La correction des erreurs en Islam, manières du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) pour corriger les erreurs des gens. (2° partie) » Paix et Amour entre les peuples

 La correction des erreurs en Islam, manières du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) pour corriger les erreurs des gens. (2° partie)

26/3/2010

Nous devons aussi prendre en considération le fait que le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui)faisait des reproches à ses Compagnons qui étaient bien plus sévères que ceux qu’ils faisaient aux bédouins, comme par exemple à un étranger. Il est évidentque cette attitude était une affaire de sagesse et de bonne analyse de la situation quant à la manière de faire et la teneur des reproches.

-  Faire une distinction entre celui qui commet une erreur par ignorance et celui qui la commet alors qu’il le sait  :

Une des histoires qui pourraient illustrer ce fait est celle qui arriva à Mu’awihah ibn Al-Hakam al-Salami quand il vint à Médine depuis le désert et qu’il ne savait pas ce qu’il fallait dire durant la salat.. Il nous dit :

“ Alors que j’étais en train de prier derrière le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), quelqu’un éternua.

Je lui répondis : ‘Yarhamuk Allah’.

Du coup, on me dévisagea. Alors je dis : ‘Que ma mère me perde ! Pourquoi me regardez-vous ainsi ? Ils se mirent à se frapper les cuisses avec leur mains et m’indiquèrent que je devrais me calmer. Je m’arrêtai de parler (i.e. je faillis leur répondre mais je me contrôlais et je repris mon calme). Quand le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) finit de prier, il me dit sans me faire de reproche ni me frapper que durant la prière , on ne devait exclusivement faire que des tasbih, takbir et de la récitation du Coran. C’est à ce moment-là que je compris qu’il n’y avait pas d’homme meilleur que lui pour ce qui est l’enseignement des valeurs.  Sahih Muslim, éd. Abd al-Baqui. No. 537.

On doit apprendre à la personne qui ne sait pas. On doit donner des explications à celui qui a des doutes au sujet de quelque chose. On doit rappeler les choses aux personnes qui sont négligentes. Mais on doit avertir la personne qui s’entête à faire des erreurs.Il n’est pas bon de réagir de la même manière quand quelqu’un sait ou quand quelqu’un ne sait pas. Dans les deux cas on ne peut pas faire le même type de reproche. Traiter quelqu’un de manière trop sévère alors qu’il n’était pas conscient de l’ampleur de ses erreurs irait à l’encontre de notre but dans la mesure où la personne en question aura tendance à repousser nos conseils. Il vaudrait peut-être mieux faire preuve de sagesse et de douceur. La personne à qui on ferait des reproches dirait : ‘Pourquoi ne m’as-tu pas prévenu avant de t’attaquer à moi ?’

La personne qui fait une erreur et qui n’est pas consciente de son ampleur pense qu’en fait elle n’a rien fait de mal. Par conséquent, on doit agir avec tact. Imam Ahmad rapporta dans al-Musnad d’après al-Mughirah ibn Chu’bah : “ Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) mangea un peu et se leva pour prier. Il avait déjà fait le woudou’ avant cela. Mais je lui avais apporté de l’eau pour justement faire le woudou’.

Il me repoussa et me dit :’Va-t-en !’. Je m’étais vexé. Pendant qu’il priait, je suis allé me plaindre auprès de ‘Omar. Ce dernier alla le voir le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et lui dit : “ O Prophète d’Allah,al-Mughirah est vexé du fait que tu l’ais repoussé et se fait du souci quant à savoir si tu ne lui en voulais pas de quelque chose. ” Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit :

“ Je ne lui en veux pas du tout mais il m’a apporté de l’eau pour accomplir le woudou’ après avoir mangé. Or si je l’avais accompli à ce moment-là, les gens autour de moi auraient penser qu’il fallait le faire (En d’autres termes, on penserait qu’il était obligatoire de faire le woudou’  à chaque fois qu’on mange.) ” Al-Musnad, 4/253.

