Des notions importantes sur l’islam - 1 » Paix et Amour entre les peuples

 Des notions importantes sur l’islam - 1

24/8/2009

Des notions importantes sur l’islam.(1)

 Affirmer la souveraineté de Dieu

        Nous retrouvons l'affluent supérieur mentionné par le Prophète. La formulation verbale de l'attestation que Dieu est unique et que Mohammed est son Prophète est le « premier pilier » de l'islam. Le sentiment de Dieu, qui est le résultat et la préface à la fois de l'engagement imanique et ihsanique, pénètre dans le coeur plus que par tout autre moyen par la simple répétition de la formule : « Il n'y a de dieu que Dieu », associée, bien sûr, aux autres disciplines du corps et du coeur. Les affluents de l'iman constituent un système de normes solidaires dont l'affirmation, d'abord verbale, de la souveraineté de Dieu, constitue l'élément central. L'affluent supérieur est comme la source principale qui alimente tout le système. La fertilité imanique vient à la suite d'un travail où la répétition du témoignage inlassablement occupe l'esprit et fait descendre progressivement, les certitudes dans le coeur.

        Le Prophète a insisté sur les vertus de cette formule et ceux qui ont reçu le message font de la répétition de cette phrase simple l'impératif de tous les instants. Bien leur en prend malgré le dénigrement des absents de Dieu (ghafiloun) qui comprennent mal qu'on soit obsédé de Dieu. Il est des ascétismes d'Orient qui procèdent à la commutation de l'être intérieur du disciple à force de lui faire répéter, jusqu'à l'étourdissement, des formules (mantras des hindous ou des bouddhistes). Les voies hors de l'ego sont multiples, la voie vers Dieu est unique malgré la ressemblance des méthodes.

        Le Prophète recommande à ses Compagnons de renouveler leur iman. « Mais comment le renouveler, Ô Envoyé de Dieu ! » demandèrent-ils. « Répétez très souvent [cette phrase] : il n'y a de dieu que Dieu », dit le Prophète.

        Le dire verbal possède cette vertu d'amener au coeur un flux d'iman, mais c'est en se combinant avec l'affluation en un dire de tout l'être que la dimension totale du sens que recèle cette formule se réalise. Si Dieu est mon seul souverain il s'en suit que moi, son serviteur, je dois assumer Sa Loi et combattre de toutes mes forces pour Sa cause.

Prier

        La Prière est le deuxième Pilier de l'islam. Le corps aussi bien que le coeur doivent participer, associés, à l'attitude globale d'humilité devant Dieu. C'est le mode de présence à Dieu Privilégié et la cérémonie la plus importante, et de loin, dans la vie quotidienne de la communauté. Cinq fois par jour, les fidèles se rassemblent à la mosquée pour prier ensemble et de concert. Ce sont des occasions fréquentes d'être présent aussi parmi ses frères. La Prière solitaire est permise mais elle est beaucoup moins efficiente pour l'éducation de l'iman, beaucoup moins valable que la Prière commune. En société de rénovation, le temps du travail doit être organisé en fonction de la Prière et le plus grand soin pris pour encourager la Prière en groupe.

        Les gestes réglés de la Prière constituent la forme il faut strictement imiter la façon que le Prophète a enseignée. Mais l'esprit de la Prière réside dans la présence à Dieu dans l'humilité et la contrition. Les versets du Coran récités avec présence initient un dialogue avec Dieu. Le fidèle en oraison n'a pas l'équipement spirituel pour entendre la parole divine ; voici les termes de ce dialogue tels que le Prophète les rapporte dans un hadith qodsi :

        C'est Dieu qui informe son messager « Je partage la Prière avec Mon serviteur - quand il dit « Gloire à Dieu, Maître des mondes ! », Je réponds : « Mon serviteur Me glorifie ! quand il dit : « Le Clément ' Le compatissant ! » Je dis « Mon serviteur Me fait louange » , quand il dit : « Roi du jour du jugement ! », Je dis « Mon serviteur M'exalte ! » ; quand il dit : « C'est Toi que nous adorons, c'est de Toi que nous attendons assistance ! », Je dis : « C'est [le lien de dépendance] entre Moi et Mon serviteur ! , quand il dit : « Dirige-nous vers le droit chemin, le chemin qu'ont suivi ceux que Tu as comblé de Tes faveurs, qui ne sont ni l'objet de Ton courroux ni des égarés ! », Je dis : « Cette faveur sera accordé à serviteur, son voeu sera exaucé ! »

