ISLAMOPHOBIE RAMPANTE EN EUROPE ET JUDAÏSATION D’EL QODS » Paix et Amour entre les peuples

 ISLAMOPHOBIE RAMPANTE EN EUROPE ET JUDAÏSATION D’EL QODS

3/12/2009

ISLAMOPHOBIE RAMPANTE EN EUROPE ET JUDAÏSATION D’EL QODS
La diversion des minarets
03 Décembre 2009

«J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup, je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture»
(Claude Lévi-Strauss, propos recueillis par Dominique-Antoine Grisoni, in Magazine littéraire, hors-série, 2003).

Voilà comment Claude Lévi-Strauss, ethnologue mort récemment en France, décrivait l’Islam. Il n’est donc pas étonnant que des citoyens lambda chauffés à blanc par une idéologie qui fait dans l’exclusion de l’Islam, justement le tiers exclus de la Révélation abrahamique, en viennent à être terrifiés par l’Islam et à prendre pour cibles les musulmans dans leur ensemble. Ces derniers vivant des moments difficiles comparables mutatis mutandis aux Nuits de cristal qu’ont subies des Juifs sous le IIIe Reich. Le nouvel épisode dans la stratégie de diabolisation de l’Islam nous vient d’un petit pays, a priori, sans problème: la Suisse qui se révèle être le laboratoire européen d’une nouvelle façon de percevoir le musulman en lui interdisant, par touches successives, toute essence spirituelle autre que celle dominante.
De quoi s’agit-il? D’une conception architecturale d’une mosquée qui veut que chaque édifice religieux possède un minaret (de l’arabe manara: phare). Il s’agit généralement, d’une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Son but est de fournir un point élevé au muezzin pour les 5 appels à la prière par jour. Le minaret n’a pas été préconisé par Mohammed (Qsssl). C’est Bilal, un musulman abyssin qui, le premier, appela les fidèles. Le minaret date du premier siècle de l’Hégire. Le nombre de minarets par mosquée n’était pas figé. Longtemps, la mosquée sacrée de La Mecque fut la seule à avoir six minarets. Cependant, lorsque les Ottomans entreprirent la construction de la Mosquée Bleue à Istanbul, ils la dotèrent également de six minarets. Il a fallu en construire un septième à La Mecque, afin que la mosquée sainte ne soit pas surpassée.