Il faut noter à ce sujet que quand le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) faisait des remarques à ses Compagnons, il avait un impact positif et non négatif sur eux. Ils étaient anxieux et soucieux de plaire dans leur comportement au Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui). C’est pourquoi ils observaient constamment le comportement du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Nous devons noter aussi que quand le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) suggéra à al-Mughirah son erreur, il n’était pas en colère contre lui, mais il le fit par compassion pour son peuple et pour expliquer les choses clairement afin de ne pas faire exécuter quelque chose d’éprouvant et ne pas imposer quelque chose de wajib aux personnes qui l’observaient.

-  Faire un effort pour distinguer des erreurs que l’on fait malgré des efforts sincères pour trouver la bonne voie (ijtihad) et des erreurs que l’on commet par négligence ou volontairement ou encore par insuffisance :

Il faut bien comprendre le fait que dans le premier cas, la personne n’est pas à blâmer. En effet elle gagnera une récompense auprès d’Allah car son intention était sincère. Elle aura essayé de trouver la bonne conclusion. D’ailleurs le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui)  nous dit :

“ Quand un dirigeant fait l’effort de prendre la bonne décision et qu’en plus il prend la bonne décision,il aura deux récompenses alors que quand ce dernier s’efforce de prendre une décision mais qui n’est pas bonne, il n’aura qu’un seule récompense. ” Rapporté par al-Tirmidhi, 1326, éd. Chakir - Abu ‘Esa al-Tirmidhi nous dit qu’il s’agit d’un hadith gharib sahih dans ce contexte-là.

Mais quand il s’agit de quelqu’un qui agit mal volontairement ou qui a des insuffisances alors on doit réagir différemment. On doit l’avertir et lui faire des reproches.

L’ijtihad doit être dispensé par celui qui est qualifié pour le faire non pas par celui qui fait des fatwas sans avoir une bonne connaissance et sans prendre en compte les circonstances.

Abu Dawoud raconta dans ses Sunan que Jabir dit :

 Durant un voyage, une des personnes qui était avec nous fut frappée à la tête. Il saignait. Lorsqu’il se réveilla et devait faire le ghusl (il était en état d’impureté ou de janabbah), il demanda à ses compagnons : Pensez-vous que je n’ai pas besoin de faire le tayammum ? Ils répondirent qu’il n’avait aucune excuse valable de ne pas le faire car il avait à sa disponibilité de l’eau. Alors il fit le ghusl  et mourut. Quand le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) arriva , on lui raconta ce qui s’était passé. Alors il répondit : Vous l’avez tué, que Allah vous tue aussi ! Pourquoi ne pas demander quand on ne sait pas ? Le remède à l’ignorance est de demander . Sunan Abi Dawoud, Kitab al-Tabarah, Bab al-Majrouhyatayamum- Al-Albani classa ce hadith comme hasan  dans Sahih Abi Dawoud, 325

Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) nous a dit qu’il y avait trois types de juges :

L’un ira au Paradis et les deux autres iront en Enfer. Celui qui ira au Paradis est celui qui jugera en fonction des circonstances et qui connaît la vérité. Quelqu’un qui connaît la vérité et qui ne juge pas bien ira en Enfer . Quelqu’un qui juge entre deux personnes sans avoir de connaissances suffisantes ira en Enfer. Sunan Abi Dawoud, no. 3573. Hadith classé comme sahih par al-Albani dans al-Irwa’, 2164. Le troisième type n‘est pas considéré comme ayant une excuse.

Un autre facteur pour évaluer le degré de reproches est d’avoir de l’attention à l’environnement dans laquelle l’erreur se produit. Il faudrait savoir si dans le contexte il y a un grand respectde la sunnah et de la bidah ou encore si les gens sont plus indulgents, s’ils sont ignorants.

-  Etre droit dans sa manière de faire quand on corrige une erreur :

Allah dit :

«  Et à chaque foisque vous dîtes quelque chose (i.e. juger entre deux personnes ou donner des preuves) alors il faut dire la vérité... »Sourate al-An’am 6 :152.

« ... Et quand vous jugez entre les hommes, vous devriez juger de manière équitable... » Sourate al-Nisa’ 4 :58.

