Je suis seule parce que... » Paix et Amour entre les peuples

 Je suis seule parce que...

6/9/2009

Je suis seule parce que...

« Ils sont tous nuls », « Mes enfants d’abord», « Je suis très bien comme ça »… Huit mauvaises raisons de choisir la vie en solo, et autant de façons d’en sortir.

 

Violaine Gelly

 

LA RESIGNEE

Ce qu’elle dit : « Je ne rencontre jamais personne »

Ce que ça cache : c’est la vérité, elle ne rencontre jamais personne. Aucun risque. Elle préfère s’avouer vaincue avant d’avoir livré bataille, et ne pas affronter l’éventuel danger de la rencontre. Sa négation est un blindage sécurisant contre un total manque de confiance en elle. D’ailleurs, pour peu qu’on la pousse, elle finira très vite par avouer: « De toute façon, je suis nulle.» Quelle mère se cache derrière cette incessante dévalorisation ? Une mère qui lui répète encore régulièrement : « Tu pourrais rencontrer quelqu’un si seulement tu maigrissais/cessais de couper tes cheveux/étais plus féminine/sortais plus… », et qui commence deux phrases sur trois par « Ma pauvre fille» ? Pour combattre la souffrance de se sentir si mal avec elle-même, la résignée risque de passer du « Je suis nulle » au « Les mecs sont tous des nuls ». Ça tombe bien, c’est également ce que disait maman !

                       

LA GUERRIERE

Ce qu’elle dit : «Je fais peur aux hommes»

Ce que ça cache : bien sûr qu’elle fait peur aux hommes, cette amazone forte et sûre d’elle. Et dont personne ne voit qu’à l’intérieur pleure une enfant blessée. Quelle souffrance de la petite fille répare la grande ? De qui se venge-t-elle ? De son père, de son grand-père, de son frère, de son patron, d’un ex… ? Ou est-ce sa mère qu’elle a vue humiliée, en se promettant: « Moi, jamais ! » ? Comme elle refuse d’être en contact avec son envie ou son besoin de couple, elle s’en coupe et surinvestit son autonomie. Elle veut être actrice de sa vie et estime qu’il n’y a personne à sa mesure. Certains disent d’elle qu’elle se trouve trop bien. En fait, elle ne cesse d’osciller entre complexe d’infériorité et de supériorité.

 

L’INDEPENDANTE

Ce qu’elle dit : « J’aime trop ma liberté »

Ce que ça cache : elle bosse beaucoup, fait du sport, de la musique, court les expos et les concerts, voit ses copines et part en vacances, bref, elle n’a pas une minute à elle. Où donc coller un Post-it « homme » dans cet agenda-là ? En fait, elle a pris le problème à l’envers : sa vie n’est pas trop remplie pour que s’y glisse un homme, elle l’a saturée pour qu’un homme n’y trouve pas sa place. D’où vient ce besoin de contrôle absolu, cette peur de lâcher prise et de s’abandonner ? Sans doute, dans son histoire, de la présence d’un parent intrusif et autoritaire, toujours à juger ce qu’elle faisait, toujours à critiquer, toujours à porter un regard inquisiteur. Comme la petite fille n’a pas su dire « non » à ce regard inquisiteur, la grande craint de ne pas savoir le faire face à un homme. Donc, elle verrouille et ne laisse aucune place vacante.

       

LA ROMANTIQUE

Ce qu’elle dit : « J’attends le bon »

Ce que ça cache : la romantique n’a pas grandi. Elle est cantonnée dans la toute-puissance de l’enfant qui croit qu’il peut tout avoir. Cette femme qui peut être brillante, performante, lucide dans une multitude de domaines, est totalement aveugle dès qu’il s’agit de se confronter à la réalité affective ! Elle reste en haut de sa tour d’ivoire et attend le prince charmant. Elle pare sa peur de tous les atours du romanesque et de l’amour sublime, mais elle vit dans un total déni du quotidien. Mauvaise nouvelle : elle peut attendre longtemps, car si elle ne va pas vers l’autre, l’autre ne viendra pas vers elle. Surtout si elle n’accepte pas l’éventualité que le prince charmant ne sera jamais qu’un être humain, c’est-à-dire faillible et rempli de défauts… comme elle.

 

LA PLATONIQUE

Ce qu’elle dit :« Je n’aime pas le sexe »

Ce que ça cache : elle adore son boulot, elle est entourée d’amis, bref, elle a d’excellentes relations avec les autres. Tant que le sexe n’est pas en cause. Elle n’a pas peur de l’amour, mais de la sexualité – c’est d’ailleurs le propre de toutes les femmes qui la connaissent peu ou mal. Avant, pour le meilleur ou pour le pire, elles affrontaient cette peur dans les bras de leur mari. Aujourd’hui, elles utilisent un célibat parfaitement admis par tous pour la camoufler sous la forme d’une libido absente. Mais plus le temps passe, plus la peur s’enkyste. D’autant que notre société hypersexualisée n’est pas faite pour les rassurer. S’ajoute, en effet, la peur de ne pas savoir répondre à ces diktats de jouissance, qui enferment nos platoniques dans une « anormalité ».