Faire prière bénévole

        Même en dehors des cinq prières quotidiennes obligatoires, le dialogue avec Dieu est toujours ouvert. Certaines heures de la nuit et du jour, certaines occasions sont plus propices à la Prière. Le fidèle, par la Prière, sort du temps mondain neutre et s'affermit dans la chronologie sacrée. Chaque jour de la semaine se déroule de la pointe de l'aube à la tombée de la nuit, de celle-ci à l'aube, dans une succession de temps pour la Prière. La vie quotidienne des fidèles est ponctuée par les périodes de recueillement, de rassemblement, de présence collective ou individuelle à Dieu. Cette vie baignée dans le sacré a été, pourtant celle de combattants actifs et efficients dans le monde, non celle de moines contemplatifs. Le temps de Prière est à ce point sacré que même devant l'ennemi en pleine bataille les combattants doivent ménager un moment, à tour de rôle, pour accomplir les Prières obligatoires, brièvement, mais toujours par groupes et chaque Prière à son heure.

        Seul ou avec ses frères, le fidèle s'empare de son corps et de toutes ses facultés pour se mettre devant Dieu en Prière obligatoire ou à tout moment pour échapper à l'emprise des sollicitations quotidiennes et revenir à Dieu. Le Prophète donne l'exemple de cet exercice à la présence à Dieu ; les Compagnons rapportent qu'il se réfugiait dans la Prière chaque fois qu'un événement grave survenait. Fuite vers Dieu pour bander son courage et revenir à l'attaque des problèmes et non pas fuite dans la consolation.

        L'égoïsme fauve, la mentalité superbe et l'habitude de jouissance sont des pentes dans lesquelles l'ego nous fait glisser. La Prière lui oppose un coup d'arrêt et l'oblige à composer. Le Prophète rapporte ces paroles divines qui placent la Prière dans le contexte global de l'éducation de l'ego : « Je n'accepte de Prière que de celui qui en fait l'occasion de s'humilier devant Ma Majesté, celui qui n'opprime pas Ma Créature, qui ne persiste pas une seule nuit dans la désobéissance à Ma Loi, qui passe sa journée à se souvenir de Moi, qui a pitié des nécessiteux et qui leur vient en secours. Celui-là, sa Lumière peut se comparer à celle du soleil. Je l'entoure de Ma puissance. Je le fais protéger par Mes anges, Je l'illumine dans les ténèbres, Je lui inspire l'équanimité quand les autres deviennent violents. Parmi Ma créature il est comparable au firdaous parmi Mes paradis ».

Réciter le Coran

        « Chaque fois, dit le Prophète, qu'un groupe de fidèles se réunissent dans une maison de Dieu (mosquée) pour réciter le Coran et discuter entre eux de sa signification, la paix du coeur descend sur eux, l'amour les enveloppe et Dieu parle d'eux à ceux [de Ses Elus] qui se trouvent en Sa présence. » La simple récitation du Coran et la simple discussion de son sens appellent sur nous un flot d'amour et de paix intérieure. A un degré supérieur de présence à Dieu par le canal de la présence à Sa parole, le Livre de Dieu est reçu comme un message personnel, à lire et à exécuter avec ferveur. Quel privilège d'être là à lire le message, à se savoir personnellement visé, à être personnellement destinataire de cette lettre de Vérité!

        La révélation faite au Prophète, nous y participons chaque fois que nous lisons le Coran avec toutes nos facultés de présence.

        « Qui lit le Coran, dit le Prophète, embrasse la révélation dans son coeur ; seulement il ne la reçoit pas directement. Celui qui est lecteur assidu du Coran ne doit pas se laisser emporter par les émotions ni devenir violent. »

        Le souci éducatif de l'ego se lit partout dans les recommandations du Coran et du hadith. Il faut toujours se méfier des incartades de notre être superficiel rebelle mais perfectible, toujours le redresser, toujours le rappeler à notre servitude à Dieu pour échapper au joug qu'il essaie de nous imposer.

Se souvenir de Dieu

        Le mot dhikr comporte à la fois l'idée de se souvenir et le fait de répéter le nom de Dieu ; l'un étant le moyen de parvenir à l'autre. La répétition mécanique des formules consacrées est un acte pieux, mais le fruit de la répétition verbale est la présence du coeur à Dieu,

        A ce stade d'éveil, l'acte verbal du fidèle comme sa simple apparition devant ses frères leur rappellent Dieu. On demanda au Prophète de désigner quels sont les amis de Dieu. « Les amis de Dieu, répondit-il, sont ceux dont la simple vue vous rappelle Dieu ».

