Le degré d'égalité et de responsabilité entre les époux en islam » Paix et Amour entre les peuples

 Le degré d'égalité et de responsabilité entre les époux en islam

7/9/2008


Le degré d'égalité et de responsabilité entre les époux en islam


Question :

Pourriez vous nous expliquer les inégalités de droits entre l'homme et la femme dans le coran?
L'Islam traite-t-il les époux de façon égale ?

Dans l'islam, le rapport entre les hommes et les femmes est défini par la «qawâma » (1), c'est à dire la responsabilité de l'homme, quels sont le sens et la limite de cette qawâma ?
Dans les rapports homme femmes en islam, il est souvent question de « Al'ourf » (2) c'est-à-dire l'usage ou les us et les coutumes. De quoi s'agit- il véritablement ? Des coutumes des Maghrébins, des Africains, des Saoudiens...?
Par ailleurs, nous sommes des résidents ou des citoyens Français. Quelles coutumes doit - on suivre ?

Réponse :

L´Islam a établi l´Égalité entre l´Homme et la Femme dans la vie conjugale.
Le Coran donne à chacun des deux conjoints le nom de zawj, c'est-à-dire de «couple». Ainsi, l'homme marié, même si pris individuellement il reste « un », est appelé « couple », nom que l'on donne également à sa femme, car nous considérons que chacun des deux conjoints porte les préoccupations et les aspirations de l'autre.
Dieu a dit :

« Et parmi Ses Signes, Il a créé pour vous, tirées de vous, des épouses afin que vous trouviez la tranquillité auprès d'elles, et il a établi l'amour et la bonté entre vous. Il y a vraiment là des signes pour ceux qui réfléchissent. » Coran 30/21

« Dieu vous a donné des épouses issues de votre propre nature. Et de vos épouses Il vous donne des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a accordés des choses excellentes. Vont-ils donc croire ce qui est faux et méconnaître les bienfaits de Dieu ? » Coran 16/72

Dans ces deux versets, le message est adressé aussi bien aux hommes qu´aux femmes, étant donné que rien ne nous permet de dire qu'il concerne exclusivement les hommes...
De plus, en ce qui concerne le verset dans lequel Dieu s´adresse exclusivement aux hommes, il est suivi aussitôt par ce qui s´apparente à une égalité des deux sexes dans la vie conjugale.

« Il vous est permis, la nuit qui suit une journée de jeûne, d'avoir des rapports avec vos épouses. Elles sont un vêtement pour vous autant que vous l´êtes pour elles. » Coran 2/187

Dans ce verset, la femme et l'homme sont réciproquement symbolisés par un « vêtement », « vêtement » qui évoque la proximité, l´attachement, la protection, la chaleur...
Cependant, ce qu'il faut bien voir, c'est que cette égalité n'altère en rien les spécificités de l´homme vis à vis de la femme, comme par exemple en ce qui concerne la direction (qawâma) de la famille.

Dieu dit :

« Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et à cause des dépenses qu´ils font pour assurer leur entretien. » Coran 4/34

On voit clairement apparaître dans ce verset la générosité de l´élocution du Coran.

Il ne dit pas : « parce que Dieu a favorisé les hommes par rapport aux femmes », mais il dit : « en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles. » Cela signifie que l´homme est avantagé sur certains points et la femme est elle-même avantagée sur d´autres. Par exemple, dans la tradition islamique, c'est à l´homme de donner la dot, fonder et pourvoir aux besoins du foyer.

De plus, le Coran montre que les deux conjoints ont les mêmes droits et les mêmes devoirs à quelques exceptions près, comme le dit la parole de Dieu :

« Les épouses ont autant de droits que de devoirs et conformément à l'usage, bien qu´une légère préséance reste acquise aux maris. Dieu est Puissant et Sage. » Coran 2/228

Il a été rapporté qu´Ibn `Abbâs, se référant à ce verset, a dit : « Je me fais beau pour ma femme comme elle se fait belle pour moi. » (3) En commentant la signification du mot daraja (préséance), l´imam Tabarî dit : « Il s´agit de plus de responsabilités pour l´homme. » D´autres commentateurs voient en ce mot le sens de la qawama, c´est-à-dire l´autorité ou la direction de la famille, et les deux interprétations sont valides.

