LA POLYGAMIE DU PROPHETE MOHAMED » Paix et Amour entre les peuples

 LA POLYGAMIE DU PROPHETE MOHAMED

4/1/2010

LA POLYGAMIE DU PROPHETE MOHAMED (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

LA POLYGAMIE

Tout d'abord, il paraît intéressant de faire un bref rappel historique des pratiques ayant existé avant l'avènement de l'islam. Il est un fait établi que de nombreuses civilisations pour ne pas dire toutes ont pratiqué la polygamie. On peut d'ailleurs citer pour chaque civilisation, quelques noms célèbres d'hommes polygames, ce qui étonnera bon nombre des lecteurs.

1.La polygamies avant l'islam
Les Juifs pratiquaient la polygamie, sans aucune restriction. La bible ne s'y oppose d'ailleurs pas.
Abraham, Jacob, David étaient des polygames Salamon avait sept cents femmes et… concubines (ancien testament Les Rois 11/1 à3. On croit toute fois savoir que les rabbins limitaient le nombre des épouses à quatre.
Les Perses sous les enseignements de Zoroastre ( 628 à551 av. J C) pratiquaient la polygamie et le concubinage, dans le but d'avoir une nombreuse progéniture mâle, et d'y puiser les nombreux guerriers dont ce peuple avait besoin.
Les Romains également pratiquaient la polygamie sans restriction aucune. Parmi les grands noms, nous trouvons que le dictateur Sulla (78 av. J C) avait cinq épouses, que le grand César(44 av J C) avait quatre épouses, que Pompée( même époque) avait également quatre épouses.
Les Athéniens pratiquaient également la polygamie. On nous rapporte que Démostène (384/ 322 avant Jésus) avait de nombres épouses et des concubines.
Les Chrétiens eux-mêmes ne se sont pas vus interdire la polygamie par Jésus. D'ailleurs, ne trouve t-on pas dans le nouveau testament, la « Parabole des dix vierges » nous contant l'histoire de dix jeunes filles se préparant pour un époux. Dans le nouveau testament, une seule restriction concerne la polygamie : « Que les diacres soient irréprochables, époux d'une seule femme. »(Première Epître de Paul à Thimothée 3/12).
Nous constatons à cette occasion que le mariage n'est pas interdit aux membres du clergé, puisqu'ils peuvent prendre femme ! Aucune autre restriction n'est venue interdire, ni limiter la polygamie aux Chrétiens. Saint Augustin (354/ 430)l'a lui-même permise en donnant, au mari d'une femme stérile, la faculté de prendre une concubine.
L'Empereur Constantin 1er (270/337) et son fils furent polygames. L'Empereur Valentinien 1er (321/375) établit même une loi autorisant la polygamie, et ceux qui lui succédèrent se conformèrent à cette loi jusqu'à l'avènement de Justinien 1er (527/565).C' est en effet, ce dernier qui interdit la polygamie, sans toute fois y réussir complètement. S'agissant d'une loi d'origine humaine - et non d'un ordre divin - la majorité du peuple refusa encore assez longtemps de se soumettre à cette interdiction.
Les Egyptiens étaient également polygames et les riches nobles possédaient en outre de nombreuses esclaves et concubines. Les Hindous, les Babyloniens et les Assyriens avaient également plusieurs femmes.
Enfin, les Arabes, avant l'Islam, avaient, eux aussi, un grand nombre d'épouses et concubines.
On le voit, la polygamie a été pratiquée depuis toujours dans toutes les civilisations, sans aucune interdiction ne vienne la supprimer ou la réglementer.
La première véritable réglementation de la polygamie est due à l'islam.

2. La polygamie selon l'islam
L'islam n'a pas totalement interdit ce qui était en usage de tous temps, mais à réglementer, de manière rigoureuse, la polygamie, en interdisant sa pratique désordonnée et abusive.
Il faut d'abord prendre conscience, dans son intégralité, du verset du coran qui porte limitation du nombre des épouses, en attirant l'attention du lecteur sur le dernier paragraphe trop souvent négligée dans les citations :
« Et si vous craignez d'être injustes avec les orphelins […] il est permis d'épouser deux, trois ou quatre parmi les femmes qui vous plaisent ; mais si vous craignez d'être injustes, n'en épousez qu'une seule. Cette conduite vous aidera plus facilement à être juste. » Coran4/3
Il faut bien comprendre que ce verset ne fait pas obligation à l'homme d'épouser quatre femmes comme parfois il est interprété, et qu'il s'agit en fait d'une tolérance. Un autre verset vient insister :
« Vous ne pourrez jamais être équitable envers les femmes, même si vous vous y appliquez. Ne penchez pas entièrement vers l'une au point de laisser l'autre comme suspendue (entre le mariage et le divorce). » Coran 4/129
Certes, l'islam n'a pas interdit la polygamie ; l'objectif a été, non pas d'instituer cette pratique comme certains aiment à le dire, mais de la réglementer pour réduire les excès qui faisaient que, parfois, les femmes étaient plus des « prisonnières » que des épouses dans certaines maisons.
Ainsi, l'islam permet la polygamie, notamment dans les cas suivants :
- maladie chronique de l’épouse, la rendant inapte à l'accomplissement du devoir conjugal pour une longue durée ;
- stérilité de l'épouse, privant ainsi le foyer d'enfants qui en feraient la joie de vivre et assureraient la continuité de la famille ;
- âge avancé de l'épouse qui, pour cette raison, ne pourrait plus avoir d'enfant, alors que l'homme peut procréer pendant pratiquement toute sa vie.
- En cas de guerre, lorsque les hommes sont tués en grand nombre lors des combats, laissant des veuves et des orphelins privés de soutien. Il est possible de recourir à la polygamie, afin de leur assurer une protection, leur donner une nouvelle famille, ainsi qu'un soutien affectif et matériel.
Dans certaines parties du monde, notamment en Afrique, il est courant qu'un homme épouse, après la mort de son frère, la veuve de celui-ci. Cette pratique a pour effet de protéger les enfants en évitant que leur mère quitte la famille et se remarie avec un homme étranger, lequel n'aura pas, pour  les enfants, l'attachement des membres du clan familial. C'est ainsi une sorte de protection familiale.
Il est particulièrement important de souligner les règles auxquelles la polygamie est soumise, qui sont extrêmement strictes et rigoureuses, véritablement difficiles à respecter pour un homme. Voici quelques-unes des conditions édictées dans les comportements à l'égard des épouses :
- d'abord, avoir les moyens de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants ;
- assurer à chacune un appartement séparé ( ce peut être dans la même maison) ;
- observer une égalité absolue entre elles, tant matérielle qu'affective, consacrer autant de jours à chacune ;
- s'appliquer à avoir un bon comportement affectueux, et leur assurer un bon traitement ;
- s'interdire de délaisser l'une au profit de l'autre, de vanter les qualités de l'une par rapport à l'autre ;
- s'interdire de favoriser les enfants de l'une par rapport aux enfants de l'autre.
D'ailleurs, le prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui), très conscient de la grande difficulté à bien vivre la polygamie dans le respect des enseignements de l'islam, et des risques de peiner l'épouse, l'a refusée pour sa fille Fâtima, ainsi qu'il ressort du hadîth suivant :
Le prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Les Banû Hichâm ibn al Mughîra m'ont demandé la permission de marier une de leurs filles à `Ali ibn Abû Tâlib. Je n'y consentirai pas. Je n'y consentirai pas. Je n'y consentirai pas, à moins que `Ali répudie ma fille et alors il pourra épouser leur fille. Ma fille n'est qu'une partie de moi-même. Elle est peinée de ce qui me peine et souffre de ce qui me fait souffrir. » ( Bukhârî)

