Lettre Ouverte et Appel des Guides Religieux Musulmans à: » Paix et Amour entre les peuples

 Lettre Ouverte et Appel des Guides Religieux Musulmans à:

4/12/2009

Lettre Ouverte et Appel des Guides Religieux Musulmans à:

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI,

Sa Toute-Sainteté Barthélemy I, Patriarche de Constantinople, New Rome

Sa Béatitude Theodoros II, Pope et Patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique,

Sa Béatitude Ignatius IV, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient,

Sa Béatitude Theophilos III, Patriarche de la Cité Sainte de Jérusalem,

Sa Béatitude Alexy II, Patriarche de Moscou et de toute la Russie,

Sa Béatitude Pavle, Patriarche de Belgrade et de la Serbie,

Sa Béatitude Daniel, Patriarche de la Roumanie,

Sa Béatitude Maxim, Patriarche de la Bulgarie,

Sa Béatitude Ilia II, Archevêque de Mtskheta-Tbilisi, Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie,

Sa Béatitude Chrisostomos, Archevêque de Chypre,

Sa Béatitude Christodoulos, Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce,

Sa Béatitude Sawa, Métropolite de Varsovie et de toute la Pologne,

Sa Béatitude Anastasios, Archevêque de Tirana, Duerres et de toute l’Albanie,

Sa Béatitude Christoforos, Métropolite des Répubiques Tchèque et Slovaque,

Sa Sainteté Pope Shenouda III, Pope d’Alexandrie et Patriarche de toute l’Afrique sur le Trône Apostolique de St. Marc,

Sa Béatitude Karekin II, Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens,

Sa Béatitude Ignatius Zakka I, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, Chef Suprême de l’Église Universelle Orthodoxe Syrienne,

Sa Sainteté Mar Thoma Didymos I, Catholicos de l’Orient sur le Trône Apostolique de St. Thomas et Métropolite du Malankara,

Sa Sainteté Abune Paulos, Cinquième Patriarche et Catholicos de l’Éthiopie, Echege de la Siège de St. Tekle Haymanot, Archevêque d’Axium,

Sa Béatitude Mar Dinkha IV, Patriarche de la Sainte Église Apostolique et Catholique Oriental Assyrienne,

Le Trés Rév. Rowan Williams, Archevêque de Cantorbéry,

Rév. Mark S. Hanson, Evêque Président de l’Église Evangelique Luthérienne à l’Amerique, et Président de la Fédération Mondiale des Luthériens,

Rév. George H. Freeman, Secrétaire Général du Conseil Mondial des Méthodistes,

Rév. David Coffey, Président de l’Alliance Mondiale des Baptistes,

Rév. Setri Nyomi, Secrétaire Général de l’Alliance Mondiale des Églises Rèformées,

Rév. Dr. Samuel Kobia, Secrétaire Général du Conseil Mondial des Églises,

Et les Guides des Églises Chrétiennes, en tout lieu….

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Une parole commune entre vous et nous

(Résumé et Abrégé)

Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens.

La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe déjà. Elle faitpartie des principes qui sont les fondations véritables des deux religions : l’amour du Dieu Unique, et l’amour du prochain. Ces principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer, et la nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente de l’Islam et du Christianisme. En voici quelques exemples :

Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! ! (Al-Ikhlas, 112:1-2). Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle :Invoque sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui ! (Al- Muzzammil, 73:8). Sur la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. »

Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : « ‘ Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. / Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force ’. C’est là le premier commandement. / Le second lui est semblable: ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là ». (Marc 12:29-31)

Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs – les gens des Ecritures) :

Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64)

L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu. Ainsi donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques faisant autorité, l’expression: et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu, signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion sont des aspects centraux de l’amour du prochain.

Conformément au Coran nous, en tant que musulmans, invitons les chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun, et qui constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux Commandements de l’amour.

