L'art
de rencontrer Dieu Jorge Angel Livraga Rizzi
L'humanité
n'aurait jamais pu dominer son environnement sans un fait apparemment naturel :
l'intuition qu'elle avait de Dieu. C'est cette possibilité et pas une autre qui
différencie l'homme de l'animal.
Selon les anciennes traditions, Homo Sapiens n'est pas à l'origine de
l'humanité mais le survivant d'une culture et d'une civilisation qui furent
détruites et qui donnèrent naissance à une nouvelle forme de civilisation :
celle d'aujourd'hui (Cette thèse n'est pas contredite par les dernières
recherches scientifiques).
Ce qui caractérise Homo Sapiens, c'est que, dès l'origine, toute sa vie -
telle qu'elle se reflète dans ce qui subsiste de ses oeuvres - est imprégnée de
magie, autrement dit, d'outils métaphysiques au service d'un contact plus ou
moins mystérieux entre sa propre identité spirituelle et le Divin. C'est ce qui
le différencie de l'humanoïde dégénéré que l'on appelle "Homo
Habilis".
Les cultes à la
Grande Mère ou au Père Ours ne sont que l'expression d'une
perception vivante et permanente de "quelque chose" qui existe
au-delà du visible et qui s'exprime à travers de nombreux intermédiaires,
depuis les Esprits de la Nature
jusqu'aux Dieux qui gouvernent le destin des astres, y compris celui de la Terre.
A travers d'innombrables millénaires, cycles et
vicissitudes, l'homme tenta d'acquérir une compréhension intellectuelle de ce
qui relevait chez ses ancêtres de l'intuition. Certains se spécialisèrent dans
le maniement du bois ou de la pierre, les autres, dans le cadre de la
métaphysique et d'une synthèse de connaissances plus élevées, parvinrent à une
science connue plus tard sous le nom de Magie.
Les hommes capables d'intégrer ces connaissances spirituelles
constituèrent la caste sacerdotale. Ils comprirent très vite que leurs
expériences spirituelles ne pouvaient se transmettre qu'à l'aide de paraboles,
de contes anecdotiques, de règles morales et d'un cérémonial permettant aux
moins favorisés de percevoir le Divin, même de façon sporadique. Ainsi
naquirent toutes les religions. Celui qui avait reçu l'étincelle divine et la
possibilité de l'exprimer de manière simple et codifiée devint le fondateur
d'une religion.
Malgré les terribles pertes causées par l'ignorance et la volonté de
destruction qui anime l'être humain, il subsiste encore d'importantes traces
des dernières religions. Ces religions s'adaptèrent au moment historique et au
lieu géographique où elles prirent naissance. C'est pourquoi Siddartha Gautama
Bouddha, au VIe siècle avant notre ère, n'a pu donner le même message que Jésus
Christ, cinq ou six siècles plus tard.
Aujourd'hui, il y a dans le monde des milliers d'athées, ou apparemment
tels, et des millions de croyants qui appartiennent à l'une ou l'autre des
grandes religions, comme le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Christianisme, le
Judaïsme ou l'Islam. Il existe aussi des milliers de sectes issues de ces
croyances et d'autres dont l'origine est confuse.
Pourquoi employons-nous les termes "apparemment athée" ?
Certains ne croient pas en Dieu et ne le perçoivent pas. Ils vont même jusqu'à
affirmer que c'est un concept artificiel engendré par la peur de la mort.
Cependant, la majorité ne rejette pas tant l'idée d'une Intelligence Cosmique
mue par une nécessité ou une Volonté supérieure, que les formes infantiles sous
lesquelles les religions présentent les grands mystères qui ont, depuis
toujours, préoccupé l'homme.
