L’obéissance au Messager d’Allâh » Paix et Amour entre les peuples

 L’obéissance au Messager d’Allâh

6/4/2010

 

Prophète MohammedL’obéissance au Messager d’Allâh

Du vivant du Messager d’Allâh (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui) , les compagnons apprenaient les lois islamiques à partir du Noble Coran qu’il leur transmettait. Souvent, les versets coraniques révélés étaient globaux et non détaillés, absolus sans restriction. Par exemple, l’ordre d’accomplir la prière est général (mujmal) et le Coran ne précise pas le nombre d’unités dans la prière [rak`ât], ni ses modalités, ni ses horaires. De même, l’ordre de donner l’aumône légale [zakât] est absolu [mutlaq] sans restriction précisant le seuil minimum de richesse à partir duquel l’aumône légale est une obligation. Aussi, le montant de la zakât et ses conditions ne sont pas mentionnés. C’est également le cas pour de nombreuses autres lois islamiques qui ne peuvent être appliquées sans prendre connaissance d’une explication précisant leurs conditions, leurs piliers et les choses qui les annulent. Il était indispensable pour eux de retourner au Messager d’Allâh (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui) pour connaître les lois de façon détaillée et claire.

Par ailleurs, de nombreux incidents non traités par le Coran survenaient aux compagnons. Il était indispensable d’expliciter le jugement islamique dans ces situations par la voie du Messager d’Allâh (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui) sachant qu’il transmet de la part de Son Seigneur, et qu’il est le meilleur connaisseur des finalités de la législation d’Allâh, de sa voie et ses objectifs. Allâh, Exalté soit-Il, a défini dans Son Noble Livre la mission du Messager (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui ) vis-à-vis du Coran à savoir qu’il est chargé de l’expliciter, et d’expliquer ses finalités et ses versets. C’est pourquoi Allâh, Exalté soit-Il, dit dans Son Livre : "Et à toi, Nous avons révélé le Coran, afin que tu explicites aux gens ce qui a été révélé pour eux et afin qu’ils réfléchissent" [16:44]. Allâh a également indiqué que la mission du Prophète est de montrer la vérité lorsque les gens divergent : "Et Nous n’avons fait descendre sur toi le Livre qu’afin que tu leur montres clairement le motif de leur dissension, de même qu’un guide et une miséricorde pour des gens croyants" [16:64]

Dieu a rendu obligatoire le fait de se conformer au jugement du Prophète devant toute divergence : "Non !... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle gêne de ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettront complètement[à ta sentence]." [4:65].

Il nous informe aussi que le Coran et la Sagesse furent donnés au Messager afin qu’il enseigne aux gens leur religion : "Allâh a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ ils fussent auparavant dans un égarement évident" [3:164]

Le jumhûr (l’ensemble) des savants et des experts ont affirmé que "La Sagesse" est autre chose que le Coran, à savoir ce qu’Allâh a dévoilé à Son Messager comme secrets de la religion et jugements de sa législation, chose que les savants désignent par "la Sunnah". Ash-Shâfi`i, (qu’Allâh lui fasse miséricorde), dit : "Il [i.e. Allâh] a mentionné "le Livre", il s’agit du Coran. Il a aussi cité "la Sagesse". J’ai entendu des savants du Coran parmi ceux que j’agrée dire : la Sagesse c’est la Sunnah du Messager d’Allâh, et ceci ressemble à ce qu’Allâh a dit, et Allâh sait mieux. En effet, le Coran fut mentionné, puis la Sagesse et Allâh a mentionné Son bienfait sur ses créatures qui est de leurs enseigner le Livre et la Sagesse, il n’est pas possible - et Allâh sait mieux- que la Sagesse ici soit autre que la Sunnah du Messager d’Allâh car elle va de paire avec le Livre et parce qu’Allâh a rendu obligatoire l’obéissance à Son Messager et a imposé aux gens de suivre ses ordres. Il n’est donc pas possible de dire que quelque chose est obligatoire sauf si c’est le Livre d’Allâh et la Sunnah de Son Messager car comme nous l’avons évoqué, Allâh a fait que la foi en Son Messager aille de paire avec la foi en Lui".

