Culture Pop au nom de l’Islam » Paix et Amour entre les peuples

 Culture Pop au nom de l’Islam

30/8/2009

Culture Pop au nom de l'Islam

La culture pop qui gonfle autour de soi-disant chanteurs d’anachides [1] me met très mal à l’aise. Bien sûr, j’utilise le terme "chanteurs d’Anachides" avec légèreté. "Boys band" islamiques ou "pop-star" musulmane serait sans doute plus approprié. D’éminents savants à travers l’Histoire ont souvent confirmé que la musique était haram, et je ne me rappelle pas avoir lu que les Sahabas sautaient au son de la musique. Comprenez moi bien : je suis pour les instants de détente, mais d’une manière digne et qui soit adaptée à notre environnement.

La cause de mon inquiétude publique vient du concert à Central London, où des soeurs se sont lâchées dans les gradins dans une vague de fanatisme. Et je ne parle pas de petites filles sans cervelle ; je parle de soeurs dans la vingtaine, trentaine et même quarantaine, qui ont gloussé, crié, vibré et dansé. Même les gars de la sécurité, qui ressemblaient plus à des nettoyeurs de pipe qu’à des bulldozers, sont restés abasourdis et désorientés, alors qu’ils essayaient d’empêcher les soeurs de se lever de leur siège. Bien entendu, les chauffeurs de salle ne les aidaient pas et levant les mains, encourageaient une foule largement féminine à "se lever et chanter ensemble".

La source de toute cette adulation était le citoyen britannique Sami Yusuf, si fier de son passeport écarlate qu’il veut tous nous voir brandir l’Union Jack (NdT : le drapeau de la Grande Bretagne). Je m’étonne qu’il n’ait pas demandé à ses fans d’entonner le "Land of Hope and Glory" [2]. Le frère Sami a demandé à son auditoire s’il était fier d’être britannique, et les relançait en leur disant qu’il n’avait rien entendu.

Comment peut-on être fier d’être britannique ? La Grande-Bretagne est le troisième pays le plus détesté dans le monde. L’Union Jack est trempé du sang de nos frères et soeurs en Irak, Afghanistan et Palestine. Notre histoire est trempée dans le sang du colonialisme, enraciné dans l’esclavagisme, la brutalité, la torture et les oppressions. Et nous n’avons pas eu un match de foot valable depuis que nous avons levé la Coupe du Monde en 1966.

Apparemment, Sami a aussi déclaré qu’un des arguments de vente de la marque "Grande Bretagne" étaient les musulmans de la Police Municipale. Astarfirullah ! Mon gars, ce sont ces mêmes policiers qui avaient ordre de tirer pour tuer et qui auraient descendu un musulman s’ils avaient su faire la différence entre un bengladeshi et un brésilien. C’est cette même police qui a envahi 3000 foyers musulmans britanniques depuis le 11 septembre. Quelle est la vie sur la Planète Sami, on se le demande. S’il est aussi fier d’être britannique, pourquoi est-il résident en Egypte, cette grande démocratie du Moyen Orient ?

Apparemment, le type d’hystérie que Sami a aidé à encourager se retrouve aussi aux Etats-Unis. Et si ça se passe des deux côtés de l’Atlantique, ça doit donc contaminer le reste du globe, et empoisonner les masses. Les boys band islamiques comme 786 ou "Mecca 2 Medina" sont sujets à la même adoration féminine que la "Star’Ac" ou la "Nouvelle Star". Il faut absolument que les évenements islamiques encouragent un comportement plus sain et réservé.

Est-ce que nous accusons les soeurs hystériques ? Ou bien les organisateurs pour avoir autorisé ce comportement excessif qui entache l’Islam ? Ou bien les artistes eux-mêmes ?

Abu Ali et Abu Abdul Malik, qui combattent pour leur religion, n’essaieraient pas de provoquer cette hystérie. Ni les chanteurs d’Anachids héroïques anonymes qui chantent pour leur liberté ; jetez un oeil à "Idhrib Ya Asad Fallujah" [3], et vous saurez exactement de qui je parle.

Fallujah est maintenant synonyme de la même résistance héroïque qui a élevé les palestiniens de Jénine aux rangs de la résistance qu’on décrit dans le "Paris Communeand the Siege of Leningrad". Les militaires américains ont censuré tous les Anachids sur Fallujah, par la puissance et la passion qu’ils évoquent. Si ces Anachids font sauter et danser les soeurs dans les rues, ces chants seraient encouragés [par les américains] par les pratiques harams qu’ils auraient généré.

Très franchement, je ne sais pas comment quelqu’un dans la Oumma peut vraiment se laisser aller à crier et gueuler avec joie dans les salles de plaisir, quand il reste tant de brutalité et de souffrance dans le monde à ce jour. Les rivières de sang coulent librement des veines de nos frères et soeurs à travers le monde musulman. Crier et appeler le nom des héros musicaux couvrent les cris sortant des donjons d’Ouzbékistan, où frères et soeurs sont bouillis vivant dans des vasques d’eau. Combien sauteront les bras en l’air, avec force cris sauvages pour la justice des notres au Cachemire, Afghanistan, Tchétchénie, Palestine et Iraq ? Et on oublie encore bien des champs de bataille à travers le monde arabe et asiatique. Allez vous grimper aux sièges des théâtres pour exprimer votre rage de Guantanamo et des autres goulags où nos frères et soeurs sont torturés, violés, sodomisés, battus et brûlés ? Ou bien allez vous juste débrancher votre soeur inquiète et allumer les Sami Yusuf parce qu’il sait vous vendre un mirage fait de mots apaisants et d’une voix mélodique ?

Ô musulmans, réveillez-vous ! La Oumma ne saigne pas, elle est en hémorragie. N’écoutez pas ce qui est haram. Ecoutez la souffrance de votre famille globale.

(traduit de l’anglais via www.DailyMuslims.com)

 


[1] NdT : chants religieux

[2] Ndt : chant patriotique

[3] Ndt : "Frappe, ô lion de Fallujah"

 

Abd-ul-Jalîl B.

Source : http://www.aslim-taslam.net

 

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