Le fait que Ummar ibn Zayd était le bien-aimé du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et le fils de son bien-aimé (Zayd) n’a pas empêché le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) de lui faire des reproches sévères prescrits par Allah quand il essaya d’intervenir en sa faveur quant à ses punitions (hudood). ‘Aicha rapporta que les Qoraichs se préoccupaient d’une femme qui avait volé à l’époque du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), au temps de la conquête de La Mecque. Ils demandèrent qui voulait aller questionner le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) à ce sujet. Usamah ibn Zayd décida de lui en parler. Le visage du Messager d’Allah (Paix et bénédictiond’Allah sur lui) changea de couleur et il dit :

« Es-tu en train de te mêler d’une des punitions prescrites par Allah ? »

Usamah répondit :

« Implore le Pardon pour moi dans tes prières, O Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah surlui). »

Quand la nuit tomba, le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) se leva et s’adressa au peuple.Il fit d’abord des louanges à Allah et il dit:

« Le peuple qui vous a précédé a été détruit car si l’un de ses nobles avait volé , ils l’auraient laissé partir. Mais si quelqu’un de faible avait commis cet acte, ils auraient mener à terme la punition. Au nom de Celui qui Détient mon âme, s’il s’avère que Fatimah, la fille de Mohammed avait volé, je lui aurait coupé la main » C’ est alors qu’il ordonna qu’on coupe la main de la femme qui avait volé.

Hadith rapporté par al-Bukhari et Muslim. cette version a été racontée par Muslim, no. 1688.

L’attitude du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) nous montre qu’il était équitable et juste et que l’Islam vient pour propager l’amour au sein des gens. On n’a pas le droit de tolérer ou prendre un parti pris quant aux erreurs qui transgressent les limites de l’Islam.

Quelque fois quand un membre de l’entourage ou qu’un ami commet une erreur , on ne lui fait pas de reproche .Il s’agit dune manière de faire qui n’est pas en accord avec l’Islam car on use d’un parti pris. D’ailleurs, on fait preuve de discrimination quand on ferme les yeux sur les erreurs commis par un ami alors qu’on critique sévèrement quelqu’un qu’on ne connaît pas.

Un poète arabe dit à cesujet :

« Si vous êtes contents d’une personne, on ne voit pas ses erreurs alors que si on est en colère contre elle on les voit toutes. »

-  Faire attention à ce que la correction d’une erreur ne mène pas à une autre encore plus grave :

C’est un fait bien accepté que l’Islam autorise au moins deux maux pour rejeter un grand mal. Un da’iwah doit se tenir de tout dire d’une erreur qui entraînerait une erreur bien plus grave.

Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) se garda de dire quoi que ce soit en ce qui concerne les munafiquin et ne les a pas exécutés bien que leur kufr soit un fait bien reconnu.Il supporta leurs insultes avec patience même si les gens disaient :‘Mohammed tue ses Compagnons.’ Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah surlui) n’a pas détruit la Ka’ba dans le but de reconstruire ses fondations effectuées par Ibrahim, par égard envers les Quraichs pour qui l’Islam étaitencore nouveau et qui n’avaient pas fait un grand chemin depuis la jahilliah.Il craignait que cela ne soit trop pour eux. Alors il quitta les lieux et y laissa une partie manquante. La porte était placée bien haut et était fermée aux gens. Pourtant cette situation contenait un élément du zulm (malfaisance ou oppression)

Allah demanda aussi aux musulmans de ne pas insulter les dieux des muchrikin même si c’est une forme d’adoration car ceci pousserait d’autres gens à en faire autant, à savoir insulter Allah, ce qui est le pis des maux.

Un daiwah devrait se taire à propos d’une action mauvaise ou retarder les reproches qu’il doit faire ou encore changer son approche, s’il pense qu’en agissant de la sorte il évitera un grand mal ou une énorme erreur. Cette attitude ne peut pas être considérée comme de la négligence ou comme une insuffisance car son intention est sincère et qu’il agit ainsi par crainte d’Allah. Il réagit ainsi pour les intérêts de l’Islam et non pas par lâcheté.

Il faut noter que causer un grand mal en faisant justement des reproches tient des caractéristiques du zèle.