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Que la paix et les bénédictions soient sur le Prophète Muhammad

UNE PAROLE COMMUNE ENTRE VOUS ET NOUS

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Appelle à suivre la Voie de ton Seigneur par la Sagesse et la bonne exhortation, et ne discute avec eux que de la meilleure manière. C’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’écarte de Sa voie, comme Il connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. (Le Saint Coran, Al-Nahl, 16:125)

(I) L’AMOUR DE DIEU

L’AMOUR DE DIEU EN ISLAM :

Les témoignages de foi

Le credo central de l’Islam consiste en deux témoignages de foi ou Shahadah (1), qui affirment : il n’y a de dieu que Dieu, Muhammad est l’envoyé de Dieu. Ces deux témoignages sont le sine qua non de l’Islam. Celui ou celle qui les prononce est un musulman ; celui ou celle qui les nie n’est pas musulman. D’autre part, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) a dit: « La meilleure invocation est : il n’y a de dieu que Dieu. » (2)

La meilleure chose que tous les Prophètes ont dite

Développant cette meilleure invocation, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et

les bénédictions divines) a dit aussi: La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole: “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses  (3).

 Les phrases qui suivent le premier témoignage de foi sont toutes tirées du Coran ; chacune décrit un aspect de l’amour et de l’adoration de Dieu. Le terme Seul rappelle aux musulmans que leurs cœurs (4) doivent être consacrés à Dieu Seul, puisque Dieu dit dans le Saint Coran: Dieu n’a pas doté l’homme de deux coeurs (Al-Ahzab, 33:4). Dieu est Absolu, et l’adoration qui Lui est consacrée doit donc être totalement sincère.

L’expression Sans associé rappelle aux musulmans qu’ils doivent aimer Dieu uniquement, sans rival en leurs âmes, puisque Dieu dit dans le Saint Coran: Il est des hommes qui prennent en dehors de Dieu des associés qu’ils se mettent à aimer à l’égal de Dieu Lui-même ! Mais ce sont les croyants qui vouent à Dieu le plus grand amour. (AlBaqarah, 2:165). En effet, leurs peaux et leurs cœurs  s’apaisent à l’évocation de Dieu…. (Al-Zumar, 39:23).

L’expression : A Lui le Royaume rappelle aux musulmans que leurs pensées ou leurs compréhensions doivent être totalement vouées à Dieu, car le royaume correspond précisément à tout ce qui se trouve dans la création ou dans l’existence, et tout ce que la pensée peut connaître. Et tout est dans la Main de Dieu, puisque Dieu dit dans le Coran : Béni soit Celui qui détient le royaume et qui est Tout-Puissant (Al-Mulk, 67:1).

L’expression : A Lui la Louange rappelle aux musulmans qu’ils doivent être reconnaissants envers Dieu, et Lui faire confiance avec tous leurs sentiments et toutes leurs émotions. Dieu dit dans le Saint Coran : Si tu leur demandes : « Qui a créé les Cieux et la Terre ? Qui a assujetti le Soleil et la Lune ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Pourquoi alors se détournent-ils de Lui ? N’est-ce pas Dieu qui prodigue Ses richesses ou les mesure à qui Il veut parmi Ses créatures, et dont la science englobe toute chose ? Et si tu leur demandes : « Qui fait tomber l’eau du ciel pour revivifier la terre après sa mort ? », ils répondront sûrement : « C’est Dieu ! » Dis : « Louange à Dieu ! » Mais la plupart d’entre eux ne raisonnent pas ! (Al-‘Ankabut, 29:61-63) (5)

Pour tous ces dons et plus encore, les êtres humains doivent toujours être sincèrement reconnaissants : C’est Dieu qui a créé les Cieux et la Terre. C’est Lui qui fait descendre du ciel une eau par laquelle Il fait produire des fruits pour vous nourrir. C’est Lui qui a mis à votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer, comme Il a mis à votre service les rivières. Et c’est pour vous aussi qu’Il a assujetti le Soleil et la Lune à une gravitation perpétuelle, de même qu’Il a mis à votre service la nuit et le jour. Il a accédé à presque toutes vos demandes, au point que si vous essayiez de compter les bienfaits du Seigneur, vous ne sauriez les énumérer. Mais l’homme est pétri d’injustice et d’ingratitude. (Ibrahim, 14:32-34) (6)

