La terre Sainte en état de guerre » Paix et Amour entre les peuples

 La terre Sainte en état de guerre

30/7/2008

La Terre Sainte en état de guerre

par Israel Shamirin Masters of Discourse traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier 

 Au Nord de la ville portuaire prospère d’Hertzliya – la capitale des industries israéliennes high-tech, aux sushi-bars de Cocagne -, se trouve une plage agréable, surplombée par une falaise vertigineuse, presque comme au bord du Pacifique. C’est une côte inattendue, sans maîtres-nageurs, fréquentée par les étrangers amoureux de la nature et des familles palestiniennes, joignant l’agréable à leur visite au sanctuaire voisin de Sayyid-nâ (Nôtre Seigneur) Ali. Si vous poursuivez, à pied, encore un peu plus au Nord, en franchissant les panneaux qui vous interdisent le passage (en raison d’un danger avéré de chute de pierres), vous vous retrouverez dans une crique entièrement fermée – une rareté, tout au long de la côte palestinienne dépourvue de reliefs. C’est un endroit idéal pour piquer une tête dans les eaux transparentes de

la Méditerranée. De gros rochers polis, couleur de terre, semblent garder cette crique, mais un examen attentif vous révèlera qu’il ne s’agit nullement de formations naturelles. Ce sont des bastions du château des Croisés d’Arsur, dont les ruines s’élèvent sur le plateau, bien au-dessus de la plage. Ces bastions avaient été conquis et précipités dans la mer d’émeraude par Baïbars, un grand général arabe – qui vainquit et les Mongols et les Croisés, au XIIIème siècle. 

Mais un siècle et demi plus tôt, les Croisés avaient conquis sans difficulté

la Terre Sainte, et ils s’y étaient installés avec la même facilité, faisant d’elle leur nouvelle demeure. Ils construisirent leurs forteresses et leurs fermes, ils épousèrent les femmes chrétiennes orthodoxes et les Arméniennes, et ils vécurent heureux, là, pendant des générations. Malheureusement, ils attirèrent des aventuriers étrangers, et ils offrirent à ces racailles des havres sûrs – apportant ainsi la preuve irréfutable de leur incapacité à être de bons voisins. On leur accorda de nombreuses chances, mais ils les gaspillèrent toutes, et ils restèrent des alliés potentiels de tout agresseur étranger. 

Et puis, à la longue, ce Levant « faible et efféminé » produisit Baïbars. Il ne faut pas se contenter de chasser les Croisés, décida-t-il, car cela avait déjà été fait une fois par Saladin, or les Francs étaient revenus. La seule façon de s’en débarrasser consiste à désertifier les régions côtières de
la Palestine, afin qu’ils ne puissent plus jamais venir s’y installer. Château après château, implantation après implantation, ville après ville, Baïbars réduisit en ruines toute la région côtière de

la Terre Sainte : Césarée, Askalân, Jaffa, Arsur. Il regrettait ces destructions, mais il savait quelle était l’alternative : une guerre sans fin. 

Apparemment, l’histoire s’apprête à se répéter. Sauf retournement imprévu des événements, la douce terre de Palestine est condamnée à la perdition. Les sous-marins atomiques (de fabrication allemande et équipés par les Etats-Unis) de l’Etat juif sont prêts à semer la désolation en Iran, en Syrie et en Arabie Saoudite. Il semble bien qu’Israël n’a aucun projet de devenir un voisin acceptable, au Levant. 

Les juifs se sont vu offrir beaucoup d’opportunités de s’enraciner dans la terre de Palestine et de faire la paix avec la population autochtone. Mais ils ont tout fait échouer, à chaque fois. La récente frappe aérienne israélienne non-provoquée dans la profondeur du territoire syrien rappelle à ceux qui l’auraient oublié que l’Etat juif est une entité agressive, dangereuse pour toute la région. Trente années de calme entre
la Syrie et Israël ont été écartées du revers de la main par les généraux de Sharon, comme si elles comptaient pour du beurre. Personne n’a été dupe de leur tentative laborieuse de lier
la Syrie à l’acte sanglant de vengeance personnelle commis par une jeune femme d’Hébron, dont le frère et le fiancé avaient été assassinés, et au père de laquelle l’armée israélienne avait refusé tout accès aux services d’urgence. Le clairvoyant Premier ministre malaisien Mahathir Mohammad interpréta cet incident de manière succincte : « Israël a supplié l’Amérique d’envahir
la Syrie, mais les Américains semblaient réticents. Alors, pour leur forcer la main, Israël a procédé à sa frappe aérienne ». 