 

LA FEMME BLESSEE

Ce qu’elle dit :« Je ne veux plus souffrir »

Ce que ça cache : qu’elle ait perdu un homme, qu’elle l’ait quitté ou qu’elle ait été abandonnée, la victime associe amour et souffrance. Ou alors, à l’inverse, elle n’arrive pas à faire le deuil d’une histoire magnifiée. Ou encore, elle garde en tête un homme idéalisé, un père, un frère, un ami… Dans tous les cas, elle n’a pas su faire le travail de deuil nécessaire. En restant la victime, elle n’est pas actrice de sa vie et ne peut pas se rendre disponible pour une nouvelle histoire. En restant prisonnière d’une histoire magnifiée, elle repousse la rencontre pour ne pas rompre avec son imaginaire. Elle est célibataire, mais elle n’est pas seule, en tout cas pas disponible.

 

LA MERE SOUFFRANTE

Ce qu’elle dit : « Mes enfants n’accepteront jamais »

Ce que ça cache : en s’abritant derrière ses enfants, elle cache son refus de l’engagement, sa peur de la rencontre. On trouve en elle de l’infirmière et de la platonique : être mère lui sert d’alibi pour ne pas être femme. Le drame, c’est que ses enfants risquent de ressentir, plus tard, une immense culpabilité à vivre et à aimer ailleurs, puisqu’elle-même n’aura pas su. Il sera alors très difficile pour eux de se rebeller contre ce qu’ils prennent pour de l’amour, et risquent de se réfugier dans la violence pour tenter de couper plus vite ce cordon qui les étouffe.

 

L’INFIRMIERE

Ce qu’elle dit : « Je ne tombe que sur des loosers »

Ce que ça cache : le pire, c’est que c’est vrai. Mais elle y est pour beaucoup puisqu’elle pense ne pouvoir être aimée que lorsqu’elle est utile. A tous les coups, elle va être attirée par un homme avec une blessure narcissique qu’elle va vouloir réparer. Or, c’est un binôme fondé sur la souffrance. Car en aimant l’autre, elle croit s’aimer elle. Mais l’autre est un vampire : il va l’aspirer jusqu’à ce qu’elle n’ait plus rien à donner. Et la jeter. Elle pourra alors se morfondre en disant : « Avec tout ce que j’ai fait pour lui… » Cette idée de l’amour vient souvent des injonctions parentales. N’entend-elle pas toujours sa mère lui dire : « Je ne comprends pas que tu sois seule, tu as tout pour rendre un homme heureux » ? Mais on ne parle pas d’amour, ici. On parle de dévouement.

 

Quatre ans plus tard, quand je réfléchis à tout ce que j’ai dû abandonner pour vivre cette belle aventure qui dure, un paradoxe me vient en tête : celui d’un aller-retour incessant entre contrôle et laisser-aller. Du côté du laisser-aller, il m’a fallu abandonner le propre du bonheur célibataire : les dimanches en pyjama à regarder des séries débiles, les “pas envie de me laver les cheveux” ou “pas le courage de sortir”. Du côté du contrôle, j’ai dû céder celui du quotidien pour partager : le temps et ce que l’on en fait, mais également l’espace.

 

Il a été très douloureux, par exemple, de quitter mon appartement, lieu protecteur et bienfaisant. L’autre concession, ç’a été d’arrêter l’expression, immédiate et brutale, des sentiments – peur, colère, agacement – qui m’animent, au moment où ils m’animent. Par respect pour lui, il m’a fallu, non pas les taire, mais apprendre à attendre le moment idéal pour les lui faire entendre. Bref, apprendre une autre forme de contrôle… Et quand je reviens sur tous ces “sacrifices”, je découvre que le vrai renoncement a été de croire que mon monde tournait autour de moi.

 

En vrai, dans l’amour, aucune des abdications du quotidien ne s’avère être un renoncement, aucune ne met en péril ce que nous sommes vraiment. Bien au contraire : une relation heureuse nous fortifie. Ainsi, cette belle liberté que je revendiquais haut et fort non seulement n’a pas disparu, mais elle est confortée par la sécurité que m’assure l’amour de l’autre. Comme un navire qui peut tranquillement braver la tempête, sûr de son port d’attache. »

 

 

Source : http://www.psychologies.com

 

Tags : Mariage
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