        Voici la progression du serviteur dans la présence à Dieu telle que la dépeint ce hadith qodsi rapporté par le prophète : « Je fais de Mon serviteur ce qu'il attend que Je fasse de lui (il faut avoir bonne opinion de Dieu, avoir foi en Sa bonté). Je suis présent en son coeur chaque fois qu'il se souvient de Moi en répétant Mon nom. S'il se souvient de Moi à part soi, Je Me souviens de lui à part Moi-Même. S'il se souvient de Moi en assemblée, Je mentionne son nom dans une assemblée meilleure. S'il s'approche de Moi d'un empan, Je M'approche de lui d'une brassée. S'il s'approche de Moi d'une brassée, Je M'approche de lui de toute l'envergure des deux bras tendus. S'il vient à Moi en marchant, Je vais à lui en toute hâte ».

        Dans ce livre nous recherchons la méthode d'aller à Dieu, de la marche de l'individu et des conditions politiques, économiques et sociales favorables à cette marche. Nous savons que le parcours est difficile, que la pente est raide, que le complexe socio-psychologique constitue un handicap sérieux. La présence à Dieu par toutes les disciplines que ce chapitre énumère est l'exercice principal d'assouplissement de l'ego et le moyen de ramasser les forces intérieures dispersées. Le dhikr est en vérité le nom générique de toutes ces disciplines et l'essence de leur forme.

Fréquenter les assises de l'imane

        La Prière, la récitation du Coran comme les autres disciplines de souvenance sont plus efficientes si elles s'accomplissent en commun. Il y a une vertu particulière dans l'assemblée des fidèles ; on devient plus courageux en compagnie des braves, les troubles psychiques disparaissent dans le bain des psychodrames dont la psychanalyse moderne découvre les techniques. La psychanalyse montre l'effet bénéfique de la communion entre le patient et le psychiatre qui écoute. Il ne faut pas chercher plus loin le secret de la réussite de cette thérapeutique. En guerre comme en psychanalyse, les egos sont seuls en cause avec, en arrière-plan, le sentiment humain, terrain des vertus de courage, de pitié et de compassion, vertus qui, par un phénomène de vases communicants, passent d'un individu à l'autre, d'un groupe d'individus sains et forts aux individus pusillanimes ou malades. Il y a contagion des sentiments dans la troupe à l'assaut et dans l'assemblée du psychodrame. Quelquefois, un seul être, particulièrement doué de vertus solides ou de charisme, magnétisme des personnalités fortes, peut influencer les foules et enlever l'enthousiasme.

        Au niveau du coeur et des vertus imaniques la même contagion opère. Les assises de l'iman (majâlis al-iman) sont des réunions d'étude et de dhikr. Au temps du Prophète, ces réunions étaient reconnues pour leur effet tonique sur les vertus de chacun

        Anas, le Compagnon, rapporte que Abdallah Ibn Rawaha, un autre Compagnon, disait chaque fois qu'il rencontrait un autre Compagnon : « Viens que nous pratiquions l'iman un moment ! ». Un jour il fit cette invitation à un homme qui se fâcha et vint trouver le Prophète : « Ô Messager de Dieu, lui dit-il, ne vois-tu pas cet Ibn Rawaha qui enseigne à sa façon et non à la tienne l'iman d'un moment ? ». « Que Dieu garde Ibn Rawaha ! » dit le Prophète, « il aime les réunions où les anges font compétition pour assister ».

Imiter le Dhikr du Prophète

        Le Prophète enseignait des formules de dhikr à ses compagnons et la manière de les réciter dans toutes les circonstances de la vie. Au lever comme au coucher, avant de sortir et après être rentré, au repas et dans l'intimité, à la mosquée comme au marché, nous devons évoquer Dieu Pour nous rappeler à Sa présence. Les absents (l'absence à Dieu est la condition normale lorsque l'ego s'identifie par rapport au monde) imitent le Prophète verbalement ; vite l'habitude est prise de répéter mécaniquement des formules apprises par coeur. Cela est louable à son niveau ; l'iman vient aussi par ce canal automatique. Une fois que le fidèle est exercé à la présence, l'imitation du Prophète traduit et reflète des sentiments éprouvés réellement.

Invoquer Dieu

        Dieu dit dans ce hadith qodsi rapporté par le Prophète : « Je traite Mes serviteurs selon l'opinion qu'ils ont de Moi. Je suis avec eux quand ils invoquent Mon Nom ».