L’existence d’un Etat juif est non seulement la source des souffrances des Palestiniens, mais une cause de problèmes pour toute la région, depuis l’Inde jusqu’à l’Ethiopie (Esther,1) et au-delà. De fait, la cinquième colonne des partisans d’Israël est maintenue active à instiguer des guerres dans le monde entier, de
la Tchétchénie aux Philippines, de
la Corée du Nord à Cuba, à seule fin de calmer un peu la soif de barbarie d’Israël, et aussi, peut-être, pour faire un peu de battage afin de faciliter les ventes d’armes. Ils ont en train de pousser le monde tout droit vers l’Armageddon. John Bolton en appelle à la prise de contrôle de l’Iran, Murawiec exige un changement de régime politique en Arabie Saoudite. Le quotidien sioniste enragé New York Post vise
la France de ses yeux courroucés :
la France, « un des pires ennemis de l’Amérique » - cette France dirigée par Chirac – « un pygmée moral, dont l’absence de scrupules est, par chance, contrebalancé par sa couardise et son impuissance ». Il faut faire souffrir
la France, stratégiquement et financièrement. Les Français nous ont poignardés dans le dos. En réplique, nous devrions les écorcher vifs », poursuit sobrement le quotidien américain, et – à en juger à l’aune sioniste – il ne s’agit pas seulement de figures de style. 

L’Etat juif est un panier de crabes extrêmement dangereux. La doctrine militaire israélienne est calquée sur
la Stratégie de l’Homme fou nixonienne : agissez follement, et le monde vous craindra. La menace bidon d’un Irak nucléaire a été rendue ridicule par la menace, très réelle, de l’Israël puissance nucléaire. Les scientifiques israéliens mettent en pratique la guerre chimique et biologique, d’ailleurs : ils ont effectivement utilisé des gaz innervants contre des manifestants à Gaza, et ils ont empoisonné l’eau potable durant le siège de Saint-Jean-d’Acre – comme l’a écrit Abu Sitta dans le quotidien égyptien Al-Ahram. 

Israël est impliqué dans une longue série de kidnappings et d’assassinats perpétrés en territoire étranger. Personne n’est à l’abri du long bras criminel d’Israël. Ils ont assassiné en Norvège (la célèbre affaire Lillhammer), ils ont kidnappé à Rome (l’affaire Vanunu), ils ont fait sauter à la bombe la bibliothèque britannique et le consulat américain du Caire (l’affaire Lavon), ils ont coulé l’USS Liberty, ils ont tenté d’assassiner Joseph Mugabe, ils ont probablement assassiné le secrétaire d’Etat américain antisioniste James Forrestol. Ils ont été au minimum impliqués dans l’assassinat du Président Kennedy – comme l’explique très clairement Michael Collins dans son ouvrage intitulé Final Judgment – car le président américain insistait sur le désarmement nucléaire d’Israël. L’assassinat récent d’Anna Lindh, la ministre suédoise des Affaires étrangères – alors qu’elle était en train d’organiser un boycott d’Israël – reste, à ce jour, un mystère. 

Pourtant, ils ne font pas particulièrement des cachotteries, à ce sujet. Aujourd’hui, nous savons qui a assassiné le Comte Folke Bernadotte, en 1948, et qui a perpétré l’assassinat de masse de prisonniers de guerre allemands en 1946, et qui a assassiné des prisonniers de guerre égyptiens en 1956 – car, de nos jours, ceux qui ont perpétré ces crimes s’en vantent. Demain, nous saurons qui a commis d’autres atrocités. Mais notre connaissance ne servira à rien, car Israël est un havre sûr pour les criminels. Quand il est pris sur le fait, Israël rejette du revers de la main l’opinion publique, car – comme l’a dit Ben Gourion, notre premier Premier ministre : « Ce que disent les goyim n’a strictement aucune importance, seul compte ce que les juifs font ». 

Ce triste état de sévices, ramené à nos mémoires rafraîchies par la frappe aérienne contre
la Syrie et par les préparatifs de frappe nucléaire contre l’Iran, prouve qu’il n’y a aucune possibilité de faire d’Israël un membre sortable de la communauté des nations
. Il répond aussi à la question de savoir si les efforts de paix et les tentatives de faire rentrer Israël à l’intérieur de ses anciennes frontières riment encore à quelque chose. Ils ne riment à rien. Qu’il soit contenu à l’intérieur de ses frontières de 1967, de 1948 ou de 1973, Israël sera toujours une tête de pont pour l’agression, une menace pour la paix mondiale et un assassin de dirigeants mondiaux. Comme la secte assoiffée de sang des Assassin [les Hashshâshîn, ndt], qui furent jadis la plaie de cette région, les partisans d’Israël sapent ou assassinent les meilleurs gouvernants – et soutiennent des mauviettes prêtes à suivre les ordres. Le retrait de Cisjordanie d’Israël ne changera en rien la nature de cet Etat. Le léopard ne peut changer ses taches, comme l’a dit le prophète Jérémie (13:23). 