La Suisse a parlé
«Malgré tous les sondages qui donnaient le "Non" vainqueur- voulez-vous interdire les minarets?- les Suisses ont répondu "Oui" à 57%. Ce fut un "tollé"» nous dit-on dans les capitales européennes et on commence à dire que les Suisses disent tout haut ce que les Européens pensent tout bas. Que représentent les musulmans en Suisse? Selon le recensement fédéral de l’an 2000, ils représentent 4.3% de la population suisse, soit 340.000 personnes sur 7,4 millions. L’Islam est la troisième religion du pays et les musulmans sont la quatrième catégorie religieuse après les catholiques (42%), les protestants (33%) et les athées (11%). En 2007, la Suisse compte quatre mosquées avec un minaret à Zürich (depuis 1963), à Genève (depuis 1978), à Winterthur et à Wangen bei Olten. Aucun d’entre eux n’est utilisé pour l’appel à la prière comme le veut la pratique dans certains pays.»(1)
«Pourquoi est-il écrit dans cette lettre cette fixation sur un minaret au point d’en faire des caricatures qui incitent à la peur?» «Les promoteurs de l’initiative, se fondant sur les statistiques religieuses, insistent sur une islamisation rampante de la Suisse. Ainsi, notre pays deviendrait de plus en plus musulman, et l’on verrait, dans quelques années, l’application de la sharia (loi islamique). Mais allons quand même plus loin, et regardons les statistiques dans leur ensemble pour voir réellement ce qui se passe dans notre pays depuis quelques dizaines d’années. Les protestants eux sont passés de 45% en 80, à 35% (-10%!) en 2000. Les catholiques, quant à eux, sont passés de 47% en 80 à 41% (-6%) en 2000. Première remarque donc, nous sommes face à une déchristianisation de la Suisse. Mais où partent alors les pourcentages perdus chez les chrétiens? Les athées (sans confession) étaient 3,7% en 1980, et 12% en 2000, soit une hausse de 8,3% en 20 ans. Deuxième remarque donc, nous sommes bien plus en face d’une athéisation de la Suisse, que d’une islamisation. L’irrémédiable perte de puissance de la chrétienté ne donnerait-elle pas des nausées à certaines personnes rêvant de faire de la Suisse un "pays chrétien"? L’Islam ne serait-il pas un concurrent un peu trop dérangeant? Les musulmans étant, de plus, principalement étrangers, ils sont une cible bien facile à atteindre, tandis que les athées, principalement suisses et ne pratiquant pas une religion, ne pourraient faire l’objet de critiques (le pape se charge de le faire). Et puis, un athée suisse, c’est un athée, mais de culture chrétienne, alors ça va... L’argument que j’ai trouvé le plus ridicule et révélateur lors de cette campagne, c’est bien celui des églises interdites en Arabie Saoudite: puisqu’ils interdisent la construction d’église, dans les pays musulmans (...) nous interdisons la construction de minarets dans notre pays. (...) Alors, pourquoi parler de ça? Tout simplement parce que les zélateurs de l’initiative tentent de faire croire que la religion chrétienne a plus de légitimité parce qu’elle respecte l’Etat de droit, ce qui ne serait pas le cas de l’Islam. L’unique chose qui nous a permis d’arriver à une paix religieuse et à une indépendance égalitaire de tout citoyen vis-à-vis d’une religion, c’est la laïcité, et rien d’autre.»(1)
«La Suisse a donc parlé, donnant à voix haute une réponse à des questionnements dont il serait, par hypothèse, intéressant de connaître officiellement les réponses si tous les pays de l’Union européenne, et principalement la France, manifestaient à leur tour leurs sentiments et leurs opinions.» «C’est un résultat catastrophique, déclare Tariq Ramadan, ajoutant qu’il y a une vraie peur, un questionnement profond sur la question de l’Islam en Suisse.» Mais voilà, mauvaise analyse, surtout de la part d’un intervenant qui n’a rien d’anodin car le questionnement profond n’est pas limité à la Suisse. Il est en effet à l’échelle d’une Europe tout entière qui pose la seule véritable question qui vaille, à laquelle une réponse doit être apportée, celle de savoir pourquoi, en Europe, au-delà du symbole renvoyé par cette votation, les musulmans ne se sentent pas et ne sont pas acceptés en tant que communauté religieuse. Les réponses sont connues, bien au-delà de ce qui ressortit au registre de l’émotionnel ou de l’irrationnel. Elles tiennent tout simplement, au-delà d’une méconnaissance certaine, généralisée, à la mauvaise image que l’Islam en général et les musulmans en particulier renvoient d’eux-mêmes à ceux qui ne les aiment pas, les craignent, n’en veulent pas, ne désirent pas même les connaître et les rejettent sans discussion possible.(2)
C’est qu’en effet, comme l’écrit très finement Monika Zergane à propos du dernier ouvrage de Abdelwahab Meddeb Pari de Civilisation, (Seuil, août 2009), Si l’Islam a conduit la civilisation à une apogée qu’elle n’avait pas connu avant son avènement, la civilisation musulmane, elle, a pensé «la fin de l’histoire» et cela lui a été préjudiciable. Le panarabisme et l’islamisme ont détruit les minorités religieuses et culturelles vivant en terre d’Islam, achevant de plonger les populations musulmanes dans l’isolement. Despotisme, fanatisme, superstition, obscurantisme, misère économique, sous-développement et absence de contrat social intériorisé, c’est aujourd’hui la réalité des pays musulmans. Une réalité qui contraste radicalement avec la splendeur révolue de la civilisation musulmane exaltée par Abdelwahab Meddeb tout au long de son ouvrage. (...) Et que dit la Suisse? Elle parle de choc. «Le choc, écrit Xavier Alonso dans 24 Heures. Et tant de questions sans réponse. Hier, à la surprise des initiants eux-mêmes, les Suisses ont dit oui à 57,47% à l’interdiction des minarets. (...) Aujourd’hui, à l’aune de la peur exprimée, c’est un autre Islam qui est analysé.»«Le message du Conseil fédéral doit être clair. La charia n’a pas sa place en Suisse, affirme le président du PDC Christophe Darbellay. Toutes les formes de discrimination envers les femmes doivent être bannies. Il ne doit y avoir aucune exception à la scolarité obligatoire, aux cours de religion et de sport - incluse la natation pour les filles.»(2)