3. Les épouses du Prophète
J'entends déjà les contradicteurs m'opposer que le Prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a été polygame et qu'il a épousé onze femmes, alors que l'islam a limité à quatre le nombre des épouses pour les croyants.
Certes, le prophète a épousé onze femmes, voire plus, ce chiffre diffère parfois d'un historien à l'autre.
Nous en connaissons avec certitude onze. Il n'a pas épousé toutes ces femmes dans un but de luxure comme beaucoup l'affirment, mais essentiellement dans un but diplomatique, à un moment où il était important de s'allier le plus grand nombre de tribus.
Il faut en outre se souvenir que la polygamie n'a pas été réglementée dès les débuts de l'islam, mais que – comme toutes les réglementations – celle-ci est venue après plusieurs années, pendant lesquelles la communauté du prophète a continué de vivre selon les coutumes antérieures. Puis, la polygamie a été réglementée comme nous l'avons vu dans les pages précédentes, avec, pour le prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) une permission spéciale qui lui a été donnée par Dieu.
« Ô toi, Prophète ! Nous avons déclaré licites pour toi les épouses auxquelles tu as donné leur dot (douaire), les captives que Dieu t'a destiné, les filles de ton oncle paternel, les filles de ton oncle maternel, les filles de tes tantes maternelles – celles qui avaient émigré avec toi – ainsi que toute femme croyante qui se serait donné au Prophète, pourvu que le Prophète ait voulu l'épouser. Ceci est un privilège qui t'est accordé, à l'exclusion des autres Croyants [ … ]
Tu fais attendre celle d'entre elles que tu voudras, tu reçois chez toi celle que tu voudras et, il n'y a pas de reproche à te faire si tu recherches de nouveau quelques-unes de celles que tu avais écartées. Voilà qui est plus propre à les réjouir, à leur ôter tout sujet de tristesse afin que toutes soient contentes de ce que tu leur accordes. Dieu sait cependant ce qui est en vos cœurs. Et Dieu est Omniscient et Indulgent. » Coran 33/50-51
Puis, ne se sentant pas au-dessus de la loi, le prophète a proposé à ses Epouses de leur rendre leur liberté. Mais aucune n'accepta : certaines renoncèrent seulement aux visites conjugales, mais elles ont toutes préféré conserver leur position auprès de lui. Toutefois, il lui arrivait de substituer l'une à l'autre, afin que les délaissées n'eussent pas de chagrin. C'est alors qu'est intervenu ce verset :
« Il ne t'es plus permis de prendre [d'autres] femmes que celles que tu as, ni de changer d'épouses ».Coran 33/52
Nous voyons même – d'après leur propre aveu – que ces femmes sont heureuses et honorées d'être les Epouses du Prophète. Il faut savoir que des femmes se sont offertes en mariage, tant elles considéraient qu'être une de ses Epouses était une distinction, et ce, alors même que leur statut était un peu particulier en tant que « Mères des Croyants » ; ainsi, après avoir été les Epouses du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui), elles ne pouvaient être épousées, par la suite, par aucun autre homme.
« Le Prophète est plus digne de l'amour et de l'obéissance des Croyants. Ses Epouses sont leurs Mères [ … ] » Coran 33/6
« Il ne vous appartient pas de faire de la peine au Prophète, ni de vous marier jamais avec ses Epouses après lui, ce serait auprès de Dieu une énormité. » Coran 33/53
Elles avaient en outre des obligations plus contraignantes que les autres femmes. Le Coran le leur rappelle.
« Ô Prophète ! Dis à tes Epouses : « Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez : je vous procurerai quelques avantages puis-je vous donnerai un généreux congé.
Si vous recherchez Dieu et son Prophète et la Demeure dernière, sachez que Dieu a préparé une récompense sans limite pour celles d'entre vous qui font le bien. »
Ô vous, les Femmes du Prophète ! Celle d'entre vous qui se rendra coupable d'une turpide manifeste recevra deux fois le double du châtiment. Cela est facile pour Dieu. Nous accorderons une double récompense à celle d'entre vous qui est dévouée envers Dieu et son Prophète, à celle qui fait du bien, et Nous lui avons préparé une noble part.
Ô vous, les Femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est « malade » ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent. » Coran 33/28-34
Voici un bref exposé sur la manière dont chacune des Epouses entra dans la maison du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et des conséquences bénéfiques de chacune de ces unions.

