palestinien, aucun dirigeant occidental n’appelle au respect des résolutions de l’ONU, ni à l’application de l’Avis de la Cour Internationale de Justice, de juillet 2004, ni même au respect des Conventions de Genève par l’Etat d’Israël. Ils se contentent de «soutenir» la poursuite d’un «processus de paix» qui, à l’évidence, sert de paravent à Israël pour poursuivre son oeuvre d’annexion.

Comment cela est-il possible? Pourquoi l’opinion publique ne se révolte-t-elle pas, alors qu’elle en a le loisir, contre une politique qui va contre ses aspirations? Pourquoi ne sanctionne-t-elle pas ces régimes alors même qu’elle a cessé depuis longtemps de croire dans les discours truffés de bons sentiments que lui servent ses leaders?

La réponse tient dans le fait que ces discours se doublent d’une petite musique, de plus en plus audible, musique qui en est la trame véritable.

Cette petite musique, c’est la survie de l’Occident. Le discours de la peur tend, en effet, à se substituer à celui de la morale. Ce discours de la peur a une audience certaine. C’est, sans doute, ce qui explique que, bien que les citoyens occidentaux les déplorent, ils acceptent en silence des «accommodements» avec les Droits de l’homme, accommodements qu’ils considèrent comme nécessaires à la pérennité de leur société. Le péril jaune, le péril vert sont perçus comme des menaces existentielles qu’il faut donc réduire à tout prix. Pour cela, il faut faire litière des principes de justice et de liberté sur lesquels déclare se fonder cette société. Impossible? Voire. Les sociétés démocratiques de l’Occident ont réussi à faire coexister un discours de liberté avec une pratique esclavagiste et colonialiste. Cela a été possible par la construction d’une image de l’Autre, si lointain, si différent, si menaçant, que se justifie un traitement particulier à son égard. Le corps d’exception, de sinistre mémoire dans l’Algérie coloniale, n’avait pas d’autre signification.

Le problème, aujourd’hui, est que le corps d’exception est constitué de six milliards d’individus. La moitié de ces six milliards vivent dans des pays industrieux, en marche vers le développement, des pays technologiquement, de plus en plus, avancés, équipés d’armes nucléaires. Ces peuples n’ont aucunement l’intention de courber l’échine devant quelque diktat que ce soit et sont déterminés à garantir leur accès aux ressources de la planète. Toute menée guerrière ne peut être ainsi que destructrice pour tous.

Le discours sur la menace de l’Autre doit être combattu. C’est le danger mortel qui menace l’humanité. Comment l’opinion occidentale réagirait-elle si on lui proposait le choix entre un avenir sûr avec un niveau de vie réduit et une fin apocalyptique? La réponse est tellement évidente!

Le monde de demain ne s’accommodera pas de la suprématie d’une partie du monde, ni d’un magistère moral dont elle use et abuse pour faire prévaloir ses intérêts. Il n’acceptera plus d’être mis en coupe réglée par une «communauté internationale» qui n’est actuellement que le faux nez de l’Occident. Il devra établir des règles de fonctionnement démocratiques et des règles d’accès aux matières premières qui préserveront leur pérennité et le devenir de la planète.

Le monde de demain, un monde pour tous ou pour personne.
 Source :

 

http://www.lequotidien-oran.com

Tags : analyses
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Comments

 islamatous, le 26-05-2008 à 04:52:50 :

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Salam alikoum,

Je viens déposer mon vote des 5 étoiles sur ton blog, pour t'encourager à continuer, inch Allah, le magnifique travail que tu as entrepris et qui est si utile pour nos frères et soeurs.

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bis lama


 islamatous, le 20-05-2008 à 05:10:49 :

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Salam alikoum,

Un petit passage sur ton blog,
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bis lama

 islamatous, le 12-05-2008 à 11:04:40 :

Es-tu un convertis ?

Salam alikoum,

Je suis bien heureux de te connaitre, et de voir un blog de plus sur internet, qui participe à l'enrichissement de la connaissance des gens, au sujet de notre religion commune, qui est l'islam.

J'aurais juste voulu savoir, si tu es un musulman d'origine, ou un converti, afin que tu pose sur mon blog islamatous, un regard critique qui servirai a amélioré la connaissance des convertis qui le fréquente.

Car comme tu as du le lire, dans ma présentation, je suis un musulman converti, depuis le 25 mars 2000, et il est assez facile pour moi, de savoir quelle chose on besoin les converti, pour avancer proprement dans l'islam, mais défois, je ne pense peut-ètre pas à tout. Alors, si tu vois un élément qui pourrais manquer sur islamatous, ne te gène pas de me le signaler, merci.

Au plaisir de te relire, inch Allah.


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