Apprendre à pardonner... » Paix et Amour entre les peuples

 Apprendre à pardonner...

22/8/2009

MARIAGE    Apprendre à pardonner...

 « Pardonnez et oubliez jusqu’à ce qu’Allah fasse venir Son commandement. Allah est très certainement Omnipotent ! »
Sourate 2, Al-Baqara (La vache), verset 109

 La rancœur...

Sans poursuivre les offenseurs pour leurs méfaits et même vivant bien éloignée d’eux, il m’est arrivé de ressentir un bien-être lorsque l’un d’entre eux traversait une étape difficile, en me disant intérieurement : « Justice est faite ! ». Et même si ma bouche est restée silencieuse, mon cœur, lui, riait car il se soulageait. Ma raison plus intelligente me dictait : « Comment peux-tu cultiver de pareils sentiments, toi, qui prône sans cesse les vertus du Pardon ? Comment peux-tu prononcer des mots de paix alors que ton propre cœur est sourd face à ceux-ci ? Otes cette hypocrisie de ton intérieur et fais disparaître cet orgueil et remplaces-les par des sentiments plus nobles ! ».

«  Allah ne fait pas miséricorde à celui qui n’a pas pitié des gens.  » [1]

Ma raison a livré des batailles acharnées contre ce cœur, mais celui-ci plus passionnel a refusé la soumission et malheureusement ma rancœur est restée. Heureusement, elle s’est atténuée avec le temps. En effet, on ne reste pas avec dans la main des fléchettes qu’on placarde sur les photos des offenseurs. La vie continue et le temps estompe les blessures et nous apprenons à vivre avec. Mais, il suffit que le nom soit cité à nouveau pour que les dents se resserrent et que la haine enfouie se ranime. Pauvre âme humaine, victime de ses propres démons et de sa propre haine. Offenseur ou offensé, ma première réaction à un conflit avant l’Islam était la rancœur et le désir (caché) d’écraser et d’éliminer l’autre. « Il faut qu’il paie la note des pots cassés », me disais-je. Dans le premier cas, je me confortais dans une position dominante, et dans le second, la frustration d’avoir été blessée, attisait chez moi un désir de vengeance. Dans tous les cas, j’ai souffert, soit d’une sincérité blessée, soit du pincement de ma mauvaise conscience que je voulais faire taire. L’expérience de cette vie m’a appris que se complaire dans sa souffrance est sans espoir et sans issue et qu’elle nuit plus qu’autre chose. Alors, je me devais de la regarder en face, de la comprendre, de la reconnaître et de lui donner un sens. Et le meilleur sens était de s’en défaire en me disant que cette souffrance, donne à mon cœur, sa raison d’être. Il se brise, il se meurtrit, il est malmené, mais il est là, il palpite, il vit. Et comme le rituel des ablutions qui ôte les souillures de mon corps, il y a eu le rituel de la purification du cœur qui s’est opéré en trouvant des circonstances atténuantes à l’offenseur et en me disant que moi aussi, j’avais déjà offensé. Et puis cette offense, même si elle cache une part de souffrance, j’ai appris à la dompter. Il se peut qu’un élément, me la rappelle et fasse saigner à nouveau la blessure passée, mais comme la physionomie humaine, tout élément qui se détériore se reconstruit par la grâce divine. Je suis certainement devenue plus méfiante à l’égard des autres, la confiance s’est envolée, le regard de la suspicion s’est installé et certains ont malheureusement du payer pour d’autres. Omar Khayyam, poète perse disait : « Avant de prendre la main d’un homme, demande-toi si elle ne te frappera pas, un jour. »
L’opération « Pardon » n’est pas simple. Elle se fait étape par étape, ce n’est pas quelque chose qui vient sur commande. Parfois, j’ai cru avoir pardonné et c’était faux, je m’étais trompée.

L’Islam, le visage de la Paix...

L’Islam m’a appris à canaliser mes énergies négatives et m’a incité à les transformer en énergies positives. Et j’ai compris grâce à Dieu Tout-Puissant, qu’aussi longtemps que nous nous cabrons contre ce qui nous a blessés, humiliés ou ulcérés, nous ressentons plus fortement la brûlure de la blessure et de l’offense. Le tout est d’oublier et de passer à des sentiments meilleurs. Lorsque j’ai commencé à accepter la situation qui s’est imposée à moi, alors m’est venue la paix. Je sentais mon cœur se parfumer, la rose intérieure ne s’était pas fanée. C’est pourquoi, il me paraît essentiel dans la vie d’un croyant, de ne pas se laisser bloquer par sa souffrance. Si besoin est, parlons-en à une personne de confiance et discrète pour l’extérioriser où mieux, en parler avec la personne qui nous a blessé puis attachons-nous à la dépasser. Souvent, nous n’avons pas conscience d’avoir été « offenseur ». La transparence permet de faire réaliser à l’offenseur son mal et à l’offensé de dépasser sa souffrance et sa rancœur. La rancœur, c’est une ortie qui pousse dans le cœur de celui qui n’a pas voulu la couper, et si, il ne la coupe pas, elle le piquera toujours...