Qu’en sera-t-il ailleurs?
La votation en Suisse a suscité aussi des interrogations. En France,il s’est trouvé des politiques pour «s’interroger». Ainsi, le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, a indiqué lundi 29 novembre n’être «pas sûr» de la nécessité de construire des minarets en France: «Il y a évidemment des clochers sur les églises, mais c’est un héritage historique», a-t-il souligné, en opérant une distinction entre les «religions qui étaient là avant l’avènement de la République» et «celles qui sont arrivées après.» Au passage, on apprend qu’il y a 12.000 églises avec clochers, que la mosquée de Marseille aura un clocher de 27 m et qu’il y a 1600 lieux de prière. Un responsable du Modem parle, lui de nostalgie et d’identité: «J’aime entendre le clocher de mon église. Il y a comme un côté rassurant d’être chez soi dans son petit village gaulois. Il résonne dans notre imaginaire collectif comme l’odeur de la baguette et des croissants. C’est un patrimoine culturel et historique intrinsèquement attaché à notre territoire. Ne dit-on pas après tout de la France que chaque village a son clocher...Que l’on soit pratiquant ou pas, il y a comme un attachement à ce qui est devenu un symbole, une forme de représentation imaginaire du village idéal dont les toits sont dominés par le clocher de l’église. Il en va de notre histoire et de notre culture judéo-chrétienne.» Le parti des Verts pourrait, de son côté, présenter un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, au motif de violation de la liberté religieuse garantie par la Convention européenne des droits de l’homme. Véritable reddition de la tolérance éclairée à la suprématie de l’obscurantisme islamophobe, ce référendum de tous les amalgames nationalistes est une consternante défaite pour le vivre-ensemble et la cohésion sociale. Pour les défenseurs des droits de l’Homme, il s’agit d’un grave précédent, car ce vote ouvre la voie à d’éventuels dérapages aux conséquences fâcheuses. Les musulmans étant minoritaires dans les pays européens, toutes les interdictions sont possibles par la grâce de la Démocratie. C’est cette même Démocratie qui permet aux musulmans de vivre pleinement leur foi, c’est cette même Démocratie qu’ils brandissent à chaque fois qu’ils se sentent lésés, menacés et «persécutés» par les Européens. Et c’est maintenant par cette Démocratie qu’on leur interdit l’existence de leurs symboles comme les minarets. Quelle menace représente un minaret pour une société si ce n’est une campagne médiatique attisant la peur et la haine? (3)
En fait, les Suisses nous montrent une islamophobie européenne latente. L’Islam n’est pas le bienvenu en Occident. Il faut prendre son parti. Pendant que l’on fait dans l’agitation pour ce non-évènement, la judaïsation de la Mosquée d’El Aqsa se poursuit dans le silence assourdissant des médias occidentaux mais aussi des dirigeants arabes, des intellectuels et même des Ouléma d’El Azhar. Les musulmans qui sont chaque fois tétanisés par de nouvelles provocations (Versets sataniques, Caricatures du Prophète (Qsssl), Discours de Ratisbonne...). Ecoutons Ahmed el Qorei: «Avant le déclenchement de l’opération Plomb durci sur Ghaza le 27 décembre 2008, le plan d’une judaïsation totale de Jérusalem a été lancé à partir de la confiscation d’un plus grand nombre de terres, la