A force d’observer la situation des femmes,
je ne peux m’empêcher d’avoir quelques réflexions sur le rôle de l’homme dans
l’éducation de la femme. Loin de moi, l’idée de prétendre être savante ou de
donner des leçons ; je ne cherche qu’à conseiller mes sœurs et frères en
islam afin de tenter de nous rapprocher auprès de notre Créateur.
Le droit à l’éducation est acquis, il ne s’agit
pas ici de le démontrer. La question est plutôt de savoir comment la femme
peut-elle acquérir une éducation et instruction. On focalise souvent sur
l’instruction, celle que l’école fournit, plus ou moins bonne selon le pays, la
ville où l’on vit. Un minimum de connaissances transmises par l’école est
indispensable. Les études supérieures sont fortement encouragées, valorisées
par toute la société. Mais c’est beaucoup moins le cas de l’éducation
islamique. Pourtant bien connaître sa religion est essentiel pour pouvoir
orienter correctement sa vie, ses actes. Nous ne devons pas oublier le but
premier de notre vie et que nous aurons tous à rendre compte de nos actes
auprès de notre Créateur. Les actes ne valent que par leur intention, si
l’intention n’est pas bonne, l’acte perd de sa valeur. Par la suite, il sera
question de cette éducation que peu de structure à elle seule peut donner. Elle
s’acquiert par l’exemple donné autour de soi et la connaissance islamique
transmise sous de multiples formes (lecture, leçons, conférences, cassettes,
télévision, entourage).
Pendant sa jeunesse, la responsabilité
revient tout naturellement aux parents et aussi à l’école pour l’instruction.
Mais est-ce suffisant ? Il arrive que les parents soient dépassés,
débordés par leurs occupations, n’aient pas la capacité ou encore absents. La
responsabilité de l’éducation des enfants revient le plus souvent à la femme.
Cependant si la femme elle-même n’a pas les bases suffisantes ou bien est
débordée par le quotidien de la maison, elle ne peut assurer une éducation
suffisante et se poser alors la question de savoir qui peut compléter ce rôle.
Il se peut que la famille et l’entourage y participe. Jeune femme, elle peut
compléter ses lacunes, approfondir ses connaissances par elle-même si elle est
motivée et/ou encouragée par son entourage. Une fois mariée, les choses se
compliquent. Il n’est plus question de s’occuper uniquement de soi-même mais
aussi de son mari dans un premier temps puis des enfants par la suite.
Il faut admettre que souvent l’homme a du
temps pour lui. L’image classique de l’homme qui rentre du travail, se détend,
lit un journal ou un livre, va voir ses amis, accomplit ses prières
tranquillement ou dans un autre registre se plante devant la télévision, n’est
pas un mythe mais une réalité. En rendant obligatoire la prière à la mosquée,
Dieu a accordé à l’homme un de Ses innombrables bienfaits. Les prières
accomplies à la mosquée sont certainement réalisées avec plus de concentration
que celles réalisées à la maison avec les jeunes enfants autour de soi, le
téléphone qui sonne ou mille autres perturbations. Pourtant c’est le lot de
nombreuses mères avec de jeunes enfants. La femme a donc sa part de lutte -
récompensée à sa juste valeur par Le Très Haut - pour accomplir les actes
d’adoration obligatoires.
On imagine que la femme au foyer a beaucoup de temps libre et n’a « rien à
faire ». Avez-vous seulement pris une fois la place d’une femme qui
s’occupe de ses enfants, son mari et sa maison ? Elle court toute la
journée pour satisfaire les besoins de chacun des membres de la famille, sans
toujours beaucoup de gratitude en retour. Il arrive souvent que la femme arrive
à la fin de la journée épuisée tout en ayant l’impression de n’avoir rien fait
de son temps. Certes une fois que les enfants grandissent, vont à l’école, les
charges s’amenuisent. Le temps ainsi dégagé est-il employé à bon escient ?
Pas toujours.
Quant à la femme qui travaille à l’extérieur, elle se trouve avec deux emplois
à gérer, à l’extérieur et à la maison. Malgré la soit disante « libération
de la femme », c’est toujours elle qui s’occupe de la plupart des tâches
ménagères et des enfants. La fameuse égalité est toujours loin d’être une
réalité que ce soit dans les salaires ou bien le partage des tâches.
Quelle est la part de responsabilité de
l’homme dans l’éducation de la femme ?