Grâce à Dieu, Lui, Le Digne de Louanges, Celui qui incite ses créatures au Pardon, à pardonner constamment, à accepter les excuses afin que les sentiments de haine et de vengeance ne polluent pas nos cœurs, j’ai appris à faire cet effort et je reconnais que ce cheminement n’est pas des plus simples mais comme tout croyant, je souhaite m’éteindre le cœur léger, non pollué par mes amertumes. Il faut ce retour sur soi-même et d’interrogation honnête : « Quel serait le comportement le plus noble à adopter ? »

«  (...) les vrais croyants sont ceux qui croient en Dieu et en son Messager, qui font le bien à ceux qui les maltraitent, qui gardent les liens avec ceux qui les rompent, qui pardonnent à ceux qui les privent, qui gardent les secrets de ceux qui les trahissent, qui adressent la parole à ceux qui se détournent d’eux et qui honorent ceux qui les méprisent (...)  » [2]

Et j’ai bien compris qu’on peut être la victime d’un conflit que l’on a soi-même volontairement ou involontairement déclenché. Etre attaquant ou attaqué ne préjuge pas de sa propre responsabilité. Dans quelle mesure mon attitude antérieure que je sois hiérarchique, subordonnée ou à parité n’a-t-elle causé le conflit ? Plus profondément, il nous faut toujours chercher à discerner le rôle de notre orgueil. Dans la plupart des cas, c’est lui qui nous a éloignés, nous conduisant dans un total aveuglement à une radicalisation de notre attitude qui a été un élément déterminant du conflit. Combien de fois j’ai moi-même inconsciemment agacé, irrité, voire exaspéré ma famille ou mes proches par ma désinvolture, mon intransigeance, ma froideur ou ma trop grande discrétion ? Nous ne pouvons pas espérer sortir d’un conflit avant d’avoir sincèrement pesé quelle est la pureté de nos intentions, propos, actions et réactions. Enfin, sachons nous aimer nous-mêmes tels que nous sommes, avec nos faiblesses et nos pauvretés, et nous pardonner nos erreurs, nos échecs, les occasions que nous n’avons pas su saisir. Sinon, notre vie n’est que le rabâchage scrupuleux et destructif des occasions manquées et des maladresses fatales et puis au fond, ce sont ces occasions manquées décrétées par Dieu Tout-Puissant, qui ont permis la réalisation du « moi » d’aujourd’hui. Otons les accusations que nous entretenons à l’intérieur de nous-mêmes car elles captent toute notre attention, nous raidit et nous éloignent des autres. Souvent, elles sont le signe d’un immense orgueil qui nous étouffe et nous empêche de nous accepter tels que nous sommes.

Autre chose, lorsque je songe à nos désobéissances constantes, à notre insatisfaction, à notre manque de reconnaissance face à Celui qui a fait de ce monde une demeure pour nous et lorsque sans cesse nous appelons à Son pardon, à la possibilité d’entrée dans sa demeure, ne pouvons-nous pas accorder cette même attention à nos semblables sans pour autant manger dans la main de nos ennemis ? L’Islam m’a appris le juste milieu et je sais que le pardon vaut bien plus que la haine ou la rancœur. Les injustices existeront toujours. Je loue Dieu-Tout-Puissant, d’avoir mis des gens assez forts pour pardonner et capables de tourner les pages de ceux qui n’y sont pas parvenus sinon quel aurait été l’état du monde ? Des règlements de compte en règlements de compte ? Un cercle vicieux ?

Nous, serviteurs de l’Islam, nous sommes plus que les autres appelés à témoigner dans notre vie quotidienne que nos propos et nos actes sont en cohérence avec nos convictions. Alors faisons-le. Soyons bons pour les « moins bons » afin que le monde ne voit pas son visage s’assombrir. Dieu nous apprend à supporter les épreuves, à endurer nos souffrances avec courage, à savoir pardonner et à demander pardon, et à semer notre vie de réconciliations dans la Paix et la Joie de l’Islam et lorsque je vois le comportement exemplaire de notre prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui) face aux invectives de ses ennemis et lorsque ceux-ci revinrent vers lui, repentants, ils n’ont pas trouvé la porte fermée, je ne puis que m’émouvoir et vouloir suivre ses traces.

Qu’Allah nous accorde à tous et à toutes l’opportunité de forger notre caractère et de modeler notre comportement de la meilleure façon, c’est-à-dire, à l’image de nos pieux prédécesseurs.
Âmine

[1] Hâdith Sahih Boukhâri et Mouslim.

[2] Extrait tiré du livre, Les exhortations sublimes de l’Imam Al-Ghazali.

Source : http://www.aslim-taslam.net

 

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