Khadîja, la première épouse
Tant qu'il vécut à la Mecque, le Prophète n'eut qu'une seule épouse : Khadîja, avec laquelle il a été marié pendant environ vingt-cinq ans. Ils ont eu des enfants : trois garçons (Qâsim, Tayib et Tâhir) qui devaient tous mourir en bas âge, et quatre filles (Zaynab, Ruqaya, Um Kulthûm et Fâtima). La Sunna nous rapporte qu'il a aimé Khadîja entre toutes ses Epouses, à tel point que, bien plus tard, l'une d'elles, `Aîsha, qui ne l'avait pourtant pas connue en raison de son jeune âge, a dit : « Je n'ai jamais été jalouse d'aucune femme comme je l'ai été de Khadîja. » Rapporté par Bukhârî
En effet, le prophète parlait toujours de Khadîdja avec la plus grande affection. Il avait été chargé de lui annoncé qu’elle aurait, au paradis, une maison de perles et qu'elle n'y serait troublée par aucun bruit. Rappelons que Khadîdja fut la première personne à la quelle le prophète fit part de la visite qu'il recevait de l'ange Gabriel, qu’elle fut aussitôt convaincue qu'il s'agissait d'une révélation divine et qu'elle fut la toute première à prononcer la profession de foi (shahada). Khadîdja était morte des suites des privations et persécutions dont les musulmans avaient été les victimes pendant les deux dernières années précédant l'hégire, alors qu'ils avaient été exilés dans le désert sans aucun moyen de subsistance.
Quelques mois après, et en raison de persécutions des Quraysh qui se poursuivaient contre sa communauté, le prophète décida de mettre les musulmans à l'abri, et se fut l'émigration (Hégire) vers Médine (ancienne Yatrib). Ali ibn Talib a rapporté qu'il a entendu le prophète dire à propos de Khadîdja :
« La meilleure des femmes est Marie, fille de Imran, et la meilleure d'entre elles est également Khadîja bint Khuwaylid. » Rapporté par Muslim

Paix et bénédictions d’Allah sur luida, la seconde épouse
A la mort de Khadîja, le Prophète avait à la fois la charge de sa communauté persécutée comme nous savons et de ses enfants. Il était nécessaire qu'une femme prenne soin de sa famille et de sa maison. Il épousa donc Paix et bénédictions d’Allah sur luida, une veuve d'environ cinquante ans. Elle était très grande et était réputée pour sa piété et sa générosité. Elle s'occupa admirablement de la famille. Elle fut très honorée et – comme toutes les Epouses du Prophète – elle devint « Mère des Croyants ».
`Aisha a rapporté, à son sujet : « Je n'ai rencontré une femme à laquelle j'aime m'identifier plus que Paix et bénédictions d’Allah sur luida bint Zama'a, qui jouissait d'un caractère noble. » Rapporté par Muslim. Elle ajouta : « Quand elle eut atteint un certain âge, elle m'a cédé sa nuit avec l'envoyé de Dieu en lui disant : Ô Envoyé de Dieu ! Je cède la nuit qui m'est consacrée à `Aisha .» Après quoi, l'Envoyé de Dieu passait deux jours chez `Aisha. » Rapporté par Muslim

