l’analyse
étonnante d’un ancien haut fonctionnaire de l’administration Reagan.
Etes-vous
prêts pour une guerre nucléaire ?
CRAIG ROBERTS Paul
Pervez
Musharraf, la marionnette installée par les Etats-Unis pour diriger le Pakistan
au nom des intérêts US, a démissionné le 18 Août (2008). Karl Rove et les
machines à voter électroniques de la compagnie Diebold furent incapables de lui
assurer une victoire lors des dernières élections au Pakistan. Il en résulte
que les Pakistanais auront désormais plus leur mot à dire dans ce pays que les
Etats-Unis.
Il
était évident pour toute personne douée d’un minimum d’intelligence – ce qui
exclut toute l’administration Bush et pratiquement toute la « communauté
de la politique étrangère » - que les invasions illégales et injustifiées
de l’Afghanistan et de l’Irak, et le bombardement de civils libanais en 2006
par Israel avec la bénédiction des Etats-Unis, provoqueraient le renversement
de la marionnette états-unienne au Pakistan.
La
stupide administration Bush a provoqué le renversement de Musharraf en
l’obligeant à lancer des opérations militaires contre les tribus des zones
frontalières du Pakistan qui sont plus loyaux envers la communauté musulmane
qu’envers l’hégémonie US. Lorsque les opérations militaires de Musharraf n’ont
pas produit les résultats escomptés, les états-uniens imbéciles ont commencé à
lancer leurs propres opérations militaires à l’intérieur des frontières du
Pakistan, en lançant des bombes et des missiles. Le sort de Musharraf fut
scellé.
Lorsque
le régime Bush lança ses guerres au Moyen Orient, j’avais prédit, correctement,
que Musharraf ferait partie des victimes. Les marionnettes US en Egypte et en
Jordanie pourraient être les prochains sur la liste.
A
l’époque du président Nixon, le président du jury de ma thèse, Warren Butter,
était Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires de Sécurité Internationale. Un
jour, dans son bureau au Pentagone, je lui ai demandé comment le gouvernement
des Etats-Unis obtenait ce qu’il voulait des gouvernements étrangers.
« L’argent, » me répondit-il.
« Vous
parlez d’aide économique ? » demandai-je.
« Non, »
répondit-il, « nous les achetons avec de l’argent, c’est tout. »
Il
n’était pas l’instigateur de cette politique, il en avait hérité et, bien
qu’elle fut contraire à ses principes, il n’y pouvait rien . Nutter croyait aux
vertus de la persuasion et que si on n’arrivait pas à convaincre les gens,
c’est qu’on n’avait pas de politique.
Nutter
ne parlait pas de dictateurs dans le tiers-monde. Il parlait aussi des
dirigeants de la
Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie. Partout les
alliés étaient achetés et payés rubis sur ongle. Ils étaient alliés parce
qu’ils étaient payés.
Prenez
le cas de Tony Blair. Ses propres chefs des services de renseignement
britanniques lui ont dit que les Etats-Unis étaient en train de fabriquer les
pièces à conviction pour justifier une attaque contre l’Irak, prévue de longue
date. Ca ne l’a pas dérangé, Blair, comme on peut le constater en voyant les
millions de dollars qu’il gagne depuis qu’il n’est plus premier ministre.
Le
voyou éduqué aux Etats-Unis, le criminel de guerre Saakashkvili, président de la Géorgie, fut installé au
pouvoir avec l’argent des contribuables US et financé par la National Endowment
for Democracy (NED), une opération des néoconservateurs destinée à encercler la Russie avec des bases
militaires US afin de que les Etats-Unis puissent exercer leur hégémonie sur la Russie.
Tous
les accords conclus entre le président Reagan et Mikhail Gorbachev furent
foulés aux pieds par les successeurs de Reagan. Reagan était le dernier
président des Etats-Unis dont la politique étrangère n’était pas décidée par
des néoconservateurs alliés à Israel. Pendant les années Reagan, les néocons
ont tenté plusieurs fois de s’imposer, mais à chaque fois ce fut un désastre
pour Reagan, et il a finit par éjecter ces Jacobins des temps modernes de son
gouvernement.
Même
le "Comité sur un Danger Imminent", antisoviétique, considérait les
néocons comme des lunatiques dangereux. Je me souviens d’une réunion, lorsqu’un
des participants a proposé de faire entrer des néocons dans le Comité, les
représentants de la vieille école des milieux dirigeants étatsuniens, tel
l’ancien Secrétaire du Trésor Douglas Dillon, ont grimpé au plafond.
Le
Comité considérait les néocons comme des cinglés qui entraineraient les
Etats-Unis dans une guerre nucléaire avec l’Union Soviétique. Les néocons
détestaient Ronald Reagan, parce que celui-ci mit fin à la Guerre Froide par
des moyens politiques, alors qu’ils cherchaient une victoire militaire sur
l’Union Soviétique. Privés de leur victoire militaire sur l’Union Soviétique,
les néocons recherchent désormais une victoire militaire sur la Russie.
Reagan
n’est plus. La classe dirigeante Républicaine n’est plus. Il n’y a plus de
centre de pouvoir conservateur au sein du Parti Républicain, uniquement des
centres de pouvoir néoconservateurs étroitement alliés à Israel qui utilise les
milliards de dollars versés dans ses coffres forts par les contribuables US
pour exercer une influence sur les élections US et sur la politique étrangère
des Etats-Unis.
Le
candidat Républicain (McCain) à la présidence est un va-t-en guerre. Il n’y a
plus de contre-pouvoirs au sein du Parti Républicain pour s’opposer au penchant
des néocons pour la guerre. Quelles sont les organisations Républicaines qui
s’opposent à la guerre ? Qui pourrait m’en citer, ne serait-ce qu’une
seule ?