Il est clair dans les propos d’Ash-Shâfi`i, (qu’Allâh lui fasse miséricorde), qu’il affirme catégoriquement que la Sagesse c’est la Sunnah, car Allâh l’a liée au Livre par une conjonction de coordination "et", ce qui exige une différence entre Livre et Sagesse. Aussi, cela ne peut être autre chose que la Sunnah car elle est citée comme un Bienfait d’Allâh qu’Il nous a enseigné et, comme Il n’accorde généreusement comme Bienfait que ce qui est Vrai et correct, la Sagesse doit être obligatoirement suivie tout comme le Coran. Comme Allâh ne nous a ordonné que le fait de Suivre le Coran et le Prophète, il en découle que la Sagesse est constituée des paroles et actes émanant du prophète en guise de législation.

Ceci étant, le Messager d’Allâh, (paix et bénédiction d’Allâh sur lui), a donc reçu le Livre et une autre chose avec lui qu’il convient de suivre. Ceci a été établi explicitement dans la Parole d’Allâh - Exalté soit-Il - décrivant son Messager  (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui) : "Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux" [7:157]. La description ici a une dimension générale englobant tout ce que le Prophète rend licite ou interdit, que cela provienne du Coran ou d’une inspiration qu’Allâh lui accorde. Abû Dawûd narre selon Al-Miqdâm Ibn Ma`d Yakrub que le Messager d’Allâh (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui ) dit : "J’ai reçu le Livre et son équivalent avec lui".

Ceci est prouvé par le fait qu’Allâh a rendu obligatoire pour les musulmans les ordres et les interdits du Prophète : "Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en" [59:7]. Dieu a lié l’obéissance au Messager à l’obéissance a Lui, et ce dans de nombreux versets : "Et obéissez à Allâh et au Messager afin qu’il vous soit fait miséricorde !" [3:132]. Dieu nous a incité à nous conformer à ce à quoi le messager nous appelle : "ô vous qui êtes croyants ! Répondez à Allâh et au Messager lorsqu’ il vous appelle à ce qui vous donne la vie" [8:24]. Dieu a également considéré l’obéissance au Messager comme une obéissance à Lui et le fait de le suivre une manifestation de l’Amour pour Allâh : "Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allâh" [4:80] et "Dis : ’Si vous aimez vraiment Allâh, suivez-moi, Allâh vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés’" [3:31]

Le devoir de lui obéir après sa mort

De même que les compagnons devaient, par l’Ordre d’Allâh dans le Coran, suivre le Messager et lui obéir de son vivant, ils étaient tenus ainsi que tous les musulmans qui leur succédèrent de se conformer à sa Sunnah après sa mort. En effet, les textes qui rendent obligatoire l’obéissance au Prophète sont généraux et ne sont guère restreints à la durée de sa vie, ni restreints aux compagnons exclusivement. Par ailleurs, la raison derrière cette obéissance est commune aux compagnons et ceux qui leur succédèrent : ils suivent un Messager, qu’Allâh Lui-même a ordonné de suivre et de lui obéir. De plus, le fait de le suivre n’est pas lié à sa vie ni à sa mort dans la mesure où ses dires, ses jugements et ses actes émanent d’un législateur infaillible que nous sommes tenus de suivre dans ses ordres par l’Ordre même d’Allâh, et cela ne dépend pas du fait qu’il soit vivant ou mort. Le Messager d’Allâh (paix et bénédictions d’Allâh sur lui ) ordonnait au musulman de suivre sa Sunnah lorsque celui-ci devait partir loin de lui. Lorsqu’il envoya Mu`âdh Ibn Jabal au Yémen, il lui dit : "Comment juges-tu si tu es amené à juger ?". Il répondit : "je juge par le Livre d’Allâh". Le prophète lui demanda : "Et si tu ne trouves pas (le jugement) dans le Livre d’Allâh ?". Il dit : "(je juge) par la Sunnah du Messager d’Allâh". Le Prophète poursuivit : "Et si tu ne trouves pas (le jugement) dans la Sunnah du Messager d’Allâh ?". Il dit : "Je fais de mon mieux [arabe : ajtahid] pour trouver la meilleur opinion et je ne me ménage pas". C’est alors que le Messager d’Allâh, que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui, lui donna une tape sur la poitrine et dit : "Louange à Allâh qui a guidé le messager du Messager d’Allâh vers ce que le Messager d’Allâh agrée". [narré par Ahmad, Abû Dawûd, Ad-Dârimi, At-Tirmidhi, Al-Bayhaqî dans Al-Mudkhal, Ibn Sa`d dans At-Tabaqât, Ibn `Abd Al-Barr dans Jâmi` Bayân Al-`Ilm wa Fadlih].