`Aisha, la troisième épouse
A la même époque, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) vit en songe que l'ange Gabriel (Jibrîl) lui tendait un morceau d'étoffe roulé comme un tapis. Il lui demanda : « Qui est-ce ? » et l'ange Gabriel lui répondit en déroulant le tissu : « Voici ta femme. Enlève l'étoffe qui la recouvre. » Et il vit que c'était `Aisha, la fille – encore très jeune – de son plus proche compagnon, Abû Bakr. Le Prophète l'accepta ainsi : « Si cette chose a lieu de la part de Dieu, elle s'accomplira. » Rapporté par Bukhârî et Muslim.
Et c'est ainsi qu'il demanda à Abû Bakr la main de `Aisha, qui n'entra dans la maison du Prophète quelques années plus tard lorsqu'elle eut atteint un âge raisonnable. `Aisha a rapporté : « Le Prophète m'épousa alors que j'avais sept ans, mais la cérémonie de noces n'eut lieu que lorsque j'eus neuf ans. » Rapporté par Muslim
Ce mariage, inspiré par Dieu avait deux motivations :
- La première était de remercier et honorer Abû Bakr, le fidèle compagnon des moments difficiles,
- La seconde est que le Prophète avait besoin d'une femme qui soit jeune et intelligente pour la former à l'interprétation des lois de l'islam auprès des femmes.
Toute sa vie – aussi bien dans son enfance chez son père, Abû Bakr, que le Prophète visitait presque chaque jour, qu'après son mariage, dans la maison de son mari elle acquit des connaissances qu'aucune femme, même parmi les autres Epouses, ne put égaler. Son goût développé pour les Lettres et notamment pour l'Histoire fit d'elle une des plus grandes juristes de l'Arabie. Elle connaissait l'histoire de toutes les tribus, ce qui était important pour les alliances stratégiques qui pouvaient avoir lieu. Elle avait également acquis de solides connaissances en médecine, en particulier lors de la maladie du Prophète, auprès duquel plusieurs délégations se sont succédées, lui prescrivant des remèdes, que `Aisha se chargeait elle-même de préparer.
Elle fut évidemment, parmi les Epouses, celle qui nous rapporte le plus grand nombre de hadîths. Après la mort du prophète, elle joua un rôle important encore. Un hadîth nous apprend que `Aisha n'entendait jamais une chose qu'elle ne comprenait pas, sans revenir à la charge auprès du prophète, jusqu’à ce qu'elle l'ait bien saisie….Rapporté par Bûkharî.
Enfin, Aisha a été à l'origine d'évènements qui furent la cause de révélations importantes pour les musulmans .Ainsi, à l'occasion d'un voyage au cours duquel elle accompagnait le prophète, elle perdit un collier. La recherche de cet objet entraîna un retard dans le départ de la caravane qui ne put atteindre le point d'eau avant l'heure de la prière, au mécontentement des membres de la caravane et de Abû Bakr, père de `Aisha, qui lui fit des reproches. C'est alors que fut révèle le verset qui permet, encore de nos jours, aux musulmans voyageurs ou malades d'utiliser, pour la purification, du sable ou une terre pure, à la place de l'eau.
Et certains des compagnons présents de se réjouir alors : « Dieu te récompense_ Par Dieu, il ne nous est jamais survenu une affaire difficile sans que grâce à toi ; Dieu ne nous en ait tirés et qu'Il n'en ait fait une source de bénédictions pour les musulmans. » Bukhârî.
« Si vous êtes malades ou en voyage … et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez vous-en sur vos visages et sur vos mains. Dieu, en vérité est Indulgent et Pardonneur. »Coran 4/43
Après cette révélation, les musulmans se réjouirent des bienfaits et des facilités apportés à l'occasion de cet incident à la communauté. Et au moment de repartir, on retrouva le collier sous le chameau de `Aisha !
Un autre jour, `Aisha avait quitté son palanquin pendant une halte et s'était un peu écartée. En remettant le palanquin sur son chameau, on ne s'est pas aperçu de son absence en raison de sa légèreté, et en revenant, elle trouva le campement vide. Elle attendit qu'on revienne la chercher et ce fut un compagnon, chargé de l'arrière garde, qui la trouva endormie. Il la fit monter sur son propre chameau et mena la bête par la bride, marche forcée, jusqu'au campement suivant.
Certains qui avaient quelques jalousies au cœur, firent circuler à cette occasion des propos calomnieux. En raison de cet événement, plusieurs versets ont été révélés, d'une part pour l'innocenter, et, d'autre part, pour imposer le silence aux calomniateurs qui ne produisent pas quatre témoins en matière d'adultère. (Rapporté par Bukhârî) . On comprend pourquoi le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) a recommandé :
« Qu'aucun de vous ne s'isole avec une femme qui n'est pas accompagnée d'un parent et qu'aucune n'entreprenne un voyage sans être accompagnée d'un proche parent. » Rapporté par Bukhârî et Muslim.
«La femme ne doit pas voyager seule trois jours, sans être accompagnée par un homme avec lequel le mariage lui est interdit. » Rapporté par Muslim.
« La femme ne voyage pas pour deux jours sans être accompagnée de son mari ou d'un Mahram (toute personne qu'il ne lui est pas permis d'épouser). » Rapporté par Muslim
« Pourquoi, lorsque vous avez entendu cette calomnie, les croyants et les croyantes n'ont-ils pas, eux-mêmes conjecturé favorablement et n'ont-ils pas dit : `' C'est une calomnie évidente''.
Pourquoi n'ont-ils pas produit [ à l'appui de leurs accusations] quatre témoins ? S'ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux les menteurs devant Dieu. » Coran 24/12-13
Rappelons que le coran prescrit d'appliquer un châtiment exemplaire, d'une part, à ceux qui sont célibataires, dans les cas de fornication (cent coups de fouet) et, d'autre part, à ceux qui sont mariés, dans les cas d'adultère ( la lapidation). Précisons ici que, pour que ces peins soient applicables, la faute doit avoir eu quatre témoins oculaires, dignes de foi, ou encore que le ou les coupables soient venus s'accuser eux-mêmes de leur acte.
Abû Hurayra a rapporté, d'après Sa'd ibn Ubada, qu'il a dit : « Ô Envoyé de Dieu ! si je trouvais ma femme avec un homme, devrais-je le laisser afin de produire quatre témoins ? » - « Oui ! » répondit le Prophète. Rapporté par Muslim
Quant à ceux qui portent une accusation d'adultère à tort contre une femme vertueuse, la punition prévue est de quatre vingt coups de fouet et on ne doit plus jamais accepter leur témoignage.
« La fornicatrice et le fornicateur : donnez à chacun d'eux cent coups de fouet [ … ]» coran 24/2.
« Ceux qui jettent une accusation d'adultère aux femmes chastes sans fournir quatre témoins, donnez leur quatre vingt coups de fouet et n'en accepter plus jamais le témoignage. Et ce sont – les pervers. » Coran 24/4 [ Notons au passage que l'ancien testament prévoit la lapidation dans les cas de fornication (ancien testament – Deutéronome 22/20-26)].
Nous pourrions parler encore longtemps de `Aisha tant son rôle a été important. Il faut rappeler que la révélation avait parfois lieu en présence de `Aisha, comme dans les premiers temps de la révélation, en présence de Khadîja, ce qui démontre –s'il en est besoin – que la femme n'est pas cet être inexistant qu'on voudrait faire croire, puisque l'ange Gabriel visitait aussi bien le Prophète lorsqu'il était avec certaines de ses Epouses.

Hafsa, la quatrième Epouse
Puis, le Prophète épousa Hafsa, fille de `Umar (ra), un autre de ces très proches compagnons, qui fut le deuxième calife de l'islam.
Hafsa était issue d'une famille d'intellectuels ; elle savait lire et écrire, ce qui n'était pas encore très courant. Elle avait déjà été mariée avec Khunays ibn Hudhâfa. Ils furent parmi les premiers musulmans et dans le premier groupe de ceux qui émigrèrent vers l'Abyssinie (Ethiopie), où le Négus, roi de ce pays, les accueillit avec bienveillance.
Khunays fut tué lors de la bataille de Uhud et Hafsa devient veuve alors qu'elle était encore jeune. `Umar souhaitant que sa fille se remarie pensa tout d'abord à Uthman, devenu veuf de Ruqaya, fille du Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui). Celui-ci déclina la proposition. Puis, `Umar pensa à Abû Bakr, son meilleur ami ; celui-ci se déroba également. Il est vrai que Hafsa avait la réputation de posséder un caractère un peu hautain.
`Umar, blessé du refus de ses deux amis, alla s'en plaindre au Prophète qui lui répondit : « Je te montrerait un meilleur gendre que Uthman… » et il lui demanda peu  après la main de sa fille, ce dont `Umar fut très heureux. Le mariage eut lieu quelques temps après.
Hafsa joua un rôle important et fut cause, comme `Aisha d'un certain nombre de hadîths. Nous pourrions raconter beaucoup d'évènements marquants, mais ce serait nous écarter de notre sujet essentiel.
Cependant, nous ne pouvons passer sous silence que Hafsa fut, après la mort du Prophète, de Abû Bakr et de `Umar (son père) les deux premiers califes, la dépositaire de la copie officielle du coran, qui servit de base à toutes les copies existantes du saint coran jusqu'à nos jours.