En effet, la Fatihah – qui est le chapitre le plus important du Coran (7) – commence par la louange adressée à Dieu :Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux Louange à Dieu, Seigneur des Mondes ! Le Clément, le Miséricordieux Le Roi au Jour du Jugement dernier C’est Toi que nous adorons ! C’est Toi dont nous implorons le secours ! Guide-nous dans la voie droite, La voie de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non la voie de ceux qui ont mérité Ta colère ni celle des égarés ! (Al-Fatihah, 1:1-7) La Fatihah, récitée au moins dix-sept fois par jour par les musulmans dans les prières canoniques, nous rappelle la louange et la gratitude qui sont dues à Dieu pour Ses attributs de Bien infini et de Toute-Miséricorde ; pas seulement pour Sa bonté et Sa miséricorde à notre égard en cette vie, mais, en dernière instance, le Jour du Jugement (8) quand elles compteront le plus, et quand nous espérerons être pardonnés pour nos péchés. La Fatihah finit par des demandes de grâce et de guidance, pour que nous puissions atteindre – à travers ce qui commence par la prière et la gratitude – le salut et l’amour, car Dieu dit dans le Saint Coran : Ceux qui auront cru et accompli de bonnes oeuvres, le Miséricordieux sera pour eux Plein d’amour. (Maryam, 19:96)

L’expression : Il est Tout-Puissant sur toutes choses  rappelle aux musulmans qu’ils doivent garder à l’esprit la Tout-Puissance divine et craindre Dieu (9). Dieu dit dans le Coran :… Craignez Dieu et sachez qu’Il est avec ceux qui Le craignent. / Faites des largesses pour soutenir la Cause de Dieu ! Ne vous exposez pas, de votre propre initiative, à la perdition ; mais agissez de la manière la plus bienfaisante, Dieu aime les gens vertueux. (Al-Baqarah, 2:194-5)…Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est implacable quand Il sévit. (Al-Baqarah, 2:196)

A travers la crainte de Dieu, les actions et la force des musulmans devraient être totalement vouées à Dieu. Dieu dit dans le Saint Coran :…Et sachez que Dieu est avec ceux qui Le craignent. (Al-Tawbah, 9:36) ….

Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous à rester cloués au sol, lorsqu’on vous dit :« Allez combattre pour la Cause de Dieu ? » Préférez-vous la vie présente à la vie future ? Mais les plaisirs de cette vie ne sont-ils pas bien peu de chose ?/ Si vous refusez d’aller au combat, Dieu sévira durement contre vous, et choisira un autre peuple que vous pour Le servir, sans que vous puissiez Lui nuire en quoi que ce soit, car Sa puissance n’a point de limite. (Al-Tawbah,9:38-39) L’expression : A Lui le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, prise dans son ensemble, rappelle aux musulmans que, de même que tout dans la création glorifie Dieu, tout en eux doit adorer Dieu :Tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre glorifie Dieu ; à Lui appartient le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses. (Al-Taghabun, 64:1)

Car, en effet, tout ce qui est dans les âmes humaines est connu de Dieu, et Il en peut demander compte :Il sait ce qu’il y a dans les Cieux et sur la Terre, et Il connaît ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Et Dieu est parfaitement Informé de ce que renferment les poitrines des hommes. (Al-Taghabun, 64:4)

Comme nous pouvons le voir à partir des passages cités plus haut, les âmes sont

dépeintes dans le Saint Coran comme étant douées de trois facultés principales : la pensée ou l’intelligence, qui est faite pour comprendre la vérité ; la volonté qui est faite pour la liberté de choix ; et le sentiment qui est fait pour aimer le bien et le beau. En d’autres termes, nous pourrions dire que l’âme humaine connaît, à travers la compréhension, la vérité, à travers la volonté, le bien, et à travers des émotions vertueuses et le sentiment, l’amour pour Dieu. En continuant dans la même sourate du Coran mentionnée précédemment, Dieu ordonne aux gens de Le craindre autant que possible, et d’écouter (et donc de comprendre la vérité), d’obéir (et donc de vouloir le bien), et de dépenser (et donc d’exercer l’amour et la vertu), ce qui, dit-Il, est meilleur pour nos âmes. En engageant tout ce qui constitue nos âmes – les facultés de connaissance, de volonté et d’amour (10)– nous pouvons parvenir à être purifiés, et atteindre la réussite ultime : Craignez donc Dieu autant que vous le pouvez ! Ecoutez, obéissez, dépensez, dans l’intérêt de vos âmes, car ce sont ceux qui se prémunissent contre leur propre avarice qui seront les bienheureux. (Al-Taghabun, 64:16)

En bref, lorsque la phrase entière : Seul et sans associé, à Lui le Royaume et la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, est ajoutée au témoignage de foi – il n’y a de dieu que Dieu –, cette expression rappelle aux musulmans que leurs coeurs, leurs âmes individuelles ainsi que toutes les facultés et les capacités de leurs âmes (ou simplement leurs coeurs et leurs âmes en entier) doivent être totalement voués et attachés à Dieu.