Par ailleurs, de nombreux hadiths ont établi le devoir de suivre la Sunnah du Prophète après sa mort, si bien que ces hadiths sont "moutawâtir" [2] par le sens. Entre autres, le hadith narré par Al-Hâkim et Ibn `Abd Al-Barr selon Kathîr Ibn `Abdillâh Ibn `Amr Ibn `Awf selon son père selon son grand-père selon le Messager d’Allâh ( paix et bénédiction d’Allâh sur lui) : " J’ai laissé parmi vous deux choses, tant que vous vous y agripper, vous ne vous égarerez point : le Livre d’Allâh et ma Sunnah" [Jâmi` Bayân Al-`Ilm wa Fadlih 2/42] - Al-Bayhaqi l’a également narré selon Abû Hurayrah, qu’Allâh l’agrée. Al-Bukhâri et Al-Hâkim ont rapporté selon Abû Hurayrah que le Messager (d’Allâh paix et bénédiction d’Allâh sur lui) a dit : "Toute ma communauté entre au Paradis, sauf celui qui refuse". On dit : "O Messager d’Allâh et qui refuserait ?". Il répondit : "Quiconque m’obéit rentre au Paradis et quiconque me désobéit a donc refusé". Abû `Abdillâh Al-Hâkim a narré selon Ibn `Abbâs que le Messager d’Allâh, ( paix et bénédiction d’Allâh sur lui), dit dans "le sermon de l’adieu" : "le diable a désespéré d’être adoré sur votre terre, mais il s’est satisfait d’être obéi dans d’autres choses, des oeuvres que vous jugez minimes, prenez donc garde. J’ai laissé parmi vous une chose, si vous vous y agrippez, vous ne vous égarerez jamais : le Livre d’Allâh et la Sunnah de Son Prophète". Ibn `Abd Al-Barr a narré selon `Irbâd Ibn Sâriyah : "Le Messager d’Allâh, ( paix et bénédiction d’Allâh sur lui), a dirigé la prière du subh (l’aube) et nous a fait une grande exhortation si bien que les larmes débordèrent des yeux et les cœurs frémirent. On dit alors : O messager d’Allâh, c’est comme une exhortation d’un homme qui fait ses adieux, fais-nous un testament. Il dit : "Ecoutez et obéissez, fut-il un esclave d’Abyssinie, car quiconque parmi vous vivra verra une grande divergence. Agrippez vous à ma Sunnah et celle des califes bien-guidés, mordez sur elle avec vos dents molaires. Méfiez-vous des choses nouvelles, toute chose nouvelle est une innovation et toute innovation est un égarement".[3]

C’est pourquoi les compagnons du Messager d’Allâh ont accordé une grande attention à la transmission de la Sunnah, car c’est un dépôt que le Messager leur donna pour qu’ils le transmettent à la postérité. Le Messager d’Allâh, (que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui), a incité à transmettre sa Sunnah à ceux qui viendront après lui en disant : "Qu’Allâh fasse miséricorde à un homme qui a entendu ma parole et l’a transmise telle qu’il l’a entendue. Il se peut qu’une personne à qui la parole est transmise ait une compréhension meilleure que celui qui l’a entendue".

Extrait de As-Sunnah wa makânatuhâ fî at-tashrî` (La Sunnah et son statut dans la législation).

P.-S.

 source : Islamweb.net

Notes :

 le tawâtur désigne la transmission de génération en génération grâce à un grand nombre de rapporteurs dans chaque génération. Un récit ayant bénéficié d’une base aussi large de transmission est dit mutawâtir.

[3] Dans ce hadîth, les innovations ne concernent que les choses d’ordre religieux, cultuel, qui ne sont établies que par un décret divin ou prophétique.

 

 

Tags : islam Sunnah
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