- Comprendre la nature humaine avant de corriger l’erreur elle-même :

Il y a des fautes qui ne peuvent pas être supprimées car elles ont quelque chose à avoir avec la manière dont Allah crée les gens. Il est possible de les réduire un peu et les traiter avec une attitude extrême peut mener à un désastre. Tel est le cas de la femme. Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit :

D’après un autre commentaire, il est dit que :

« Soyez doux envers vos femmes,car elles ont été créées à partir d’une côte et la partie la plus tordue de sa côte est le haut. Si vous essayez de la rendre droite vous risquerez de la briser. par contre si vous la laisser comme elle est, elle restera tordue . Alors soyez doux envers vos femmes. » Hadith rapporté par al-Bukhari d’après Abu Hurayrah, al-Fath,no. 5186.

Ibn Hajar nous dit :

« Les termes -traiter les femmes avec gentillesse-  démontre qu’on peut rendre les femmes droites avec douceur. Ce que nous apprenons des hadiths, c’est que nous pouvons gagner l’amour et la confiance des gens en adoptant une attitude douce. On en retient aussi qu’on doit adopter une certaine fluidité dans notre comportement dans nos relations avec nos femmes mais aussi de supporter avec patience leur fourberie.Quiconque essaiera de les rendre droites à tout prix ne fera bénéficier personne de son acte.Or un homme ne peut se passer du plaisir de vivre avec une femme ni de faire d’elle son support pour le restant de sa vie alors comme il a été dit :« Vous ne pouvez pas apprécier leur compagnie à moins de les supporter avec leurs défauts qui leur sont inhérents. »Fath,9/954.

-   Faire une différence entre les erreurs qui transgressent les limites de l’Islam et celles qui affectent des gens autour seulement :

Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) avait souvent l’habitude de pardonner quand il était question d’erreurs faites à l’issu de conversations avec lui, et en particulier avec les bédouins pour apaiser leur cœur dur. Al-Bukhari rapporta dans ses Sahih qu’Anas ibn Malik raconta :

« Je marchais avec le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et il portait un manteau de Najrani avec un col rigide. Un bédouin vint le voir en le saisissant par le col du manteau, ce qui laissa une marque sur le cou du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui). Ce bédouin lui dit :’O Mohammed, donne moi un peu de ta richesse !’ Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) se tourna vers lui et lui sourit, et il ordonna de lui donner quelque chose. »Al-Fath, 5809.

Mais si l’erreur avait eu quelque chose à avoir avec un domaine de la religion alors le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) se mettrait en colère au nom d’Allah. On donnera des exemples de ce fait ci-dessous.

On doit prendre en considération certains éléments quand on traite des erreurs des gens ; comme :

-   Faire une distinction entre les grosses erreurs et les bénignes comme l’Islam oppose les pêchés capitaux aux pêchés mineurs :

-   Faire une différence entre une personne qui agit pour la plupart du temps d’une bonne manière ; d’où son erreur sera plus facilement pardonnable que celui ou celle qui agit souvent mal :

Il est clair qu’il faudra plus s’occuper de celui qui a commis de mauvais actes et prendre des mesures urgentes et laisser pour plus tard celle ou celui qui a l’habitude de prendre la bonne voie.

-   Faire une distinction entre celui qui commet l’erreur à plusieurs reprises et celui qui la commet pour la première fois 

-  Faire une distinction entre celui qui fait l’erreur fréquemment et celui qui en commet rarement

-  Faire une distinction entre celui qui commet ouvertement ses erreurs et celui qui les cache

-  Faire attention au fait qu’une personne ne soit pas encore intime avec l’Islam et par conséquent il faut essayer d’être moins sévère avec lui

-  Prendre en compte la situation d’autorité et le statut de quelqu’un

Les affirmations que nous avons mentionnées ci-dessous ne contredisent en rien ce qui a été dit auparavant.

-  Faire des reproches à un jeune enfant doit être fait en fonction de son âge  :

Al-Bukhari rapporta que al-Hasan ibn Ali prit une datte donnée en charité et la mit dans sa bouche. Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui dit en perse : ‘Kikh ,kikh, ne sais-tu pas qu’on ne peut pas manger la sadaqah (donnée encharité) ?’ Fath, 3072.