Ainsi Dieu dit-Il au Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) dansle Saint Coran : Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Tel est l’ordre que j’ai reçu et auquel je suis le premier à me soumettre. / Dis : Devrais-je chercher un autre maître que Dieu, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? Nul ne commet le mal qu’à son propre détriment, et nul n’aura à assumer les fautes d’autrui. (Al-An’am, 6:162-164)

Ces versets résument la parfaite et complète dévotion du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) à Dieu. C’est pourquoi, dans le Saint Coran, Dieu recommande aux musulmans qui aiment Dieu de suivre l’exemple prophétique (11), afin d’être aimé en retour (12)  par Dieu :Dis (Ô Muhammad, aux êtres humains) : Si vous aimez Dieu, alors suivez moi; Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Plein de Pardon et de Miséricorde. (Aal ‘Imran, 3:31)

L’amour de Dieu, en Islam, fait donc partie intégrante de l’adoration complète et totale de Dieu ; il ne consiste pas en une émotion partielle et vague. Comme nous l’avons vu plus haut, Dieu commande dans le Coran : Dis : Ma prière et mes actes de dévotion, ma vie et ma mort sont entièrement voués à Dieu, Seigneur des Mondes, / qui n’a point d’associé. Cet appel à être totalement voué et attaché à Dieu, coeur et âme, loin d’être un appel à une simple émotion ou une humeur, est en fait une injonction qui requiert un amour constant, actif et complet pour Dieu. Il exige un amour auquel le coeur spirituel le plus intérieur ainsi que l’ensemble de l’âme – avec son intelligence, sa volonté et son sentiment – prennent part à travers la dévotion.

 Personne n’accomplit chose meilleure

Nous avons vu combien la phrase bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses – qui est la meilleure chose que les prophètes ont dite – explicite ce qu’il faut entendre par la meilleure invocation (Il n’y a de dieu que Dieu), en montrant ce qu’elle exige et entraîne, à travers la dévotion. Il reste à dire que cette formule bénie est aussi en elle-même une invocation sacrée – une sorte d’extension du Premier témoignage de foi (Il n’y a de dieu que Dieu), dont la répétition rituelle peut apporter, à travers la grâce de Dieu, certaines des attitudes dévotionnelles qu’elle exige, c’est-à-dire aimer et adorer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée, de toute sa volonté ou sa force, et de tous ses sentiments. Ainsi le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) a-t-il recommandé cette invocation en disant : Ceux qui répètent cent fois par jour : « Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses », cela équivaut pour eux à libérer dix esclaves. Cent bonnes actions sont inscrites pour eux, et cent mauvaises actions sont effacées. Cette formule ainsi répétée est une protection contre le diable pour cette journée jusqu’au soir. Personne n’accomplit chose meilleure que celle-ci, excepté celui qui fait davantage. (13)

En d’autres termes, l’invocation bénie : Il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, n’exige et n’implique pas seulement que les musulmans doivent être totalement voués à Dieu et L’aimer avec tout leur coeur, toute leur âme, et tout ce qui est en eux. Cette invocation leur permet, comme son début (le témoignage de foi) – à travers sa répétition fréquente (14) – de réaliser cet amour avec tout leur être.

Dans l’une des toutes premières révélations dans le Coran, Dieu dit : Invoque le Nom de ton Seigneur et consacre-toi à Lui totalement. (Al-Muzzammil, 73:8).

L’AMOUR DE DIEU : PREMIER ET PLUS GRAND COMMANDEMENT DANS LA BIBLE :

Le Shema dans le Livre du Deutéronome (6:4-5), un élément central de l’Ancien Testament et de la liturgie juive, énonce : Ecoute, Ô Israël : le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est Un ! / Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. (15)

De même, dans le Nouveau Testament, lorsque Jésus-Christ, le Messie (sur lui la Paix), est interrogé à propos du plus grand commandement, il répond: Les pharisiens ayant appris qu’il avait réduit les sadducéens au silence, se réunirent, et l’un deux, docteur de la Loi, vint lui poser cette question pour le mettre à l’épreuve : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. C’est là le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. » (Matthieu 22:34-40)

Et ailleurs :

Un des scribes, les ayant entendu discuter, s’avança et, voyant que Jésus leur avait bien répondu, lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus répondit : « Le premier, le voici : Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12:28-31)

Le commandement d’aimer Dieu complètement est donc le premier et le plus grand commandement de la Bible. En effet, on en trouve nombre d’occurrences à travers la Bible, comme : Deutéronome 4:29, 10:12, 11:13 (faisant aussi partie du Shema), 13:3, 26:16, 30:2, 30:6, 30:10; Joshua 22:5; Marc 12:32-33 et Luc 10:27-28.

