Pour voir même dans le noir » Paix et Amour entre les peuples

 Pour voir même dans le noir

10/8/2008

Pour voir même dans le noir

Le Coran est un océan sans fond. Seule différence avec l’océan : dans celui-ci, plus tu t’enfonces et moins il y a de lumière, alors que dans le Livre de Dieu, puis tu plonges et plus tu trouves de la lumière.

Cheikh Hassan al-Bannâ (que Dieu lui fasse miséricorde) fut un jour questionné : « Qu’est-ce que le Coran ? » Il eut cette réponse : « C’est ce qui permet de voir avec le soleil de midi malgré les ténèbres de minuit ! »

Il se pourrait bien que même ces versets répétés sans cesse tous les jours en disent beaucoup plus que ce qu’on pourrait penser. Il se pourrait bien effectivement.

Ibn Qayyîm (que Dieu lui fasse miséricorde) analyse dans ses ouvrages plusieurs messages délivrés par la sourate Fâtihah que l’on récite presque mécaniquement dans chaque cycle de prière. Nous reproduisons ici quatre compréhensions qu’il en tire.

1ère compréhension

Le succès de l’être humain dépend des efforts qu’il développe. Ces efforts eux-mêmes dépendent de deux aptitudes :

1.      Une aptitude intérieure qui est une sorte de détermination du cœur

2.    Une aptitude effective dans la pratique des actions

La première aptitude se développe à mesure que notre connaissance augmente en trois domaines :

o        La connaissance de Dieu, de Ses Qualités, de Ses Attributs parfaits

o        La connaissance du chemin qui mène à Dieu, des embûches qui se trouvent sur ce chemin, des subtilités qui existent dans le cheminement

o        La connaissance de soi, de ses faiblesses, de ses qualités, de ses manques, de son potentiel ; cette connaissance doit nous permettre sans cesse de renouveler notre détermination à nous approcher de Dieu

Or, si l’on regarde la sourate al-Fâtihah, on s’aperçoit que les trois premiers versets parlent de Dieu et de Ses Qualités, les trois derniers versets parlent de la voie menant à Dieu, et le 4ème verset relève d’une volonté intérieure de s’approcher de Dieu. La Fâtihah est ainsi un moyen très efficace pour développer ces trois sciences et donc travailler l’aptitude intérieure.

La deuxième aptitude ne se développe qu’en s’efforçant d’observer les commandements divins. Il s’agit de s’appliquer pour que les ordres de Dieu soient observés avec le plus de sincérité possible, le plus d’amour possible, le plus de ferveur possible et avec le plus de fidélité aux textes. La Salah est le meilleur outil pour cet exercice. Et puisque la Salah inclus la Fâtihah, elle permet le développement des deux aptitudes en même temps : elle est le moyen par excellence pour progresser.

2ème compréhension

A partir des thèmes de cette sourate.

Au début, Dieu parle de Lui-même et particulièrement du fait qu’Il est Miséricordieux. Ainsi, le début de la sourate nous parle de miséricorde.

Au milieu, il est question de guidée.

A la fin, il est question du chemin menant aux bienfaits divins et de la protection contre les tentations et les égarements.

Le message est donc clair : le serviteur est pris en miséricorde par Dieu qui le guide en le plaçant sur le chemin menant aux bienfaits et en le protégeant contre les voies du mal.

 Dans l’autre sens : la protection contre le mal n’est possible que par l’adhérence au bien. Cette adhérence au bien est le fruit de la guidée de la part de Dieu. Cette guidée elle-même vient de la miséricorde divine.

3ème compréhension

Quelle est la nature des versets de la Fâtiha ? Les trois premiers sont des louanges à Dieu. Les trois derniers sont des invocations envers Dieu. Le quatrième verset, celui du milieu, marque une volonté de plaire à Dieu (« C’est Toi que nous adorons et c’est de Toi dont nous implorons le secours »)

Le message est clair. Le croyant puise dans la louange à Dieu la force pour éclairer son cœur et lui permettre d’avoir cette détermination intérieure. Mais ensuite, il doit œuvrer en invoquant Dieu continuellement pour rester fidèle à sa détermination intérieure.

La Fâtihah met en évidence la très grande importance pour le croyant de louer Dieu (pas moins de trois versets sur sept sont des louanges à Dieu) et d’invoquer Dieu (l’invocation de la sourate s’étale sur pas moins de trois versets sur sept) une fois qu’il a pris de bonnes résolutions.

4ème compréhension

Elle concerne la notion centrale de cette sourate : la guidée (hidâyah). Cette sourate est une demande de guidée. Qu’est-ce que la guidée ? Deux choses :

1.      Une Lumière qui te permet de voir la voie à prendre, et

2.    Une Grâce (tawfîq) qui te permet de suivre la voie.

 Et parce que les situations qui se présentent à toi sont multiples, tu as sans cesse besoin de cette guidée. Parfois, les choses te semblent confuses et tu as besoin de la hidâyah pour voir. Parfois tu as vu la voie, tu as besoin alors de la hidâyah pour suivre cette voie. Parfois tu as vu et tu as commencé à suivre, tu as donc besoin de la hidâyah pour arriver au bout de la voie. Parfois tu as vu, tu as suivi et tu es arrivé au bout, tu as besoin de la hidâyah pour ne pas annuler ce que tu as fait.

Tu vois que la hidâyah est un besoin permanent. C’est pourquoi tu la demandes dans chaque cycle de prière. Et c’est au moyen de la Fâtihah que tu demandes cette guidée. Parce qu’aucune demande de guidée n’est plus complète et plus belle que cette manière de demander que nous offre la Fâtihah. La hidâyah que tu demandes par la Fâtihah est la hidâyah complète, et tu appuies cette demande en parlant de ceux qui « ont été comblés de Tes bienfaits ». Ce sont ceux qui ont eu les deux aspects de la hidâyah : vision de la voie et grâce de suivre la voie. Tu complètes ta demande par espérer ne pas être de ceux qui ont été privés de la deuxième partie de la hidâyah : « ceux qui encourent Ta Colère » du fait qu’ils ont vu mais n’ont pas voulu suivre. Et enfin tu termines en parlant de ceux qui ont été privés de la première partie : « les égarés » du fait qu’ils n’ont pas vu la vraie voie.

Que Dieu nous éclaire par Son Livre Glorieux. Nous verrions alors avec la lumière de midi, malgré les ténèbres de minuit.

Que Dieu nous protège d’être privés de cette lumière, car, comme le disait Cheikh Abul Hassan Alî an-Nadwî (que Dieu lui fasse miséricorde) : « Là où les hommes ne brillent pas par la lumière de la révélation, il n’y a guère que les lanternes qui brillent ! »

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