Al-Tabarani rapporta de Zaynabbint Abi Salamah qu’elle entra chez le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) alors que ce dernier faisait le ghusl. Elle dit qu’il lui lança de l’eau à son visage et lui demanda de sortir.

Al-Mu’jam al-Jabir, 24/281.

Al-Haythamih dit que son isnad est hasan dans al-Majma’’, 1/269.

Donc il et clair qu’on ne peut pas se contenter de ne pas faire de reproches à un enfant sous prétexte qu’il est encore jeûne. En effet, en corrigeant ses erreurs on lui assure une bonne éducation. Ainsi en lui désignant les erreurs qu’il commet à son jeûne âge,cela lui permettra de les assimiler et d’en tenir compte pour son avenir. Le premier hadith montre comment un enfant peut craindre Allah et peut se restreindre et que le second hadith montre comment il a appris les bonnes manières, comment il a appris à demander la permission d’entrer et de se retenir de regarder les awrah (les parties qui doivent être couvertes) des autres.

Voici un autre exemple brillantqui illustre la correction des erreurs d’un jeune garçon Umar ibn Abi Salamah,‘Al-Bukhari rapporta qu’il dit :

« J’étais un jeune garçon sous la garde du Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) etj’avais l’habitude de mettre ma main un peu de partout dans l’assiette (aux heures de repas). Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) me dit : Jeune garçon ! Dis Bismillah, mange avec la main droite et mange ce qu’il y a en face de toi. Cette remarque resta ma démarche pendant tout le reste de ma vie. Al-Fath, no. 5376.

Il faut noter que quand leProphète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) demanda au jeune garçon qui fitl’erreur de laisser sa main traîner dans l’assiette, il utilisa des motsconcis, clairs, précis si bien qu’ils étaient accessibles à l’enfant afin qu’ils’en souvienne et qu’il les comprenne. D’ailleurs, l’effet de ce reproche dural’espace de toute une vie. Il dit à ce sujet :

« Ceci devient ma manièrede faire pour le reste de ma vie. »

 Faire preuve de prudence quand on s’adresse à des femmes non mahram pour qu’elles ne prennent pas de travers le conseil et pour éviter la fitnah (la tentation, les problèmes).

Un jeune homme ne doit pas trouver comme excuse le fait de corriger des erreurs pour aller parler aux femmes. Combien de fois ceci a mené à des catastrophes ! Quand il est question de corriger les erreurs des femmes, on accorde un grand rôle aux ahl al-Hisbah et aux personnes âgées. Une personne qui s’efforce de faire le bien et d’empêcher le mal doit agir en mesurant l’ampleur et les conséquences de ses reproches. S’il pense que ce sera du grand bénéfice, il aura tout intérêt à l’évoquer clairement. Sinon, il ferait mieux de s’abstenir quand il sait que des femmes qui ne savent pas peuvent faire de fausses accusations contre lui en persistant encore plus dans leurs mauvaises manières de faire. L’état de la société dans une grande mesure ainsi que le statut de quelqu’un qui s’efforce de faire le bien et d’empêcher le mal jouent un rôle fondamental quant au succès de ses reproches, à l’enseignement du message et l’élaboration des preuves.

L’histoire suivante illustre ceci :

L’esclave émancipée d’Abu Rahamqui s’appelait ’Ubayd, rapporta qu’Abu Hurayrah rencontra une femme qui était parfumée et qui se dirigeait vers la mosquée. Il lui demanda :

« O Esclave d’al-Jabar où vas-tu ? »

Elle répondit : « A la mosquée. »

Il dit :

« Et tu as mis du parfum pour aller à la mosquée ? »

Elle répondit :

« Oui. »

Il dit :

« J’ai entendu le Messagerd’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) dire : ’ Si une femme se rend à la mosquée et se met du parfum, Allah n’acceptera pas ses prières tant qu’elle n’a pas fait le ghusl. »

Hadith rapporté par Ibn Majah, no. 4002 ; mais aussi dans SahihIn Majah, 2/367.