Toutefois, en ces divers endroits de la Bible, ce commandement apparaît dans des formes et des versions légèrement différentes. Par exemple, dans Matthieu 22:37 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence), kardia étant le terme grec pour « coeur », psyche celui pour « âme », et le terme dianoia pour « intelligence ». Dans la version de Marc 12:30 (Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute intelligence et de toute ta force), le mot « force » est ajouté aux trois termes susmentionnés, traduisant le terme grec ischus.

L’expression du docteur de la Loi dans Luc 10:27 (qui est confirmée par Jésus-Christ (‘a.) dans Luc 10:28) contient les mêmes quatre termes rapportés par Marc 12:30.

L’expression du scribe dans Marc 12:32 (qui est approuvée par Jésus-Christ (‘a.) dans Marc 12:34) contient les trois termes kardia (« coeur »), dianoia (« intelligence »), etischus (« force »).

Dans le Shema du Deutéronome 6:4-5 (Ecoute, Ô Israël : le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un ! Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force), en hébreu le terme signifiant « coeur » est lev, le mot pour « âme » est nefesh, et le mot pour « force » est me’od.

Dans Joshua 22:5, les Israélites reçoivent de Joshua (sur lui la Paix) l’ordre

suivant d’aimer et d’adorer Dieu : « Soyez attentifs à accomplir le commandement et la loi que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a ordonnés : d’aimer le Seigneur notre Dieu, de marcher dans toutes Ses voies, de garder Ses commandements, de tenir fermement à Lui, et de Le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. » (Joshua 22:5)

Ce qu’ont en commun toutes ces versions – malgré les différences de langage entre l’hébreu de l’Ancien Testament, les mots originels de Jésus-Christ (sur lui la Paix)

en araméen, et la version grecque actuelle transmise dans le Nouveau Testament –, c’est de commander d’aimer Dieu totalement de tout son coeur et de toute son âme, et d’être pleinement voué à Dieu. C’est le Premier et le Plus grand commandement pour les êtres humains.

A la lumière de ce que nous avons vu comme nécessairement impliqué et évoqué par la parole du Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – est la parole: “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses (16), nous pouvons à présent comprendre l’expression : La meilleure chose que nous avons dite – moi et les prophètes qui m’ont précédé – comme assimilant la formule bénie “il n’y a de dieu que Dieu, Seul et sans associé, à Lui le Royaume ainsi que la Louange, et Il est puissant sur toutes choses, au « premier et plus grand commandement » qui consiste à aimer Dieu de tout son coeur et de toute son âme, suivant les différentes versions de la Bible. On pourrait dire que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines), par inspiration divine, réaffirmait et exhortait au rappel du premier commandement biblique. Dieu sait mieux, mais nous avons certainement vu que leurs significations étaient effectivement similaires.

En outre, nous savons également (comme les notes finales l’indiquent), qu’il est possible d’établir un autre parallèle remarquable entre ces deux formules : le fait qu’elles apparaissent à plusieurs reprises dans des versions et des contextes légèrement différents, dont tous, néanmoins, soulignent la primauté de l’amour et de l’adoration totale de Dieu. (17)

(II) L’AMOUR DU PROCHAIN

L’AMOUR DU PROCHAIN EN ISLAM :

On trouve nombre d’injonctions en Islam concernant la nécessité, et l’importance éminente, de l’amour pour – et de la miséricorde envers – le prochain. Aimer le prochain est une partie intégrante et essentielle de la foi en Dieu et de l’amour pour Dieu, parce qu’il ne peut y avoir, en Islam, de vraie foi en Dieu ni de droiture sans amour du prochain. Le Prophète Muhammad (ç.) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre frère ce que aimez pour vous-mêmes. » (18)  Et aussi : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. » (19)

Cependant, l’empathie et la sympathie à l’égard du prochain – et même les prières formelles – ne suffisent pas. Elles doivent s’accompagner de générosité et du sacrifice de soi. Dieu dit dans le Saint Coran : La piété ne consiste pas à tourner sa face (20) du côté de l’Orient ou de l’Occident ; la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants ; la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la prière, s’acquitter de l’aumône, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères. (Al-Baqarah 2:177)

Et aussi :Vous n’atteindrez la piété qu’en faisant aumône d’une partie des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez, Dieu en est parfaitement Informé. (Aal ‘Imran, 3:92)

Sans donner au prochain de ce que nous aimons, nous n’aimons pas vraiment Dieu ni le prochain.