Pour partie, le comportement d’Israël est lié au complexe juif de l’exclusivité, et les manifestations les plus évidentes de ce complexe, ce sont les lois d’apartheid de l’Etat juif. La minorité blanche qui gouvernait l’Afrique du Sud était, de la même manière, impliquée dans la destruction des voisins de ce pays (le Mozambique et
la Namibie), et elle était impliquée aussi dans des complots dans l’ensemble de l’Afrique. Le complexe de supériorité des Blancs africains a été soigné grâce à l’ « amour vache » qu’a représenté le démantèlement de l’Etat de l’apartheid, et Israël doit subir le même traitement. Les événements de l’année passée l’ont démontré, au-delà de tout doute possible. Le démantèlement graduel de la suprématie juive par les moyens pacifiques de la démocratisation est la seule alternative réaliste à la descente d’Israël dans l’enfer d’un chaos violent. La majorité de la population, c’est-à-dire les Arabes palestiniens, doivent tout simplement se voir accorder une voix. Tout en portant leur style bricolé de gouvernance au niveau de la « folie calculée », les dirigeants israéliens sont incapables de prédire qu’ils sont en train de créer toute une génération de gens qui ne redoutent absolument pas la mort.  

Jusqu’à il y a peu, la peur des représailles permettait à Israël de tenir ses adversaires en respect. En 1991, le président irakien Saddam Hussein possédait de puissantes armes de destruction massive, mais il ne les a pas utilisées contre Israël – car il n’était pas assez désespéré pour ignorer les conséquences de leur utilisation. Il savait qu’Israël détruirait l’Irak au moindre faux mouvement de sa part. Il se pensait intouchable, même dans la défaite, aussi longtemps qu’il n’esquisserait aucun geste agressif envers Israël. Ce qu’il ignorait, à l’époque, c’était que la stratégie des Etats-Unis était entre les mains de juifs, et que les généraux américains étaient formés à des tactiques de guerre hébraïques, qui ignorent la pitié. Si Saddam avait su que les corps de ses fils martyrisés auraient été entreposés dans une morgue de Bagdad, qu’il allait être transformé en réfugié vagabond, qu’il finirait pendu et que son pays serait ruiné par dix années de sanctions, après quoi il deviendrait une proie pour l’envahisseur sioniste, il aurait fort bien pu tenter de choisir la solution de Samson, et d’emporter avec lui en enfer l’Etat juif. 

Saddam Hussein n’est plus, mais à l’heure qu’il est, tout dirigeant, où que ce soit dans le monde, sait à quoi il doit s’attendre si Israël demande sa tête à son Golem américain. Paradoxalement, c’est la cruauté-même d’Israël qui est devenu un argument contre leur résipiscence – après tout, si les sionistes vont faire de leur pire, quoi qu’il en soit, il serait absurde de se rendre à leurs exigences… 

Les juifs d’Israël ont réitéré la folie de Napoléon à Jaffa. En 1799, le jeune général corse traversa le désert du Sinaï et fit route vers le Nord, à l’intérieur de

la Palestine. Rafah et Ramléh se rendirent à ses troupes, car les soldats palestiniens ne virent aucune raison de combattre la force européenne de passage. Napoléon se dirigea alors vers le port de Jaffa, où la garnison de la ville, forte de six mille hommes choisit, elle aussi, de se rendre. Ils s’attendaient à ce qu’on les désarmât et à ce qu’on les renvoyât chez eux, dans leurs villages – mais Napoléon était réticent à laisser des soldats ennemis aussi nombreux derrière ses lignes, et il donna à ses hommes l’ordre de tuer tous les prisonniers. Il fallut trois journées entières aux Français pour exécuter une telle masse d’hommes. Ils furent amenés, par groupes, du couvent de l’église arménienne Saint-Nicolas, et passés à la baïonnette, sur la plage.Après ce massacre, plus aucun Palestinien n’allait seulement avoir l’idée de déposer son arme devant un Français. Les troupes de Napoléon étaient en embuscade dans chaque orangeraie, et quand il parvint sous les murailles de Saint-Jean-d’Acre, il n’était plus question d’une quelconque reddition. Les gens avaient compris que cela aurait été tout simplement absurde. Ils n’avaient rien à perdre à mourir en combattant. Après quelques mois d’efforts en vain, Napoléon abandonna la partie – abandonnant ses soldats blessés à la merci d’un ennemi désormais sans pitié, qui les égorgea tous. Dans le centre boboïsé de Jaffa, on peut voir une statue râblée en papier-mâché du Petit Caporal coiffé de son tricorne : elle rappelle aux touristes et aux habitants de la ville à quel point la cruauté peut, parfois, vous sauter à la figure. Les dirigeants israéliens empruntent la même voie, et leur politique scelle leur propre sort. 