Selon Sahih Ibn Khuzaymah :

Un femme passa à côté de AbuHurayrah et elle s’était beaucoup parfumée. Il lui demanda où elle allait de la sorte. Elle lui répondit qu’elle allait à la mosquée. Il lui demanda si elle avait mis du parfum, question à laquelle elle répondit par l’affirmative. C’est alors qu’il finit par lui dire :

« Rentre chez toi et fais le ghusl car j’ai entendu le Messager d’Allah (Paix et bénédictiond’Allah sur lui) dire qu’Allah n’accepte pas la prière d’un femme qui se rend à la mosquée avec une forte odeur de parfum jusqu’à ce qu’elle fasse le ghusl. »

Hadith sahih Ibn Khuzaymah, no. 1682. Dans sa note de page, al-Albani dit qu’il s’agit d’un hadith hasan. Il faut également voir al-Musnad, 2/246. Ahmad Chakir le classa comme sahih avec ce isnad classé dans al-Musnad, no. 7350.

-  Ne pas négliger la source même des erreurs en faveur d’une simple correction des symptômes de l’erreur.

-  Ne pas exagérer quant à l’erreur elle-même

-  Ne pas utiliser des positions extrêmes pour prouver que l’erreur s’est produite ou ne pas essayer d’admettre la culpabilité de celui qui la commet

-  Donner assez de temps pour corriger l’erreur en particulier pour quelqu’un qui a pris l’habitude de la faire quotidiennement.Il faut persévérer dans une attitude qui consiste à une surveillance, à ne pas cesser de donner des conseils et à apporter des corrections à l’erreur commise.

-  Ne pas donner l’impression à celui qui commetune erreur qu’il est votre ennemi car notre but dans la religion est de gagner l’amour des gens et non pas de marquer des points contre cette personne .

Ensuite nous nous engagerons dans une discussion qui repose sur les méthodes du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) quand il traite des erreurs des gens comme il a été noté dans les sahih ahadith par les savants.

II. Les méthodes du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) pour corriger les erreurs

1 . Corriger les erreurs rapidement et ne pas laisser traîner.

2. Corriger les erreurs en expliquant le règlement (le hukme).

3. Renvoyer les gens à l’Islam quand ils font des erreurs et leur montrer le principe qu’ils rompent.

4. Corriger des représentations erronées dues à des éléments de pensée pas encore claires dans la tête des gens.

5. Corriger les erreurs en répétant constamment aux gens la crainte d’Allah.

6 . Montrer de la compassion à l’égard de celui qui a fait une erreur.

7 . Ne pas se précipiter sur celui qui a fait l’erreur.

8. Garder son calme quand on traite des erreurs des gens.

9. Expliquer la gravité des erreurs en question.

10 . Expliquer les effets néfastes de l’erreur.

11. Enseigner à celui qui a fait l’erreur de manière pratique. 

12. Offrir une alternative cohérente.

13. Guider les gens vers une voie qui leur permettra de les empêcher de faire des erreurs.

14. Ne pas confronter directement les gens avec leurs erreurs, mentionner l’impact de l’erreur sera suffisant.

15. Provoquer l’opinion publique contre celui qui a fait l’erreur.

16. Eviter d’aider Satan contre celui qui fait l’erreur.

17. Demander à la personne en question de cesser de faire une mauvaise action.

18. Expliquer à la personne qui fait une mauvaise action comment elle pourrait arranger les choses.

19. Attirer l’attention de l’individu sur son erreur de la manière à ce que ce soit lui-même qui répare son erreur.

20. Ne dénoncer que l’erreur mais accepter le reste.

21. Restaurer les droits et s’adresser aux deux camps dans le cas où tous les deux ont commis quelque chose de reprochable.

22. Demander à la personne de s’excuser auprès de celui à qui elle a causé du tort en lui rappelant les qualités de ce dernier.

23. Intervenir pour calmer les gens et mettre fin à la fitnah (discorde) entre les camps qui ont commis deserreurs.

24. Se détourner de celui qui a commis une erreur pour éviter de se disputer avec lui en espérant qu’il regrette et qu’il puisse revenir au droit chemin.

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