Les
Démocrates sont à peine meilleurs, mais ils ont quelques contre-pouvoirs qui ne
sont pas enthousiastes à l’idée de recourir à la guerre comme moyen d’imposer
l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. Les Evangélistes Illuminés (« rapture
evangelicals »), qui souhaitent ardemment l’Armageddon, ne sont pas Démocrates ;
pas plus que les Chemises Brunes écervelées, impatientes d’exprimer leurs
frustrations en allant frapper quelqu’un, quelque part, n’importe où.
Il
m’arrrive de recevoir des courriers électroniques de la part de ces Chemises
Brunes, des courriers qui révèlent leur extraordinaire ignorance chargée de
haine. Ce sont tous des Républicains, et pourtant ils se croient conservateurs.
Ils n’ont aucune idée de qui je suis, mais parce que je critique le régime Bush
et la politique étrangère belliciste des Etats-Unis, ils me traitent de
« petite tapette communiste ».
La
seule phrase cohérente que cette légion d’imbéciles n’a jamais formulée
est : « Si vous détestez autant l’Amérique, allez donc vivre à
Cuba ! »
Tel
est le sort réservé à un ancien membre du gouvernement de Reagan par le Parti
Républicain d’aujourd’hui. Il n’est qu’une « petite tapette
communiste » qui ferait mieux d’aller vivre à Cuba. [allons Paul, il y
aura toujours un bol de soupe pour toi à la Havane si les temps deviennent vraiment trop durs
– NDT]
Les
Républicains vont nous entraîner dans d’autres guerres. En réalité, ils ne
vivent que pour ça. McCain prêche pour une guerre de cent ans. Pour ces
guerriers, c’est comme s’ils soutenaient une équipe de foot. Il faut gagner à
tout prix. Ils éprouvent un plaisir exquis à l’idée d’une guerre. Quel mal y
a-t-il, si les Etats-Unis doivent raconter des mensonges pour attaquer des
pays ? « Si on ne les tue pas là-bas, ils viendront nous tuer
ici. »
Leur
stupidité est totale.
Il n’y
a rien de vrai dans les médias US. Les médias passent leur temps à diaboliser la Russie et l’Iran, à
spéculer sur qui sera le vice-président comme si cela avait la moindre
importance, sur les vacances d’Obama et les points marqués en son absence par
McCain. La stupidité des médias est à l’image de celle du gouvernement, et ils
ne jouent plus qu’un rôle de porte-parole de ce dernier.
Les
médias US ne servent ni la démocratie étatsunienne ni les intérêts du pays. Ils
servent une poignée de personnes qui exercent le pouvoir.
Lorsque
l’Union Soviétique s’effondra, les Etats-Unis et Israël se sont précipités pour
prendre le contrôle de la
Russie et des anciennes républiques de son empire. Pendant un
temps, ils ont réussi. Mais Poutine y a mis fin.
Prenant
acte du fait que les Etats-Unis n’avaient aucune intention de respecter aucun
des accords passés avec Gorbachev, Poutine a augmenté la part du budget
militaire consacré à la modernisation des moyens de défense nucléaires de la Russie. Du coup,
l’armée Russe ne possède pas les armes intelligentes et l’électronique de
l’armée US.
Lorsque
l’armée Russe est entrée en Géorgie pour porter secours aux Russes de l’Ossétie
du Sud victimes des destructions infligées par la marionnette US Saakashvili,
les Russes ont clairement fait savoir que s’ils trouvaient des troupes
étatsuniennes sur leur chemin, ils riposteraient par des armes nucléaires
tactiques.
Les
Etats-Unis furent les premiers à annoncer qu’une attaque nucléaire préventive
faisait partie de leur doctrine militaire. A présent les Russes ont annoncé que
l’usage d’armes nucléaires serait leur réponse aux armes intelligentes US.
Il est
évident que la politique étrangère US, avec son objectif d’encercler la Russie avec des bases
militaires US, nous mène directement vers une guerre nucléaire. Chaque
étatsunien doit le comprendre. La politique étrangère hégémonique insensée du
gouvernement US représente une menace directe pour la planète.
La Russie n’a formulé aucune menace
contre les Etats-Unis. Le gouvernement post-soviétique Russe a cherché à
coopérer avec les Etats-Unis et l’Europe. La Russie a maintes fois clairement fait savoir
qu’elle était prête à respecter le droit international et les traités. Ce sont
les Etats-Unis qui ont jeté le droit international et les traités aux orties,
pas les Russes.
Afin
de garantir un flot de milliards de dollars de profits à ses contributeurs du
complexe militaro-sécuritaire US, le régime de Bush a rallumé la Guerre Froide.
Tandis que le niveau de vie des étatsuniens décline et les perspectives se
détériorent, « nos » dirigeants à Washington nous promettent une
guerre de cent ans.
Alors,
si vous voulez être pauvre, opprimé, et éventuellement désintégré dans une
guerre nucléaire, votez Républicain.
Dr.
Roberts fut secrétaire adjoint au Trésor au sein de l’administration Reagan.
Ancien rédacteur du Wall Street journal, journaliste pendant 16 ans à Business
Week, journaliste pour Scripps Howard News Service and Creator’s Syndicate à
Los Angeles. Il a occupé de nombreux postes universitaires, dont la chaire d’Economie
Politique au Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales à l’université de
Georgetown, chercheur à Hoover Institution, université de Standrod). Médaillé
de la Légion
d’Honneur en France. Médaille d’Argent du Département du Trésor US pour ses
« contributions remarquables dans la définition de la politique économique
des Etats-Unis ».