Zaynab bint Khuzayma, la cinquième épouse
Le Prophète épousa ensuite Zaynab fille de Khuzaima, mecquois issu de la tribu des `Amir. Zaynab était veuve de `Ubayda, parent du Prophète, l'un des premiers martyrs de la bataille de Badr.
Voyant qu'elle ne s'était pas remariée une année après la mort de son premier mari, le Prophète lui demanda de l'épousa afin qu'elle bénéficie d'une protection familiale.
A l'occasion de ce mariage, le père de Zaynab, qui n'était pas musulman vint rendre visite au Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et laissa entendre qu'il n'était pas hostile à l'islam sans toutefois adopter lui-même cette religion. Il proposa néanmoins qu'on lui envoie quelques musulmans pour instruire les gens de sa tribu. Malgré quelques craintes le Prophète envoya quarante compagnons qu'il choisit lui-même pour leur science et leur piété.
Mais en raison d'un conflit – survenu après son voyage à Médine – entre le chef de la tribu et son neveu, un musulman fut tué. Puis, se rendant compte qu'il était contesté dans sa tribu, le neveu fit appel à deux autres tribus voisines qui vinrent lui prêter main forte. Les autres musulmans furent tous tués à leur arrivée, sauf un, `Amr qui constata qu'il manquait le corps de l'un de ses compagnons, `Amir.
Jabbar, le meurtrier de `Amir, raconta qu'il l'avait tué en lui plantant sa lance dans le dos et qu'alors, il l'avait entendu dire « Par Dieu j'ai triomphé », et, au moment ou il retirait sa lance du corps de `Amir, il avait vu son corps s'élever  dans les airs, comme porté par des mains invisibles. 'Amr, le compagnon survivant, expliqua alors à Jabbar que cela signifiait que 'Amir allait droit au paradis et Jabbar se converti aussitôt à l'islam. Il libera `Amr, puis, avec ceux qui l'accompagnaient lors de ce forfait, il retourna dans sa tribu, raconta à tous ceux qui s'était passé. Cet événement provoqua de nombreuses conversions et rétablit des relations de paix avec les musulmans.
On le voit, ce mariage du prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui) eu également d'heureuses conséquences pour l'islam. Comme pour sa générosité, on appelait Zaynab « La mère des pauvres ». Zaynab tomba malade ; elle mourut environ huit mois après son mariage.
Le Prophète l'assista lui-même dans ses derniers moments, fit la prière funèbre et la fit enterrer auprès de sa propre fille Ruqaya.

Um Salama, la sixième Epouse
Ensuite, le Prophète épousa Hind, fille de Abû Umayya ibn al Mughîra, de la tribu des Makhzûm. Elle est plus connue sous le nom de Um Salama ( la mère de Salama). Elle avait d'abord été mariée avec Abû Salama et ils étaient eux-aussi parmi les émigrés d'Abyssinie, où le Négus leur réserva un accueil amical et une protection contre leurs poursuivants Mecquois.
Après quelques années d'émigration, un malentendu fit revenir ces émigrés à la Mecque. En effet, ils pensaient trouver un climat apaisé et, au contraire, ils trouvèrent que l'attitude des Mecquois contre les musulmans s'était encore durcie. Constatant qu'ils ne pouvaient sans risque rester à la Mecque, certains d'entres eux émigrèrent à nouveau, cette fois vers Médine où déjà de nombreux habitants s'étaient convertis et leur offraient l'hospitalité .
Lorsque le couple s'esquiva de la Mecque en grand secret, les parents de Um Salama les poursuivirent et ramenèrent celle-ci à la Mecque où elle fut persécutée ainsi que son enfant. Elle lutta pour rejoindre son mari, notamment, elle monta sur la colline de Saffâ qui domine la ville et appelait la malédiction sur ceux de sa famille qui la retenaient prisonnière. Ils se vengèrent un jour en déboîtant le bras de son enfant ! Ses lamentations finirent par avoir raison de leur obstination et ils renoncèrent, la laissant rejoindre son mari avec l'enfant.
Ils eurent deux garçons et deux filles.
Puis Abû Salama fut blessé à la bataille de Uhud ; il mourut quelques mois plus tard. En mourant, il lui dit : « Je demande à Dieu de t'accorder un mari meilleur que moi ! » Elle le pleura chaque jour .
On sait que Abû Bakr et Umar avaient, chacun, songé à l'épouser. Mais le Prophète touché par le courage et la constance de cette femme – l'honora en lui demandant de l'épouser. Elle hésita en raison de son âge, de ses enfants et de sa jalousie… Le Prophète la rassura : « En ce qui concerne l'âge, je suis plus âgé que toi, quant à ta jalousie, je prierai Dieu de t'en débarrasser et, en ce qui concerne tes orphelins, Dieu et son Envoyé en prendront soin. » Rapporté par Muslim.
De l'avis de `Aisha et Hafsa, Um Salama étai fort belle ; de plus, elle était très érudite, sachant également lire et écrire ; on nous rapporte qu'elle était poétesse. Nous savons que la révélation venait visiter le Prophète alors qu'il était avec certaines de ses épouses notamment Khadija et `Aisha. Il recevait la visite de Gabriel également lorsqu'il était avec Um Salama. Rapporté par Muslim.
Um Salama aussi nous transmit un bon nombre de hadiths. Il est vrai qu'elle a eu l'occasion d'accompagner le Prophète lors de plusieurs campagnes : elle était parmi les femmes qui furent présentes à la bataille de Uhud, et à celle du fossé ; elle était également présente lors du traité de Hudaybiya, qui décrétait une trêve de dix ans entre les Mecquois et les musulmans ; elle était encore présente lors de la bataille de Khaybar, puis bien entendu lors de l'entrée pacifique du Prophète à la Mecque. Elle fut le témoin direct de beaucoup d'évènements importants de l'époque.
Connue pour sa sagesse, elle fut souvent consultée, après la mort du Prophète par les compagnons de celui-ci et joua également un rôle non négligeable. Ainsi, elle n'hésita pas à adresser des remarques au calife `Uthman concernant la gestion des biens publics. Puis encore, au moment de l'élection du quatrième calife, Ali, où elle joua un rôle plutôt apaisant tout en restant particulièrement discrète dans ses diverses actions.