L'extraordinaire avance technologique et les connaissances scientifiques
qui se sont développées durant les deux ou trois derniers siècles ont élargi le
champ de l'expérience humaine. Elles ont enlevé toute crédibilité à la thèse
d'un univers créé il y a moins de 7000 ou 8000 ans, à l'existence d'enfers et
de paradis physiques, à la résurrection de la chair ou à la possibilité qu'ont
les mers de s'ouvrir pour laisser le passage aux peuples élus et de se refermer
pour noyer leurs ennemis. Aujourd'hui, de nombreuses personnes vivent avec un
coeur ou un foie greffés, volent dans des appareils qui atteignent des altitudes
supérieures aux sommets des montagnes les plus élevées et font le tour de la
terre. Il existe des machines fabriquées par l'homme dont les réalisations
dépassent toutes les merveilles décrites durant des millénaires dans les Livres
Sacrés. L'homme découvre peu à peu que la planète où il vit est un être vivant
et que ses habitants, végétaux, animaux et êtres humains, possèdent des corps
admirablement conçus, qu'aucune machine ne peut imiter.
Néanmoins, le matérialisme régnant a réduit ces merveilleuses découvertes
à de simples curiosités. On continue à chercher dans les anciens textes
religieux, si souvent déformés, les réponses à toutes les questions, entre
autres à celle, fondamentale, qui concerne l'art de rencontrer Dieu. Lorsqu'on
ne les trouve pas, on ne remet pas en cause les textes, mais on nie l'existence
d'un être divin, générant ainsi l'angoisse, la dépravation et la méchanceté.
Cela est une grave erreur qui ramène l'homme à l'état animal et l'enferme
dans un athéisme stupide ou dans un fanatisme aveugle. Nous proposons une autre
voie qui est celle de la philosophie entendue à la manière classique. Cette
voie peut nous permettre de trouver Dieu en nous-mêmes et dans notre
environnement, avec une certaine facilité.
Si nous dépassons notre inertie, due au matérialisme, nos angoisses,
notre ignorance, et notre cécité, nous nous rendrons compte que toutes choses,
de l'atome aux galaxies, des ailes d'un insecte au squelette humain, sont
agencées selon des normes précises. Nous constaterons l'existence d'une
écologie qui relie tous les éléments de l'univers, régis par des lois cycliques
obéissant à une certaine sagesse.
Prenez le temps d'observer. Admirez l'harmonie merveilleuse qui se dégage
des pétales des fleurs. Elles-mêmes n'ont pas pu "se penser" de façon
à atteindre un tel degré de perfection. Il doit exister "quelque
chose" qui les a pensées et dessinées, et à son tour, cette
"pensée" nécessite une Volonté qui l'engendre et le justifie.
Les hommes intelligents et libérés de tout préjugé peuvent percevoir, à
l'aide d'un panthéisme philosophique", l'existence de "Quelque Chose
de Supérieur", que l'on peut nommer Dieu et qui, à travers d'innombrables
intermédiaires, a concrétisé ces merveilles. Ce Quelque Chose" n'a rien
oublié, tout est intelligemment vivant et efficace.
Arrêtez-vous un instant : contempler les prodiges fantastiques qui se
trouvent, par exemple dans les multiples facettes des yeux d'une mouche ou la
structure aérodynamique d'une hirondelle n'est pas une perte de temps.
Les matérialistes affirment que tout est le fruit de l'évolution et du
hasard. Mais l'évolution est intelligente car elle sait tirer parti des
expériences et le hasard est en réalité un enchaînement de causes et d'effets.
Ils prouvent que notre univers et nous-mêmes vivons à l'intérieur d'un
"Macrobios", d'un Grand Etre qui a donné naissance à une Grande Vie
prodigieusement fonctionnelle.
TOUT EST DIEU
Si un seul grain de poussière existait en dehors de Dieu, ce grain
limiterait Dieu, ce qui est une aberration. En effet, l'attribut essentiel de
Dieu est d'être omniprésent dans toutes les choses et tous les êtres, qui, si
Dieu n'existait pas, ne pourraient pas exister. Ce grain de poussière, regardé
à travers un puissant microscope, nous apparaîtrait comme un microcosme aussi
vivant, organisé et harmonieux que le système solaire.
Si nous récupérons l'art, actuellement presque perdu, de rencontrer Dieu,
nous nous libérerons de bien des limitations, des racismes, des fanatismes.
Nous nous libérerons de l'angoisse et serons, alors, naturellement, capables de
volonté, bons et justes.
Dieu n'est ni un juge sévère, ni un père, ni une mère, ni un bourreau -
Dieu est simplement Dieu - Qui l'a rencontré le sait.