L’AMOUR DU PROCHAIN DANS LA BIBLE :

Nous avons déjà cité les paroles du Messie, Jésus-Christ (sur lui la Paix), concernant l’importance éminente, juste après l’amour de Dieu, de l’amour du prochain : C’est le premier et le plus grand commandement. / Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes. (Matthieu 22:38- 40)

Et aussi :

Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. (Marc 12:31)

Il convient d’ajouter que ce second commandement se trouve également dans l’Ancien Testament : Tu ne couveras pas de haine pour ton frère dans ton coeur. Tu blâmeras certainement ton prochain, et tu ne porteras pas de faute à cause de lui. / Tu ne prendras pas vengeance, ni garderas rancune envers les enfants de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis le Seigneur. (Lévitique 19:17-18)

Ainsi le second commandement, comme le premier commandement, exige générosité et don de soi, et de ces deux commandements procèdent toute la Loi et les Prophètes.

 (III) VENEZ A UNE PAROLE COMMUNE ENTRE VOUS ET NOUS

Une parole commune

Alors que l’Islam et le Christianisme sont, de façon évidente, des religions différentes – et que certaines de leurs différences formelles ne peuvent être minimisées –, il est clair que les deux plus grands commandements représentent un terrain d’entente, ainsi qu’un lien entre le Coran, la Torah et le Nouveau Testament. Ce qui précède les deux commandements mentionnés dans la Torah et le Nouveau Testament, et ce d’où ils viennent, est l’Unité de Dieu, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’Un seul Dieu. En effet, le Shema commence ainsi dans la Torah : (Deutéronome 6:4) Ecoute, Ô Israël, le Seigneur notre Dieu, est Un ! De même, Jésus (‘a) dit : (Marc 12:29) « Le premier de tous les commandements est : Ecoute, Ô Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. »

De la même manière, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis : Lui, Dieu, est Un. / Dieu Sesuffit à Lui-même. (Al-Ikhlas, 112:1-2) Ainsi l’Unité de Dieu, l’amour pour Lui, et l’amour du prochain constituent la base commune sur laquelle l’Islam et le Christianisme(et le Judaïsme) se fondent.

Comment pourrait-il en être autrement puisque Jésus (sur lui la Paix) a dit : (Matthieu 22:40) « De ces deux commandements procèdent toute la Loi et les prophètes. ». De plus, Dieu confirme dans le Saint Coran que le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et la bénédiction divine) n’a rien apporté de fondamentalement ou essentiellement nouveau : Ce qui t’est dit aujourd’hui est la même chose que ce qui était dit aux prophètes qui t’ont précédé (Fussilat 41:43). Aussi : Dis (Muhammad) : Je ne suis pas nouveau parmi les messagers ! J’ignore le sort que Dieu nous réserve aussi bien à moi qu’à vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé, et ma mission ne consiste qu’à avertir en toute clarté. » (Al-Ahqaf, 46:9). Dieu confirme par là dans le Coran que les mêmes vérités éternelles que sont l’Unité de Dieu, la nécessité d’aimer et d’adorer Dieu totalement (en excluant donc toute fausse divinité), et la nécessité d’aimer les êtres humains, ses semblables, (et donc la justice), sous-tendent toute religion vraie : En vérité, Nous avons envoyé un prophète à chaque communauté avec le message suivant : « Adorez Dieu et éloignez-vous du culte des idoles ! » Et si certaines de ces communautés ont suivi la Voie de Dieu, d’autres ont préféré le chemin de l’erreur. Allez donc de par le monde et voyez quelle a été la fin de ceux qui criaient au mensonge ! (Al-Nahl, 16:36)

Nous avons envoyé Nos messagers munis de preuves irréfutables, et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance, afin de faire régner la justice parmi les hommes. (Al-Hadid, 57:25)

Venez à une parole commune !

Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut indique aux musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs – les gens des Ecritures) :

Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64)

Il est clair que l’expression bénie : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul se réfère au fait d’être voué totalement à Dieu. Elles renvoient ainsi au premier et plus grand Commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques (tafsir) faisant autorité – le Jami’ Al- Bayan fi Ta’wil Al-Qur’an d’Abu Ja’far Muhammad bin Jarir Al-Tabari (m. 310 A.H. / 923 C.E.) –, de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu signifie « de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé, ni les glorifier en se prosternant devant eux comme ils se prosternent devant Dieu ». En d’autres termes, musulmans, chrétiens et juifs devraient être libres de suivre ce que Dieu leur a ordonné, sans avoir à « se prosterner devant des rois et autres » (21) ; car Dieu dit ailleurs dans le Coran : Nulle contrainte en religion… (Al-Baqarah, 2:256), ce qui se réfère indéniablement au second Commandement, c’est-à-dire à l’amour envers le prochain, dont la justice, (22) et la liberté religieuse, sont une partie cruciale. Dieu dit dans le Coran :Dieu ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion, et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. (Al-Mumtahinah, 60:8)

En tant que musulmans, nous invitons ainsi les chrétiens à se souvenir des paroles de Jésus rapportées par les Evangiles (Marc 12:29-31) : … le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. / Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. / Le second lui est semblable: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

En tant que musulmans, nous disons aux chrétiens que nous ne sommes pas contre eux et l’Islam n’est pas non plus contre eux – tant qu’ils ne déclarent pas la guerre aux musulmans à cause de leur religion, qu’ils ne les oppriment pas et qu’ils ne les expulsent pas de leurs foyers (conformément au verset du Coran [Al-Mumtahinah, 60:8] précédemment cité). De plus, Dieu dit dans le Saint Coran : Cependant, les détenteurs des Ecritures ne sont pas tous les mêmes, car parmi eux il y a une communauté pieuse dont les membres passent des nuits entières à réciter les versets de Dieu et à se prosterner. / Ils croient en Dieu et au Jour dernier ; ils ordonnent le Bien, réprouvent le Mal et s’empressent d’accomplir de bonnes oeuvres. Ceux-là sont au nombre des justes. / Quelque bien qu’ils fassent, il ne leur sera pas dénié, car Dieu connaît bien ceux qui Le craignent. (Aal-‘Imran, 3:113-115)

Le Christianisme est-il nécessairement contre les musulmans ? Dans les Evangiles, Jésus-Christ (sur lui la Paix) dit : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi dissipe. (Matthieu 12:30) Qui n’est pas contre nous est pour nous. (Marc 9:40) … car qui n’est pas contre vous est pour vous. (Luc 9:50)

Selon L’explication du Nouveau Testament donnée par Saint Theophylact  (23), ces affirmations ne sont pas contradictoires, car la première (dans le texte grec actuel du Nouveau Testament) se réfère aux démons, tandis que les seconde et troisième affirmations se réfèrent aux gens qui reconnurent Jésus, mais qui n’étaient pas chrétiens. Les musulmans reconnaissent Jésus-Christ comme le Messie, non pas comme les chrétiens (mais les chrétiens eux-mêmes ne se sont jamais tous accordés entre eux sur la nature de Jésus (sur lui la Paix) ), mais de la manière suivante : …. Le Messie Jésus, fils de Marie, est un envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un Esprit émanant de Lui. (Al-Nisa’, 4:171). C’est pourquoi nous invitons les chrétiens à considérer les musulmans non contre eux mais avec eux, suivant les paroles de Jésus-Christ (sur lui la Paix).

Enfin, en tant que musulmans, et par obéissance au Coran, nous demandons aux chrétiens de s’accorder avec nous sur ce que nos deux religions ont essentiellement en commun : … à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. (Aal ‘Imran, 3:64).

Que ce terrain d’entente soit la base de tout dialogue interreligieux entre nous à l’avenir, car de ce que nous avons en commun procèdent toute la Loi et les prophètes. (Matthieu 22:40). Dieu révèle dans le Saint Coran : Dites (Ô musulmans) : « Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux Tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été révélé aux prophètes par leur Seigneur, sans établir entre eux aucune différence. Et c’est à Dieu que nous sommes entièrement soumis. / Si les gens du Livre adhèrent à votre croyance, ils seront dans la bonne voie ; et, s’ils s’en détournent, c’est qu’ils auront opté pour la scission. Dieu te suffira contre eux, car Dieu entend tout et sait tout. (Al-Baqarah, 2:136-137)