En ce qui concerne le Prophète (Psl), il porte la responsabilité sur les deux conjoints :

« N´est-ce pas que vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge ? Le prince est responsable de ses administrés ; l´homme est responsable dans son foyer et a la charge de ceux qui y habitent ; la femme est responsable de son foyer et de ses enfants ; le serviteur a la charge des biens de son maître et en est responsable. Vous êtes donc tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge. » (4)

Dans le monde musulman, la femme a dans le foyer une responsabilité qui lui confère un rôle d´instruction et d´orientation. Son rôle consiste notamment à conseiller son mari, aimer ce qui est bien pour lui, lui commander de faire le bien s´il fait preuve de négligence, et l´empêcher de faire du mal quand il s´en approche, ce qui est d'ailleurs aussi le devoir du musulman envers le musulman, de l´enfant avec son père, de l´étudiant avec son professeur et du citoyen avec le gouvernant, dans la limite des règles précises citées par les savants.
Dieu dit :

« Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres. Ils ordonnent ce qui est juste, et interdisent ce qui est blâmable. » Coran 9/71

Cette relation conjugale ne doit donc jamais faire oublier l´obligation mutuelle de commander le bien et de proscrire le mal. Au contraire, elle doit même la confirmer et la renforcer.
Nous avons ainsi l´exemple des femmes des pieux prédécesseurs (as-salaf). Quand leurs maris sortaient de la maison pour aller travailler ou faire du commerce, elles leurs disaient : « Ô père d´un tel ! Attention à l´argent illicite (harâm), nous pouvons patienter contre la faim mais nous ne pouvons patienter face à la chaleur du Feu et la colère de Dieu. »
Et quand ces mêmes femmes constataient chez leurs maris des manquements dans l´accomplissement des prières obligatoires, c´est armées de douceur et de tendresse qu´elles leur demandaient de respecter ces prières.
Ainsi, si l´épouse voit son mari consommer de l'alcool, il est de son devoir de le détourner de ce mal, en lui conseillant pour préserver sa religion, sa vie, son argent et ses enfants, de fuire ce vice.
Si elle le voit négliger l´éducation morale et l'entretien matériel de ses enfants, elle doit s´efforcer de le remettre face à ses responsabilités et ses obligations.

Et si on nous demande : « Le mari a-t-il une autorité sur sa femme et quelles sont les limites de cette autorité ? »

Nous répondons : « S'il est vrai que le mari a l´autorité de la qawâma, cette autorité n´est jamais absolue. C´est une autorité définie et réglementée par les prescriptions divines et les exigences des us et coutumes conformes au bon usage» (al-`urf : l´usage).
En ce qui concerne la famille, les prescriptions sont définies par deux éléments de restriction.
Le premier est d´ordre spirituel, c´est ce que le Coran appelle les « limites de Dieu ». Cette expression a été souvent utilisée en Islam pour la famille.
Le deuxième est humain, c´est ce que le Coran appelle le « réputé convenable » (al-ma`rûf) et que «toute personne sensée reconnaît. »
Pour le premier élément de restriction d'ordre « spirituel », en ce qui concerne le divorce, Dieu nous dit :
« Telles sont les limites établies par Dieu. Ne les transgressez pas, car c´est faire preuve d´injustice que de les transgresser. » Coran 2/229

« Telles sont les lois que Dieu décrète à l´usage des gens doués d´entendement. » Coran 2/230

« Telles sont les normes fixées par Dieu. Quiconque les enfreint se fait tort à lui-même. » Coran 65/1