Zaynab bint Jahsh, la septième épouse
Parmi les Epouses, nous trouvons également Zaynab bint Jahsh. Sa mère était la mère paternelle du Prophète.
Zayanab avait été mariée avec Zayd, ancien esclave que le Prophète a libéré et élevé comme son fils et que l'on appela pendant trente-cinq ans, « Zayd, fils de Muhammad », jusqu'à ce que soit révélé le verset interdisant l'adoption. Après quoi, Zayd fut appelé « Zayd ibn Hâritha »,mais le plus souvent, Zayd, le « protégé de Muhammad ». On comprend aisément que cela est plus juste notamment en matière de droit de succession, et aussi pour parer à toute éventualité d'un mariage incestueux entre un frère et une sœur qui ignoreraient leur lien de parenté.
« Appelé les enfants adoptifs du nom de leur père, ce sera plus juste auprès de Dieu […] » coran 33/5
Zaynab n'était pas très satisfaite des « origines modestes » de son mari, qu'elle trouvait indignes des siennes et le lui faisait sentir. Le couple n'allait dons pas très bien et Zayd voulut divorcer d'avec elle, mais le Prophète lui conseilla de n'en rien faire. Il s'écoula encore un peu de temps et, finalement, le couple se sépara.
A cette époque (rappelons que la révélation du coran n'était pas terminée), on n'épousa ni la veuve, ni la divorcée d'un « fils adoptif ».Or, voici que furent révélés plusieurs versets réglant désormais les points soulevés. D'abord le verset ci-dessus interdisant de donner son mon au « fils adoptif », puis, quelques temps après son divorce d'avec Zayd, un verset donnant ordre au Prophète d'épouser Zaynab.
« … Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle (son épouse) , nous te l'avons donné comme épouse, afin qu'il n'y ait pas de faute à reprocher aux Croyants au sujet des épouses de leurs `'fils adoptifs'', quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. L'ordre de Dieu doit être exécuté. » Coran 33/37.
Il faut voir ici que cet ordre est donné au Prophète, afin de montrer aux musulmans de cette époque ce qui est licite et ce qui ne l'est pas, et de leur enjoindre de changer certaines de leurs habitudes coutumières.
On sait que Zaynab se plaisait à rappeler aux autres épouses que certes, le Prophète les avait toutes épousées mais qu'elle était devenue l'une des épouses sur un ordre de Dieu. A ce propos, `Aisha n'était pas en reste, puisque l'ange Gabriel l'avait présentée au Prophète comme son épouse, également sur ordre de Dieu.
On voit que parfois il pouvait exister certaines `tensions' entre les épouses, mais leur foi en Dieu, leur qualité de `Mère des Croyants', dont elles étaient honorées et leur Sagesse remettait vite les choses en ordre.
Zaynab fut parmi les épouses du Prophète avec `Aisha et Um Salama de celles qui participèrent à la guerre du fossé. `Aisha a rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit : « Celles parmi vous qui me rejoindra le plus vite est celle qui a le bras le plus long. Les épouses mesurèrent leur bras afin de savoir laquelle avait le bras le plus long. Zaynab avait parmi nous le bras le plus long, car elle travaillait et faisait l'aumône » Rapporté par Muslim.
On sait que Zaynab était artisane : elle tannait les peaux, fabriquait des objets en cuir et les vendait. Avec cet argent, elle faisait œuvres charitables. Elle mourut en l'an 20 de l'hégire, tandis que la plus part des autres épouses devaient survivre de nombreuses années.

Juwayriya, la huitième épouse
Juwayriya devait devenir la huitième épouse du Prophète. Elle était la fille d'Al Harith, de la tribu des Banul Mustaliq.
Ce mariage comme tous ceux contractés par le Prophète devait avoir des conséquences positives pour le devenir de la communauté des musulmans.
En effet, le Prophète apprit que cette tribu faisait des préparatifs de guerre contre les musulmans en alliance avec les infidèles de la Mecque. Il décida d'attaquer le premier pour bénéficier de l'effet de surprise, ce qui lui permit d’être victorieux. Comme à l'accoutumé, le butin fut reparti et, parmi les captives se trouvait la fille du chef de la tribu. Elle fut attribuée à l'un des musulmans Médinois, qui fixa une forte rançon pour la rendre aux siens. Elle en appela au Prophète qui lui offrit de payer sa rançon. Cette noble attitude lui plut puis elle se convertit à l'islam. Le Prophète lui demanda alors si elle voulait bien l'épouser, ce qu'elle accepta.
Tandis que sa fille se préparait à épouser le Prophète le père de Juwayriya pris la route de Médine, conduisant les plus beaux chameaux de son troupeau pour payer la rançon. En route, pris d'un regret, il cacha deux chameaux qui trouvait vraiment trop beaux pour les donner, avec l'intention de les récupérer au retour.
Puis, il se présenta chez le Prophète pour discuter du montant de la rançon. C'est alors que le Prophète l'interrogea sur les deux chameaux qu'il avait soigneusement dissimulés à Aqiq, en les décrivant, ainsi que le lieu précis où ils étaient dissimulés. Certain  que personne n'avait pu le voir lorsqu'il avait caché ses bêtes, Al Hârith reconnut que le Prophète était bien l'Envoyé de Dieu et il se convertit à l'islam, ainsi que ses deux fils qui l'accompagnaient. Le mariage du Prophète avec Juwayriya eut lieu. Ce mariage eut des conséquences heureuses puisqu'il a contribué à :
- La libération de tous les captifs de cette tribu par les autres musulmans ; en effet, les compagnons ne pouvaient pas garder captifs des membres de la famille d'une des épouses du Prophète ;
- La restitution du butin au Banul Mustaliq,
- La conversion à l'islam de toute cette tribu qui devenait aussitôt alliée du Prophète et non plus de ses ennemis Mecquois.
Juwayriya était connue pour sa grande piété, on nous rapporte qu'elle aimait jeûner.