La sensation pesante d’un désastre ambiant est une des raisons jamais évoquées, derrière la « solution à un seul Etat » que nous proposons et que nous prônons. C’est vrai, « un seul Etat », cela serait bon pour les Palestiniens ; cela serait bon, aussi, pour les Israéliens. Mais le choix du partage – la « solution à deux Etats » - contribuerait, elle aussi, à alléger un peu la souffrance des Palestiniens, comme le notent à bon droit le professeur Neumann et beaucoup de militants pacifistes modérés. Cette option peut même avoir la préférence des élites israélienne et palestinienne – bien qu’un Etat indépendant en Cisjordanie et à Gaza ne résoudrait certainement pas le problème des réfugiés. Le principal problème, c’est que le partage ne diminue en rien le danger que représente l’Etat juif voyou pour la paix du monde, et qu’il n’empêchera en rien le désastre imminent en Terre sainte. 

Même plus petit, même réduit, l’Etat juif n’en continuera pas moins à être le siège du Mossad et de son unité d’assassinats, le Kidon. Même un Etat juif plus petit possèderait l’arme nucléaire. Quand bien même serait-il plus petit, l’Etat juif serait empoisonné par son idéologie profondément enracinée et extrêmement xénophobe, et resterait une source de contamination idéologique. Même plus petit, l’Etat juif serait toujours impliqué lourdement dans les politiques de subversion, de  Moscou à Washington DC. Tôt ou tard, le temps viendra où quelque leader, de quelque Etat, poussé dans ses derniers retranchements (qu’il s’agisse de
la Corée du Nord, de l’Iran, de l’Egypte, ou encore, de
la Russie) réfléchira aux cadavres des fils de Saddam, et décidera, en lieu et place, de suivre la voie impavide choisie par Baïbars – ainsi que celle des sultans mongols qui massacrèrent les Assassins jusque dans leurs nids d’aigles. Car sans Israël, les forces armées américaines se contenteraient de glandouiller autour de leurs bases en Géorgie et au Texas, au lieu de pourchasser les haïsseurs-de-juifs sur les cinq continents. Le démantèlement d’Israël est inévitable ; la seule question est de savoir s’il sera détruit par la force, et avec lui, le territoire, ou bien s’il sera pacifiquement absorbé par la région. 

Egalité en Terre sainte : ça n’est pas seulement une exigence morale, c’est la seule façon de sauver le pays de sa destruction annoncée. Non par nous – nous les gens pleins de bonne volonté, nous qui faisons le bien, nous qui aimons la paix – mais par les courants inévitables que comporte l’Histoire. A la fin des fins, l’ensemble de la situation va se réduire à deux options : l’égalité, ou la mort. 

La cruauté, la vengeance d’Israël, et son incapacité à respecter autrui ont convoqué des centaines de Palestiniens à l’horreur du martyre. En vérité,
la Palestine et devenue une nation de martyrs. Vivant dans des rues de terre battue, dans des bidonvilles passés au bulldozer, devant parcourir des kilomètres pour trouver de l’eau potable, devant attendre des journées entières pour être autorisés à franchir des check points militarisés – ces gens ne sont rien d’autre que des gens patients et souffrants. Toutefois, leur souffrance trouvera une fin rapide, le jour où un martyr aura été équipé d’une bombe nucléaire miniaturisée, et non plus de plastic de Tsahal, et l’histoire tragique de l’Etat juif trouvera alors sa conclusion apocalyptique. 

Les points de population majoritairement juive, en Israël, sont peu nombreux et éloignés les uns des autres, et quelques bombes nucléaires bien ajustées résoudraient la « crise démographique » de l’Etat juif une bonne fois pour toutes. Certes, Israel risque « d’emporter le reste du monde avec lui », comme l’a prédit le professeur van Creveld, de l’Université Hébraïque, car les armes nucléaires israéliennes sont pointées, toujours d’après van Creveld, sur les capitales européennes aussi bien que sur ses voisins. Reste qu’aucune mesure de sécurité, aussi drastique soit-elle, ne pourra jamais arrêter un kamikaze nucléaire, et une personne désespérée pourrait très bien ne tenir aucun compte du sort de gens qui ont apporté la démonstration qu’ils étaient incapables de protéger et
la Palestine et le peuple palestinien. 

C’est alors, quelques années plus tard, que les ruines de Tel Aviv se fondront harmonieusement dans celles d’Arsur… 

 

Source : http://abdelkader.blog.lemonde.fr

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