Entre vous et nous

Trouver un terrain d’entente entre musulmans et chrétiens n’est pas une simple question de dialogue oecuménique poli entre des leaders religieux sélectionnés. Le Christianisme et l’Islam sont respectivement la plus nombreuse, et la seconde plus nombreuse, religion dans le monde et l’histoire. On rapporte que chrétiens et musulmans représentent respectivement plus du tiers, et plus du cinquième, de l’humanité. Ensemble, ils constituent plus de 55% de la population mondiale, ce qui fait de la relation entre ces deux communautés religieuses le plus important facteur contribuant à une paix significative dans le monde. Si les musulmans et les chrétiens ne vivent pas en paix entre eux, le monde ne peut être en paix. Avec l’armement terrible du monde moderne ; avec des musulmans et des chrétiens qui se côtoient étroitement partout comme jamais auparavant, aucune partie ne pourrait remporter unilatéralement un conflit entre plus de la moitié des habitants de la planète. Ainsi notre avenir commun est-il en jeu. La survie du monde lui-même est-elle peut-être en jeu.

Et à ceux qui, néanmoins, ont du goût pour le conflit et la destruction dans leur propre intérêt, ou calculent qu’ils parviendront finalement à vaincre par eux, nous disons que ce sont nos âmes éternelles elles-mêmes qui seront aussi en jeu si nous ne réussissons pas sincèrement à déployer tous nos efforts en faveur de la paix et de l’harmonie commune. Dieu dit dans le Saint Coran : En vérité, Dieu ordonne l’équité, la charité et la libéralité envers les proches, et Il interdit la turpitude, les actes répréhensibles et la tyrannie. Dieu vous exhorte ainsi pour vous amener à réfléchir. (Al Nahl, 16:90) Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : Heureux ceux qui apportent la paix…. (Matthieu 5:9), et aussi : Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il damne sa vie ? (Matthieu 16:26)

Ne faisons donc pas de nos différences une cause de haine et de querelles entre nous. Rivalisons les uns avec les autres dans la piété et les bonnes oeuvres. Respectons nous les uns les autres, soyons bons, justes et aimables entre nous, et vivons dans la paix sincère, l’harmonie et la bonne volonté réciproque. Dieu dit dans le Saint Coran :

Nous t’avons révélé le Coran, expression de la pure Vérité, qui est venu confirmer les Ecritures antérieures et les préserver de toute altération. Juge donc entre eux d’après ce que Dieu t’a révélé. Ne suis pas leurs passions, loin de la Vérité qui t’est parvenue. A chacun de vous, Nous avons tracé un itinéraire et établi une règle de conduite qui lui est propre. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule et même communauté ; mais Il a voulu vous éprouver pour voir l’usage que chaque communauté ferait de ce qu’Il lui a donné. Rivalisez donc d’efforts dans l’accomplissement de bonnes oeuvres, car c’est vers Dieu que vous ferez retour, et Il vous éclairera alors sur l’origine de vos différences. (Al-Ma’idah, 5:48)

 

Wal-Salaamu ‘Alaykum,

Pax Vobiscum.

© 2007 C.E., 1428 A.H.,

The Royal Aal al-Bayt Institute for Islamic Thought, Jordan.

NOTES

(1) En arabe : La ilaha illa Allah Muhammad rasul Allah. Les deux paroles de la Shahadah apparaissent en fait (bien que séparément) sous forme de phrases dans le Saint Coran (la première dans Muhammad 47:19, et la seconde dans Al-Fath 48:29).

(2) Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, 462/5, no. 3383; Sunan Ibn Majah, 1249/2.

(3)Sunan Al-Tirmidhi, Kitab Al-Da’awat, Bab al-Du’a fi Yawm ‘Arafah, Hadith no. 3934.

Il est important de remarquer que les pharases supplémentaires, Seul et sans associé, à Lui appartiennent le Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, proviennent toutes du Coran, exactement dans cette forme, dans différents passages. Seul – se référant à Dieu (que Soi Majesté soit éxaltée) – se trouvent au moins six fois dans le Coran (7:70 ; 14:40 ; 39:45 ; 40:12 ; 40:84 et 60:4). Sans associé apparaît sous cette forme au moins une fois (Al-An’am, 6:173). L’expression à Lui appartiennent le

Royaume et la Louange, et Il est Puissant sur toutes choses, est mentionnée telle quelle une fois dans le Coran (Al-Taghabun, 64:1), tandis que des parties de l’expression apparaissent à maintes

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