Um Habîba, la neuvième épouse
Puis, le Prophète épousa Um Habîba, fille de Abû Sufyân, chef des Umayyades de la tribu Mecquoise qui fut d'abord un très grand ennemi de l'islam.
Il déploya en effet tous ses efforts afin d'entraver le développement de cette nouvelle religion en persécutant les premiers musulmans et en combattant le Prophète. Cependant, au sein même de sa propre famille, des gens s'étaient convertis à l'islam, notamment sa fille Um Habîba et son mari `Ubaydallah qui avait également fait parti du groupe des premiers émigrés d'Abyssinie. Son mari abandonna l'islam, devint alcoolique et mourut un peu plus tard. Lorsqu'il renia l'islam, Um Habîba se sépara de lui et resta fidèle à sa foi.
Le Prophète voulut la constance dans la foi de cette veuve et envoya un émissaire pour demander sa main. Elle accepta, et ce d'autant plus volontiers qu'elle avait fait un rêve quelques temps auparavant dans lequel elle s'était entendue appeler « Mère des Croyants » . La célébration du mariage eut lieu en Abyssinie, en absence du Prophète qui fut, pour la circonstance, représenté par le Négus, qui, nous le savons, avait été très accueillant pour ces émigrés et était très bienveillant à leur égard. Il organisa le repas de noce lui-même dans son palais. Puis, avec d'autres émigrés, Um Habîba entreprit le voyage qui la conduisait à Médine afin de rejoindre son nouveau foyer. Entre temps, le Prophète lui avait fait préparer son appartement. Elle avait émigré treize ans auparavant, et c'est donc avec une grande joie qu'elle devait se retrouver parmi les épouses du Prophète (Que Dieu soit satisfait d'elles). Peu avant ce mariage, un verset avait été révélé au Prophète qui annonçait :
« Dieu établira peut être de l'amitié entre vous et ceux d'entre eux que vous considérez comme des ennemis » Coran 60/7.
Or, justement après le mariage de sa fille avec le Prophète, Abû Sufyân sembla moins acharné à le combattre. A tel point que lorsque la trêve de Hudaybiya fut violée par quelques Mecquois à son absence, il se rendit, dès qu'il fut au courant, à Médine, afin d'assurer au Prophète qu'il s'agissait d'un fait isolé et que cet incident ne devait pas être considéré comme une rupture de la trêve. A l'occasion de ce voyage à Médine, Abû Sufyân ne pu rencontrer le Prophète, mais il rencontra sa propre fille, Um Habîba (avec la permission du Prophète), puis Abû Bakr, puis Ali et d'autres compagnons. Tous eurent une attitude réservée à son égard. Il reparti donc à la Mecque assez inquiet des intentions des musulmans.
C'est alors que le Prophète prépara, d'une manière très secrète, une grande campagne à laquelle se joignirent toutes les tribus islamisées et ce fut une armée impressionnante qui se dirigea vers la Mecque, par un chemin détourné afin de laisser planer le doute sur ses intentions. Alors que cette armée de dix milles hommes campait à proximité de la Mecque, le Prophète fit allumer un feu par chaque musulman de tel sorte que, passant à proximité de cette colline, Abû Sufyân et ceux qui l'accompagnaient crurent, en voyant toutes ses lumières, que les musulmans étaient encore plus nombreux que dans la réalité.
Abû Sufyân se rendit aussitôt auprès du Prophète pour le convaincre de renoncer à attaquer la Mecque. Le Prophète le garda avec lui jusqu'au petit matin, afin qu'il n'aille pas alerter les autres Mecquois de sa présence et que la surprise soit totale. Dès le lendemain, le Prophète mit toute son armée en marche et entra, pacifiquement, sans la moindre effusion de sang, dans la ville. Son premier geste fut alors de détruire les idoles.
Les habitants de la Mecque se trouvant réunis, le Prophète leur demanda : « Qu'attendez- vous que je fasse de vous maintenant ? » Ils étaient évidemment très inquiets, compte tenu de ce qu'ils lui avaient fait subir ainsi qu'à ses compagnons… puis, il ajouta : « Aucun reproche ne vous sera fait ! Allez, vous êtes libres ! »
A cette occasion, Abû Sufyân fut très impressionné par la foi puissante qui emplissait les musulmans et aussi par l'attachement que tous ces hommes avaient pour le Prophète. Abû Sufyân, convaincu, ne devrait plus tarder à rejoindre les rangs des musulmans. Il fut, par la suite, un grand bienfaiteur de l'islam.
On le voit, le mariage du Prophète avec Um Habîba fut d'une extrême importance pour les musulmans et pour l'avenir de l'islam, amenant enfin le rapprochement entre Médine et la Mecque. On doit également à Um Habîba un grand nombre de hadîths.