        Les absents sont solidement carrés dans leur individualité superficielle, confiants en leurs forces. Ils ne comptent que sur eux-mêmes pour pousser leur barque. Le fidèle, lui, se confie à Dieu et lui expose continuellement les difficultés qui le distraient de son chemin. Demander aide et assistance à Dieu est une manière de ne pas perdre de vue la Volonté qui dirige tout au moyen des nomos (lois naturelles) réguliers. Respecter les lois de la causalité est un devoir pour le fidèle ; il faut qu'il fasse effort, il faut qu'il aille jusqu'au bout de ses forces dans l'accomplissement du devoir. Mais en même temps, il doit se souvenir, par l'invocation de Dieu répétée à longueur de journée, que toute loi et toute force viennent de Lui. Dans les actes d'adoration comme dans l'action ordinaire, la présence du fidèle à Dieu ne laisse pas les vents violents de la conjoncture nous emporter ni l'arrogance égoïste nous imposer sa souveraineté.

Imiter les invocations du Prophète

        Pour chaque occasion de la vie, pour exprimer à Dieu le besoin de Son assistance en tout ce qu'il entreprenait, le Prophète avait les accents qui convenaient. Voici par exemple l'invocation qu'il enseigna à son épouse Aïcha : « Ô Dieu ! je Te demande de m'accorder le Bien dans l'immédiat et dans la Vie Dernière. Tout le Bien, qu'il soit en ma connaissance ou non. Je Te demande de me soustraire au Mal dans l'immédiat et dans la Vie Dernière. A tout le Mal, qu'il soit en ma connaissance ou non. Je Te demande le paradis et je Te demande de me guider dans l'accomplissement des paroles et des actes qui y mènent. Je Te demande de me protéger de l'enfer et des paroles et actes qui y mènent. Je Te demande le meilleur de ce que Ton Serviteur et Messager Mohammed - que Dieu répande sur lui Sa Grâce - T'a demandé. Je Te demande protection de ce contre quoi Ton Serviteur et Messager Mohammed, - que Dieu répande sur lui Sa Grâce - T'a demandé protection. Je Te demande de faire en sorte que ce que Tu as décidé de me faire advenir aboutisse en bien. »

Appeler la bénédiction de Dieu sur le Prophète

        La personne du Prophète est le foyer humain où convergent l'affection et les pensées des fidèles. L'amour du Prophète n'a cependant jamais atteint les dimensions du culte que les chrétiens vouent à Jésus. Différence de qualité non de degré. Les Eglises égarées divinisent un homme, quant à l'invitation qui nous est faite d'appeler la Grâce et la Bénédiction de Dieu sur le Prophète, elle vise, entre autre, à nous rappeler sa nature humaine de Serviteur-Messager. Contrairement à la tendance légaliste qui fronce les sourcils et flaire partout des hérésies possibles, invoquer la Grâce de Dieu sur le Prophète est une pratique destinée aussi à renforcer notre attachement à cet homme béni de Dieu. Il faut seulement que notre amour du Prophète participe de l'amour et ne tourne pas en idolâtrie. La présence à Dieu doit transcender toute présence ; le Prophète n'est après tout que Son Serviteur humble.

        Ceci dit, bénir le Prophète nous vaut de la part de Dieu une récompense décuplée. « Quiconque, dit le Prophète, appelle sur moi la bénédiction de Dieu une fois, Dieu le bénira dix fois ».

Se repentir

        Il n'est pas donné à l'homme de pouvoir être irréprochable : les Prophètes de Dieu font, seuls, exception. Le fidèle doit être vigilant vis-à-vis de soi-même pour ne commettre aucune offense à la Loi. Mais la faiblesse humaine fait que nous sommes tous pécheurs. Il est agréable à Dieu de voir Son serviteur Lui revenir et demander humblement la rémission de ses péchés.

        Au stade avancé de l'iman, le repentir est un retour à la présence, un pas positif vers Dieu comme l'indique ce hadith qodsi qui reprend un thème déjà abordé : « Quiconque fait une bonne action sera récompensé au décuple sans préjudice pour ce que Je peux lui ajouter. Quiconque commet une faute sera puni au simple à moins que Je ne la lui remette. Quiconque s'approche de Moi d'un empan, Je M'approche de lui d'une brassée. Quiconque s'approche de Moi d'une brassée, Je M'approche de lui de toute l'envergure des deux bras ouverts. Quiconque vient à Moi en marchant, Je vais à lui en toute hâte. Quiconque comparait devant Moi (après la mort) ayant foi en Mon unicité, même s'il avait commis (durant sa vie première) plein la terre de péchés, Je suis capable de lui faire grâce de tout ».