construction de colonies, l’expulsion des Palestiniens de la Ville Sainte en les remplaçant par les colons juifs tout en prenant soin d’effacer tous les aspects et les traces historiques arabo-musulmans qui caractérisaient la Ville Sainte. Le cheikh Tayssir Al-Tamimi, le grand juge de la Palestine, a mis en garde le 23 décembre 2008 contre la multiplication des tentatives menées par les groupes extrémistes sionistes pour imposer une hégémonie israélienne totale sur la mosquée d’Al Aqsa, afin de la détruire et de construire à sa place le prétendu temple.»(4)
L’entité sioniste est-il rapporté dans El Manar, se prépare à édifier un énorme centre religieux hébraïque dans la place d’Al-Bouraq à Jérusalem-Est occupée, ouvrant la voie à la judaïsation de la première qibla des musulmans, la mosquée d’Al Aqsa. C’est l’avocat palestinien Koussaï Nasser qui a révélé ceci à la chaîne qatarie Al Jazeera, signalant que le plan vise à élargir un centre qui s’y trouvait déjà, baptisé «la maison de Strauss» dont la superficie actuelle est de 750 m2 et qui devrait s’élever pour atteindre les 1 750 m2. S’étendant sur quatre étages, le bâtiment sera relié aux tunnels édifiés en dessous de la mosquée d’Al-Aqsa et dissimulera le dôme du rocher du côté ouest de Jérusalem. Le directeur du service des manuscrits dans la mosquée d’Al-Aqsa, Najeh Bkirat a assuré que la totalité de la mosquée sainte fait l’objet d’une judaïsation: «D’un côté, il y a le déplacement forcé des habitants arabes et la destruction de leurs maisons et des sites islamiques de la ville; de plus, il nous est strictement interdit d’opérer des travaux de réparation, même les plus minimes; il nous est même interdit d’introduire un quelconque sac de ciment,» s’est-il plaint, déplorant qu’en contrepartie c’est une véritable judaïsation des Lieux Saints qui se fait.(5)
Alors que l’intellectuel suisse, Tariq Ramadan, déclare que «les Suisses ont exprimé une vraie peur, un questionnement profond sur la question de l’Islam en Suisse», il parle de catastrophe mais n’a pas voulu débattre avec les gens de l’extrême droite sur le minaret et pour cause, véritable commis voyageur, il parle d’un Islam mondain, un Islam d’opérette se contorsionnant avec talent il faut le reconnaître, dans la langue française pour passer à travers des explications alambiquées qui n’effarouchent pas sur les plateaux de télévision. Cet Islam sans épaisseur est à des années-lumière de l’Islam sans m’as-tu-vu, sans effets spéciaux, mais avec une relation à Dieu faite d’humilité. Et pourtant, l’Islam européen bien compris est tout à fait en phase avec la modernité, pour peu que la laïcité soit équidistante des religions...

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) Ecole d´ingénieurs Toulouse


1.Lettre ouverte d’un athée aux antiminarets: http://www.mono lab.ch/?p=1029 23.11.2009
2.Renaud Bouchard: Le véritable débat sur l’identité nationale. Agoravox 1er décembre 2009
3.Le vote surprise des Suisses en faveur de l’interdiction des minarets-Oumma.com 29/11/2009
4.Ahmed el Qorei: Entre la destruction de Ghaza et la judaïsation de Jérusalem. Février 2009
5.Al Manar site: The International solidarity Movement 14 novembre 2009

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

Source : http://www.lexpressiondz.com

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