Migration : Un mensonge politique » Paix et Amour entre les peuples

 Migration : Un mensonge politique

10/8/2008

Migration: Un mensonge politique

par Notre Correspondant A Bruxelles : M'hammedi Bouzina Med

 

 Je puis tout pardonner aux hommes, excepté l'injustice, l'ingratitude et l'inhumanité »

(Diderot 1713 - 1784)

 Les Migrations». Voilà un nom qui renvoyait, globalement et jusqu'à récemment, dans le langage des humains, à l'observation et l'étude des déplacements du monde animal, devenu dans le contexte de la mondialisation en ce début de troisième millénaire, un argument politique dans la compétition pour le pouvoir en Occident, un cauchemar pour les gestionnaires des pays pauvres, un enjeu majeur de la coopération internationale et, surtout, un des principaux défits des objectifs du millénaire des Nations unies. L'Organisation internationale pour les migrations (O.I.M) avance le chiffre de près de 200 millions d'émigrés dans le monde. La majorité provient des pays du Sud. L'Union européenne qui compte 8,6 % de sa population d'origine immigrée a, depuis le 1er janvier 2005, inclu sa politique migratoire dans l'agenda communautaire. C'est-à-dire que les Etats membres n'ont plus la liberté de traiter, chacun de son côté et selon ses besoins, souverainement de la question des migrants provenant de pays tiers. Etudes, livres blancs, mémorandums... ont été proposés à débats aux Conseil européen, Parlement européen... dans le but de mettre une politique d'accueil commune. La tendance européenne va dans le sens d'une immigration sélective, choisie. Plus même, puisque par l'intermédiaire d'organisations civiles, de centres de recherches, d'universités, voire de structures étatiques professionnelles... l'UE lance (incite) des appels vers les pays du Sud à de la main-d'oeuvre qualifiée et hautement spécialisée. Cette politique européenne de l'UE cadre mal avec son discours d'aide au développement au sud et de sa théorie d'une coopération partagée et mutuellement bénéfique aux partenaires. Déjà exsangue de leurs élites, les pays du Sud ont-ils quelques moyens de lutter contre cette fuite des cerveaux ? Ce qui choque dans la gestion européenne de l'immigration est à la fois sa double conception et double attitude : une politique incitative pour les élites de pointe et la main-d'oeuvre qualifiée d'une part, et une politique essentiellement répressive et discriminatoire pour le reste des candidats à la migration. Ainsi, les pays du Sud sont enfermés dans le dilemme contraire à celui de l'Europe : comment retenir leurs élites et hautes compétences face aux appels européens et offrir aux jeunes les raisons d'espérer ? Vous aurez constaté que la question des migrations est traitée par l'ensemble des médias européens sous le seul aspect de l'immigration clandestine. Culpabiliser le Sud en fait. Petit à petit, l'immigration est devenue dans l'inconscient collectif européen synonyme d'insécurité, de violence, de menace de l'ordre social, voire d'affrontement des civilisations ! Pour satisfaire ses opinions publiques, l'Europe multiplie la «construction de murs de protection». L'Agence Frontex en 2005 pour intercepter en haute mer, dans l'océan atlantique, les candidats à une aventure européenne venus des pays subsahariens. 5 millions d'euros au Maroc pour construire un « centre de rétention administratif » sur son propre territoire, la Libye qui adopte la même logique... mais par-dessus tout, l'Europe a fini par élever dans l'imaginaire du Sud une muraille de protection. Son mur à elle. En revanche, l'eldorado européen n'explique pas à lui seul les flux migratoires du sud vers le nord. La responsabilité des Etats du Sud est entière dans cette « fuite » de leurs élites et leurs jeunesses vers les cieux européens. Si les élites sont tentées par des situations professionnelles, salariales et de carrières plus conséquentes, les jeunes, eux, ont certainement d'autres motivations. Et elles doivent être vitales pour que certains vont jusqu'à risquer leur vie sur « les gouffres amers » comme disait le poète. De la misère sociale à l'absence de perspectives, à l'injustice et jusqu'à l'étouffement des libertés, un véritable argumentaire qui vous enlève tout moyen de défense pour les convaincre du contraire. Bien sûr l'Europe érige de plus en plus de barrières à cette catégorie de migrants ! Bien sûr l'Europe pense d'abord à ses peuples et leurs opinions ! Bien sûr l'Europe tient d'abord compte de ses propres intérêts ! Mais comment expliquer la médiocrité des politiques envers la jeunesse des Etats du Sud ? Soyons francs, comment expliquer le phénomène des harraga chez nous autrement que par l'échec des gouvernants à offrir aux jeunes de l'avenir, de l'espérance ? L'une des réponses au phénomène harraga a été de pondre une loi pour criminaliser toute tentative d'embarquer sur une chaloupe. Rien que ça. Peut-on sincèrement punir un jeune en mal de vie qui crie son désespoir ? Parce que traitée d'une façon «spectaculaire» par les médias, comme un fait divers, la question migratoire est extirpée de son contexte, celui de la mondialisation et ses répercussions désastreuses sur les pays pauvres, que les Etats du Nord comme ceux du Sud ne la voient plus que sous l'angle sécuritaire. Son traitement s'éloigne de plus en plus des engagements que les Etats du monde ont pris, solennellement, dans l'enceinte de l'Onu en 1999 et réaffirmé en septembre 2006, pour en faire l'un des objectifs principaux de ce troisième millénaire. « La migration permettra qu'aucune région du monde ne reste exclue de la richesse du monde », déclarait le DG de l'O.I.M en mars 2006 à Bruxelles, lors d'une conférence internationale sur le sujet. Quelle fumisterie !

 

 

source : http://www.lequotidien-oran.com  

 

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