Craindre Dieu et espérer son amour

        L'homme naturel, normalement absent à Dieu, se meut dans l'univers de l'ego traqué ; il a peur de la maladie, peur du lendemain, peur de mourir, peur de son ennemi et de son chef ou rival. Ses espérances ne dépassent pas la sphère des intérêts immédiats, du « bonheur » terrien.

        Dieu promet le paradis au fidèle, l'enfer au mécréant. Dans le Coran, ceux qui craignent l'enfer et espèrent le paradis sont loués pour ce sentiment qui ne peut visiter le mécréant tranquille, Le degré supérieur est celui des moumins qui, accessoirement préoccupés par le paradis et l'enfer. créatures de Dieu comme eux, ne jettent leur regard intérieur perpétuellement que sur le Créateur Lui-Même. Le paradis n'est que la demeure réservée aux hôtes de Dieu ; l'enfer, quelque terrible qu'il soit est moins redoutable que la disgrâce divine. Dans le coeur du fidèle la crainte de Dieu et l'espérance en Son amour se conjuguent dans un équilibre dynamique qui qualifie la haute conscience morale, la dhimma vivante.

 Se souvenir de la Mort

        Le mécréant craint la mort comme le mal absolu. La civilisation jahilienne fait de la vie, de la conservation de la vie, du niveau de vie, la valeur suprême. Le « bonheur » commence et finit là, la mort est le trouble-fête, l'intrus indésirable. En parler est devenu tabou. L'industrie funèbre doit avoir pour première qualité la discrétion ; vite il faut évacuer le cadavre, vite oublier !

        Pour le fidèle, au début de son éveil, la mort est encore un ennemi, l'attrait de la vie immédiate est encore grand. Peu à peu, à mesure qu'il avance vers Dieu et qu'il raffermit ses liens avec Lui, la mort change de signification et devient le moment attendu pour la rencontre tant désirée. L'ego s'attache au nid de ses habitudes, mais l'Esprit éveillé et fouetté par la nostalgie veut voler vers ses origines. Quand l'ego approche de l'apaisement, la mort de ce corps provisoire et encombrant est une délivrance bienvenue.

        « Quiconque, dit le Prophète, aime rencontrer Dieu, Dieu aimera le rencontrer. Quiconque déteste rencontrer Dieu, Dieu détestera le rencontrer ». Notre mère Aïcha écouta ces paroles et demanda : « O Prophète de Dieu ! est-ce à dire que nous ne devons pas détester mourir ? ». « Ce n'est pas aussi simple que cela ! répondit le Prophète ; le fidèle, informé de l'amour de Dieu, de Sa satisfaction et de Son paradis, aime pour cela Le rencontrer. L'infidèle, informé de la tourmente que Dieu réserve à ses semblables et du courroux divin, déteste rencontrer son Seigneur ; Dieu alors déteste le rencontrer ».

        Aimer Dieu pour Ses bontés, pour Son paradis et pour Sa satisfaction, c'est le degré de l'iman que le Prophète décrit dans ce hadith. L'ihsan consiste à vouloir, au-delà des bontés et de la satisfaction, Dieu pour Lui-même. Dans les deux cas la mort est le passage nécessaire et désiré quel que soit le recul naturel de l'ego devant l'inconnu.

        Il est recommandé aux fidèles, comme un exercice d'arrachement à la vie basse, de préparer la dépouille mortelle de leurs frères eux-mêmes et de l'accompagner à sa dernière demeure. En principe, il ne doit pas y avoir de professionnels des pompes funèbres en Islam. Le cérémonial, présidé et exécuté par des professionnels, finit par apprivoiser la mort en la noyant dans les conventions sociales. Elle n'est plus alors le rappel de notre fragilité sur terre que nous devons amplifier pour faire lâcher prise à ceux parmi nous qui sont agrippés à l'illusoire de cette vie passagère. Le Prophète recommande à son Compagnon Abou Dharr : « Visite le cimetière ; cela te rappellera la Vie Dernière. Fais la toilette des morts, car le soin donné à une dépouille vidée te fera une impression profonde. Fais prière sur les morts, peut-être cela te rendra-t-il plus réfléchi. Ceux qui méditent [sur les choses graves du devenir] ici bas seront sous l'ombre de Dieu au Jour du Jugement ».

 
Source :
http://islam.free.fr  

 

 

Tags : ISLAM
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