L’homme, par le biais d’activités
extérieures, peut compléter son éducation mais la femme a moins de possibilités
du fait de ses responsabilités à la maison. Pourquoi en est-il
responsable ? Tout simplement parce qu’il est responsable de toutes les
personnes vivant sous son toit, il en est le gardien comme le dit le hadith
suivant :
« Chacun d’entre vous est un berger et chacun
de vous est responsable de son troupeau. Le Chef de la Communauté musulmane est
un berger et il lui sera demandé compte de son troupeau ; l’homme est le
berger des siens et il est responsable de son troupeau, la femme est une
bergère dans la demeure de son mari et elle sera responsable de son
troupeau ; le serviteur est un berger quant au bien de son maître et il
est responsable de son troupeau. »
(Sahih Al Boukhari 11-11)
Certains
discours de musulmans sont durs vis-à-vis de la femme, en l’accusant de
beaucoup de maux si ce n’est tous. Il arrive parfois que le comportement des
femmes ne soit pas des meilleurs dans les mosquées (bavardages, non respect de
la ligne, etc.) ou en public (habillement peu pudique, démarche provocante,
etc.). Mais comment se fait-il que ces mêmes hommes qui montrent du doigt ces
défauts ne fassent rien pour les corriger ? Pourquoi n’enseignent-ils pas
ce qui est convenable à leurs filles, sœurs et femme ? Pourquoi les
laisser dans l’ignorance ? Combien d’entre eux prennent-ils le temps de
leur expliquer calmement et avec sagesse ? Comment ?
L’homme
peut y contribuer de plusieurs façons. Tout d’abord en diminuant ses exigences
au quotidien afin d’alléger les charges de son épouse. Est-il vraiment
nécessaire d’exiger un repas élaboré tous les jours ? Des repas plus
simples, rapides peuvent nourrir tout aussi correctement si ce n’est plus
sainement. Passer tous les jours des heures à cuisiner pour le plaisir du
palais est certainement loin de la sunnah de notre Prophète(paix et bénédiction
d’Allah sur lui), pour qui manger était une nécessité et non un plaisir. On
peut joindre l’utile à l’agréable certes, mais pas au détriment de sa religion.
Le temps passé à la cuisine ainsi économisé peut être investi dans la lecture
ou l’apprentissage du Coran par exemple. Combien d’hommes délaissent leur
ventre de temps en temps et encouragent leur épouse à lire ? Dans le même
registre, on peut faire veiller à ce que les invitations ne soient pas trop
fréquentes au point d’être quotidiennes ou presque, car ces dernières génèrent
beaucoup de travail pour la femme (cuisine, service, vaisselle). Nombreuses
sont celles qui se reconnaîtront dans ses situations. Une autre façon de
décharger son épouse est la participation aux tâches ménagères. Si chaque
membre de la famille y participe à la hauteur de ses capacités, adultes comme
enfants, la femme gagnera ainsi plus de temps à consacrer à sa propre éducation
islamique ainsi que celle de ses enfants. Certains diront que c’est le rôle de
la femme de s’occuper de la cuisine, le linge, le ménage et qu’elle n’a que
« ça » à faire la journée et que l’homme doit se reposer après sa
journée de travail. Pourquoi la femme qu’elle soit au foyer ou qu’elle
travaille à l’extérieur n’aurait pas aussi le droit au repos le soir ? Ce
type de raisonnement machiste n’a aucune relation avec l’exemple du Prophète (paix
et bénédiction d’Allah sur lui) qui n’exigeait rien de ses épouses (au pluriel)
et raccommodait lui-même ses vêtements, exemple à méditer et à suivre...
Ensuite,
l’homme peut partager, transmettre ce qu’il apprend à l’extérieur. Par exemple,
en rentrant de la prière du vendredi, le mari devrait toujours partager le
prêche qu’il a écouté avec le reste de la famille, femme et enfants. Il peut
ainsi instaurer des sessions du savoir. Ce prêche n’a pas été instauré
exclusivement pour l’homme mais pour toute la communauté. Par le biais de
chaque homme qui y assiste, c’est un moyen -en autres - de diffuser la
connaissance et de renforcer la foi de chacun des membres de la communauté et
ce, chaque semaine. Il arrive que le prêche concerne principalement les femmes,
celles-ci étant peu présentes à la mosquée ne peuvent en bénéficier que par le
biais de leur mari, frère, oncle ou fils à condition qu’ils prennent le temps
de leur rapporter. La même chose peut être faite lorsque l’homme participe à
une conférence à laquelle son épouse n’a pu assister.
L’homme
doit encourager sa femme à étudier et apprendre sa religion et surtout lui en
donner la possibilité. Comme nous l’avons vu précédemment, en diminuant ses
exigences, en prenant le relais de temps en temps auprès des enfants, en
participant aux tâches ménagères, l’homme peut libérer un peu l’emploi du temps
de son épouse et l’encourager à consacrer ce temps gagné à s’instruire, lire,
mémoriser le Coran, faire quelques actes d’adoration surérogatoires, assister à
une leçon. Cette pause de la vie quotidienne permet à la femme de se
ressourcer, revivifier sa foi pour pouvoir mieux affronter les difficultés au jour
le jour.
En
espérant que cette réflexion encouragea certains dans la voie du savoir incha
Allah