Safiya, la dixième épouse
Ensuite, le Prophète épousa Safiya. Nous avons déjà évoqué la bataille de Khaybar ; cette tribu juive avait fait des préparatifs pour attaquer les musulmans mais le Prophète, informé de ces faits les attaqua le premier afin que la surprise soit totale et l'emportant évidemment sur eux. Il y eut des prisonniers dont le chef de cette tribu, Kinâna et sa jeune femme, Safiya. Dans le partage du butin, ils furent attribués au Prophète, mais Kinâna devait mourir peu après.
Le Prophète libera Safiya et lui donna le choix : l'épouser ou demeurer dans sa propre communauté. Elle se convertit à l'islam et devint l'une des épouses du Prophète. Son affranchissement constitua sa dot. Rapporté par Bukhârî
Rappelons à cette occasion que l'islam est parvenu à faire disparaître progressivement l'esclavage : il était très recommandé d'affranchir un ou plusieurs de ses esclaves pour expier une faute : « Dieu affranchira (du feu) chacun des membres de celui qui a affranchi un esclave musulman en échange de l'esclave affranchi » Rapporté par Bukhârî et Muslim.
« Celui qui affranchit son esclave, puis l'épouse, aura double récompense » Rapporté par Muslim.
A la suite du mariage avec Safiya, cette tribu devint du même coup, également apparentée au Prophète et l'on sait tous les avantages qui pouvaient résulter de cet état des choses : libération par les musulmans de tous les prisonniers de son clan ; il ne pouvait, en effet, être question pour un compagnon de détenir captif un membre de la famille du Prophète.
Il faut préciser que Safiya était déjà quelque peu préparée à cet événement, ou du moins n'en était-elle pas vraiment surprise : en effet, dans les premiers temps de l'islam, elle avait entendu parler, par les gens de sa famille, d'un Prophète dont la venue était proche et annoncée par leur livre. Son père et son oncle s'étaient d'ailleurs rendus à la Mecque auprès du Prophète Muhammad pour vérifier s'il s'agissait bien de celui qui était annoncé. Ils en étaient revenus convaincus, mais avaient gardé sécrète leur certitude.
A cette époque Safiya n'avait que sept ans mais elle avait été marquée par cet événement et ce qu'elle avait entendu sur ce sujet. En outre, quelques jours avant que le Prophète n'arrive à Khaybar, elle avait fait un rêve : une lune brillante au-dessus de Médine, qui s'était ensuite déplacée vers Khaybar et était tombée dans son sein. Le lendemain, elle avait raconté son rêve à Kinâna, son mari. Celui-ci l'avait frappé en lui disant : « Tu veux donc épouser ce « roi » du Hijâz …» et ceci démontre que les juifs de cette tribu étaient bien informés sur la qualité du Prophète. Safiya était encore jeune et s'entendait particulièrement bien avec `Aisha et Hafsa.

Maymûna, la onzième épouse
Enfin, le Prophète prit Maymûna comme dernière épouse. Lorsque les musulmans se rendirent à la Mecque, un an après le traité de Hudaybiya, pour y faire le petit pèlerinage ( en l'an sept de l'hégire), les Mecquois leur avait donné trois jours pour cette visite pieuse. Ils n'avaient pas pu se soustraire à l'engagement pris l'année précédente et s'étaient éloignés de la ville pour cette durée.
Ce fit l'occasion pour le Prophète de rencontrer ceux qui s'étaient convertis secrètement et étaient restés à la Mecque. C'est parmi eux qu'il prit une nouvelle épouse : Maymûna. Elle était la fille d'Al Harith et demi-sœur de Zaynab, celle des épouses qui était décédée huit mois après son mariage. Elle avait trente six ans. Ce fut à la fois une récompense pour Maymûna et pour tous les musulmans résidants à la Mecque, lesquels se sentirent honorés par ce mariage. Maymûna partit donc à Médine vivre avec le Prophète.
Ce dernier apporta de grandes choses à l'islam également : elle était la tante de Khâlid qui fut aussi un ennemi de l'islam. Celui-ci se convertit peu après et devint le très célèbre « Khaled, l’épée de l'islam. Deux autres convertis, parmi les notables, rejoignirent le Prophète à Médine et ce fut le début d'un nombre grandissant de conversion à la Mecque.
Maymûna était, parmi les épouses, une de celle qui accompagnait le Prophète lors de la prise de la Mecque, avec Um Salama et Fâtima, fille préférée du Prophète. Nous devons également à Maymûna un bon nombre de Hadiths.
Nous savons que le Prophète contracta encore au moins deux autres mariages, mais qu'il aura répudié ces nouvelles épouses avant même que le mariage ne soit consommé :
- Il renvoya l'une (Umayya bint Shurâhi) parce qu'elle avait montré de la crainte au moment où le Prophète s'approchait d'elle. Rapporté par Bukhârî.
- Et l'autre, parce que le jeune fils du Prophète, Ibrahim, venant de mourir au moment où elle allait entrer dans la maison de l'Envoyé de Dieu, elle l'avait provoqué en s'étonnant qu'il n'ait pu empêcher cette mort alors qu'il était Prophète.

L'auteur : MALIKA DIF

L'auteur s'est convertie à l'islam il y a vingt-cinq ans. Elle a assuré, pendant une dizaine d'années, des cours d'instruction religieuse pour des femmes et des jeunes filles. Elle partage désormais son temps entre les conférences et l'écriture. Elle est une des rares femmes sur le terrain à prendre en charge les problèmes de la femme musulmane.
Concernée par tous les problèmes de la communauté musulmane, elle mène aussi une action engagée auprès des jeunes pour les aider à mieux assumer leur religion en Occident, en démontrant que l'on peut être musulman et vivre en France. En sa qualité de française, il lui est d'autant plus facile de l'affirmer qu'elle le vit elle-même et qu'elle en tire un enrichissement.

Category : PROPHETE MOUHAMMAD | Write a comment | Print

Comments

MAN AHABA EL KHEIR , le 30-04-2012 à 21:43:46 :

mazal kayn rahmat rabi

El hamdou wa choukrou lillah; Merci bcps malika dif pour tout vos efforts ressentis par nos cours et le temps consacrés a cette cause juste et noble; Dieu vous le rendra un jour ou l autre ;merci 

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