Pour le deuxième élément de restriction d'ordre « humain », nous lisons les paroles de Dieu :

« Entretenez de bons rapports avec vos femmes. » Coran 4/19

« Le père de l´enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l´habillement de la mère d'une manière convenable. » Coran 2/233

« Lorsque la femme répudiée arrive au terme de sa retraite légale, le mari devra soit la reprendre d´une manière convenable, ou bien la laisser aller décemment. » Coran 2/231

« Les femmes répudiées ont droit à une pension convenable. » Coran 2/241

Ainsi, à la base, les décisions qui concernent la famille doivent être prises d´un commun accord et dans la concertation entre les deux époux, car la concertation n´engendre que du bien. C´est une règle de base dont on en a par exemple l'illustration dans le versets qui suit :

« Si d'un commun accord, les parents décident de sevrer leur enfant, aucune faute ne leur sera reprochée. » Coran 2/233

En cas de désaccord total, c´est le mari qui a autorité mais seulement dans le cadre du « réputé convenable » (al-ma`rûf) comme l´affirme Dieu à Son Prophète (Psl) dans le verset révélé à l´occasion du « serment d´allégeance des femmes » :

« ... qu'elles ne désobéiront pas en ce qui est réputé convenable. » Coran 60/12

Car, ne l'oublions pas, le Prophète (Psl) a dit : « L´obéissance fait partie aussi de ce qui est réputé convenable (al-ma`rûf). » (5)

Notes :

1. « Les hommes ont autorité (qawâma) sur les femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et à cause des dépenses qu´ils font pour assurer leur entretien. » (Coran 4/34)

2. Il s'agit de tout ce qui est reconnu par les hommes : une habitude orale, un comportement... bref tout ce qui relève de la coutume. Al 'ourf représente donc les coutumes des gens, toutes catégories confondues, à la différence de l'ijmaa qui est le consensus des spécialistes. Il existe deux types d'usage :
- Le bon usage : il comprend toutes les habitudes compatibles avec les prescriptions divines, c'est-à-dire qui n'interdisent pas une obligation et n'autorisent pas un acte illicite.
- le mauvais usage : il comprend toutes les habitudes incompatibles avec les prescriptions divines.
Les lois tirées de l'usage évoluent avec lui et varient selon les époques et les lieux. Décrivant les différences d'opinions juridiques résultant de cette évolution les juristes disent : "ce sont des différences d'époques et de lieux et non des différence de preuve et d'arguments". En réalité l'usage ne constitue pas une loi à part entière mais est souvent lié à l'intérêt général.

3. C´est le sens de l´histoire rapportée par Ibn `Abbâs, Ibn Jarîr (2/453) dans son exégèse et Abû Hâtim (n°2196), d´après les propos d´Ibn `Abbâs avec une bonne chaîne de transmission.

4. Rapporté par al-Bukhârî (n°853 et dans d´autres endroits) et Muslim (n°1829).

5. Rapporté par al-Bukhârî (n°4085, 6726, 6830) et Muslim (n°1840), d´après les propos de `Alî ibn Abî Tâlib.

En ce qui concerne le Prophète (Psl), il porte la responsabilité sur les deux conjoints :

« N´est-ce pas que vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge ? Le prince est responsable de ses administrés ; l´homme est responsable dans son foyer et a la charge de ceux qui y habitent ; la femme est responsable de son foyer et de ses enfants ; le serviteur a la charge des biens de son maître et en est responsable. Vous êtes donc tous des bergers et vous êtes responsables de ce dont vous avez la charge. » (4)

La Femme

La femme fut crée d'une côte de l'homme.

Pas de sa tête pour être au-dessus de lui,

Ni de ses pieds pour être piétinée,

Mais d'une de ses côtes pour être son égal,

Sous son bras pour être protégée

Et près de son coeur pour être aimée.

Traduit de l'arabe par Azzedine GACI
Président du CRCM Rhône Alpes



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